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Il accuse des parties étrangères d’avoir infiltré le hirak : Les menaces d’Ahmed Gaïd Salah contre la rue

11 avril 2019 à 10 h 12 min

Attendu depuis deux jours, le chef d’état-major de l’ANP a parlé hier au troisième jour de sa visite dans la 2e Région militaire. Le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah n’a pas livré un message à la hauteur des attentes du peuple algérien, qui aspire à un changement réel.

Le chef d’état-major de l’ANP, qui s’est engagé dans ses trois derniers discours à être en phase avec le peuple, renoue avec son langage belliqueux, menaçant et provocant d’avant le hirak, brandissant à nouveau la fameuse main étrangère qui serait donc derrière toute cette mobilisation citoyenne pacifique pour le changement du système politique.

Il accuse des parties étrangères, qu’il ne nomme pas, d’avoir infiltré le mouvement populaire et d’avoir donc été derrière l’exigence du départ de tous les symboles du système Bouteflika.

«Slogan irréalisable»

«Avec le début de cette nouvelle phase et la poursuite des marches, nous avons déploré l’apparition de tentatives de la part de certaines parties étrangères, partant de leurs antécédents historiques avec notre pays, poussant certains individus au-devant de la scène actuelle, en les imposant comme représentants du peuple en vue de conduire la phase de transition, afin de mettre en exécution leurs desseins visant à déstabiliser le pays et semer la discorde entre les enfants du peuple, à travers des slogans irréalisables visant à mener le pays vers un vide constitutionnel et détruire les institutions de l’Etat», a souligné Ahmed Gaïd Salah, qui ne veut plus entendre parler de transition, une revendication de la rue mais aussi de la classe politique.

Mais dire que les Algériens se font manipuler par des parties étrangères, c’est tout au moins insulter l’intelligence de ce peuple qui manifeste pacifiquement et civiquement depuis maintenant deux mois pour le départ du régime en place que Gaïd Salah, lui-même, a fini par qualifier de «bande».

Le général de corps d’armée, qui a donc définitivement tourné le dos à la volonté populaire de changer radicalement le système, a considéré que suivre la feuille de route de l’opposition, qui appelle dans sa majorité à une période de transition, est dangereux.

La raison ? Cette démarche va créer un vide constitutionnel qui pourrait même provoquer «une déclaration de l’état d’exception», que le Haut commandement de l’ANP a «catégoriquement récusé depuis le début des événements».

Pour Ahmed Gaïd Salah, il est «irraisonnable de gérer la période de transition sans les institutions qui organisent et supervisent cette opération». Autrement dit, il refuse le départ des «3B», Bensalah, Bedoui et Belaïz.

«Plan pernicieux»

Pour justifier ce rejet de la demande du départ de tout le système, il invoque des «conséquences découlant de cette situation qui pourraient compromettre tout ce qui a été réalisé depuis l’indépendance à ce jour, en termes d’acquis et de réalisations qui demeurent la fierté des générations».

Il ira encore loin en insistant sur ces «parties étrangères» qui s’affairent, par tous les moyens, «à dévoyer ces marches de leurs objectifs fondamentaux et à les récupérer afin de faire aboutir leurs plans pernicieux, visant à porter atteinte au climat de sécurité et de quiétude dont jouit notre pays».

Poursuivant son discours, le chef d’état-major a affirmé que l’ANP a consenti des efforts afin de préserver «cet immense élan populaire de l’exploitation par ceux qui le guettent à l’intérieur et l’extérieur, à l’instar de quelques individus appartenant à des organisations non gouvernementales, qui ont été pris en flagrant délit, dont la mission consiste à infiltrer les manifestations pacifiques et les orienter, avec la complicité et en coordination avec leurs agents à l’intérieur».

Ahmed Gaïd Salah a appelé à suivre «la voie de la sagesse, de la pondération et de la clairvoyance, qui tient compte de l’intérêt suprême de la nation en premier lieu».

Il a assuré que le processus constitutionnel mis en route avec la désignation de Bensalah comme intérimaire pour 90 jours sera accompagné par l’ANP. «La conduite de la période de transition nécessite un ensemble de mécanismes dont la mise en œuvre doit s’effectuer conformément à la Constitution, qui stipule que le président du Conseil de la nation que choisit le Parlement avec ses deux Chambres, après le constat de la vacance, assume la charge de chef de l’Etat pour une durée de trois mois, avec des prérogatives limitées, jusqu’à l’élection du nouveau président de la République», a précisé le chef d’état-major, selon lequel, «l’ANP veillera au suivi de cette phase».

Ahmed Gaid Salah justifie le rôle de l’ANP dans ce processus de remise du pays sur la voie strictement constitutionnelle, par «la confiance réciproque entre le peuple et son armée». Il a promis que la future élection présidentielle se déroulera «dans un climat de sérénité et dans le strict respect des règles de transparence et d’intégrité et des lois de la République».

L’épouvantail d’une crise socioéconomique

Dans son argumentaire pour défendre l’option Bensalah pour une présidentielle dans trois mois, le chef d’état-major de l’ANP a agité l’épouvantail d’une crise socioéconomique qui guette les Algériens. «Comme il appartient à tout un chacun de comprendre et assimiler tous les aspects et les contours de la crise, durant la période à venir, notamment dans son volet socioéconomique, qui s’aggravera davantage si les positions obstinées et les revendications irréalisables persistent, ce qui impactera négativement le marché du travail et le pouvoir d’achat du citoyen», a-t-il relevé.

Ahmed Gaïd Salah a visiblement oublié de souligner que cette crise économique est la conséquence de la gestion hasardeuse et catastrophique de l’économie durant deux décennies.

Quant à la transition et son impact sur cette situation économique, elle est prise en considération dans la plupart des initiatives émanant des partis de l’opposition. Le chef de l’état-major a demandé aux Algériens «de faire preuve de patience, de conscience et de lucidité afin de réaliser les revendications populaires, guider le pays vers la paix et jeter les bases d’un Etat de droit et d’institutions».

Pour lui, «l’histoire témoignera de la sincérité» de ses propos et de ses actes. Il a assuré qu’elle était animée par «aucune autre ambition que celle de servir» l’Algérie et «de veiller à sa sécurité et sa stabilité».

Il s’est dit convaincu que «leurs espoirs et leurs manœuvres visant à porter atteinte à la réputation et la crédibilité de l’Armée nationale populaire échoueront, et celle-ci demeurera, malgré les complots des conspirateurs et l’animosité des vindicatifs, un fort soutien pour son peuple dans les épreuves et les crises, dans le cadre des dispositions de la Constitution et des lois de la République».

Ahmed Gaïd Salah a conclu son discours en se disant «profondément confiant que le peuple comprendra et mesurera la sensibilité de la situation et privilégiera l’intérêt national».


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