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Il a soutenu qu’«un algérien ne peut être que musulman» : L’odieuse sortie de Bouabdellah Ghlamallah

08 mai 2021 à 10 h 42 min

Bouabdellah Ghlamallah n’est définitivement pas un adepte de l’Algérie plurielle. Lors de la célébration, mercredi, du 90e anniversaire de l’Association des Oulémas, le président du Haut comité islamique (HCI), a décrété que «l’Algérien ne peut être que musulman», et que «l’appartenance à la nation et à l’Islam sont les deux faces de la même médaille».

Ghlamallah a jeté ce pavé au milieu de son long réquisitoire contre ce qu’il a appelé les partisans de la francisation de l’Algérie et «les résidus de la France qui veulent poursuivre le plan français visant à atteindre l’identité musulmane de l’Algérie». Un ennemi contre lequel il a exhorté les oulémas à résister.

Selon lui, «les œufs du colonialisme ont commencé à éclore et les oulémas musulmans algériens doivent y faire face en poursuivant le djihad scientifique national pour éradiquer les résidus du colonialisme», rapporte le journal arabophone Echorouk dans son édition du 5 mai.

Après le ministre du Travail Hachemi Djaâboub, qui a failli créer un incident diplomatique avec l’Etat français il y a quelques semaines, Bouabdellah Ghlamallah en rajoute une couche dans cette croisade donquichottesque destinée manifestement à la consommation interne.

La nouvelle fatwa de l’ancien ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, sous Bouteflika, n’a aucune valeur juridique. Devant la loi, les Algériens sont libres d’être musulmans ou pas.

Un choix menacé ?

Leur identité religieuse, majoritairement musulmane, est un choix et non pas une contrainte juridique. Ce choix est-il menacé ? Le président du HCI, se trouvant devant un parterre acquis inconditionnellement, n’a pas jugé utile d’expliciter cette présumée menace, de donner des précisions sur cet ennemi sévissant parmi nous ; en quoi il est incarné, quels sont ses procédés ou encore ses résultats concrets.

Pourquoi une telle charge ? Pourquoi maintenant ? L’instrumentalisation de la religion à des fins politiques est le propre du système politique algérien. Et à la différence de ses prédécesseurs, Ghlamallah est le plus dévoué aux tenants du pouvoir, et le moins proche de l’islam des lumières.

Cette sortie médiatique prouve qu’avec lui, les sujets de discorde qui travaillent la société algérienne ne seront pas traités dans la sérénité et la paix et qu’ils seront soumis aux desiderata du politique.

D’ailleurs, ces déclarations jugées provocatrices ont soulevé une tempête sur les réseaux sociaux, faisant réagir de nombreux Algériens opposés à cette définition réductrice et exclusive de l’algérianité. Parmi les premiers à réagir, l’écrivain Kamel Daoud a souligné sur Twiter que la formule de Ghlamallah «propose l’éradication comme solution d’avenir».

La définition donnée par Ghlamallah exclut des Algériens non musulmans et exacerbe l’intolérance cultivée par l’idéologie islamiste. Ses propos ont dû faire retourner dans leurs tombes les chouhada Fernand Iveton et Maurice Audin, ou encore la moudjahida Annie Steiner dont la sienne est encore toute fraîche, tous reconnus par la nation.

Elles ont fait retourner dans sa tombe le fondateur des oulémas, cheikh Abdelhamid Ben Badis, dont la vie et l’œuvre faites de tolérance et d’ouverture doivent être réexaminées loin des fonds de commerce idéologiques.


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