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Idir Bouaboud. Chargé de cours en didactique des études sociales au primaire à Ottawa : «Il faut valoriser la culture de l’effort»

10 septembre 2019 à 10 h 02 min

On vient d’annoncer le gel de la réforme du bac, alors que le dispositif devait commencer cette année. Quelles seraient vos propositions pour une réforme plus pratique ?

Le gel d’une réforme possible (le bac) et le recours à une réforme qui requiert des années de préparation (l’usage de l’anglais) prouvent à mon sens une façon de gérer les priorités discutables à plus d’un titre. Pour cet examen, à mon avis, il faut valoriser la culture de l’effort en prenant en compte le dossier scolaire de l’élève durant ses trois ans au lycée et ajouter à la fin du cursus secondaire un test qui servira aussi d’outil pour évaluer la qualité de l’enseignement à l’échelle nationale. Outre le passage à l’université, les données recueillies seront aussi utilisées pour dégager des plans d’amélioration et de formation du personnel enseignant. Ce système hybride sera à coup sûr bénéfique et réduirait le stress des élèves pour atteindre un meilleur rendement scolaire.

Avec le tableau noir qu’on ne cesse de dresser sur «l’école sinistrée», il faut admettre aujourd’hui que nos élèves et étudiants réussissent mieux à l’étranger. Un commentaire ?

Si nos étudiants réussissent à l’étranger et peinent à le faire sur le sol national, cela veut dire que localement il y a un sacré problème. En fait, tous les étudiants nord-africains réussissent à l’étranger. Peut-on, pour autant, crier victoire et dire que les systèmes nord-africains sont à jour ? Est-ce une spécificité algérienne ? J’en doute sincèrement. A l’étranger, tous les étudiants se recyclent complètement. Il est clair que dans un contexte d’apprentissage propice, n’importe quel apprenant pourrait combler ses propres lacunes.

Même s’il s’agit encore d’un projet, l’Algérie pourrait-elle se permettre, du jour au lendemain, de devenir anglophone dans un milieu qui n’est pas naturel à cette langue ?

Considérer le recours expéditif à l’anglais comme une panacée aux maux profonds dans lesquels se débat un système éducatif relève d’une méconnaissance totale de la pédagogie. Le mal est plutôt dans les approches pédagogiques préconisées, la formation du personnel enseignant, les moyens didactiques mis à disposition ainsi que la prise en compte de la réalité culturelle et économique du pays. Il est clair que cette langue n’est pas dans son milieu naturel. De plus, le lien de l’Algérie avec le monde anglo-saxon sur le plan culturel, migratoire et économique (mis à part les hydrocarbures) est insignifiant. Les ressources didactiques et pédagogiques, humaines et matérielles sont on ne peut plus dérisoires. Compte tenu du contexte politique actuel du pays, je pense que c’est une décision fantaisiste et politicienne. Sans doute, le fait de maîtriser l’anglais ne signifie pas l’accès systématique au développement technologique et plusieurs pays arabes peuvent nous servir d’exemple. 


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