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Hirak : Le CNLD s’indigne du traitement réservé aux détenus d’opinion

29 août 2019 à 10 h 19 min

Le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) a dénoncé, hier, les conditions de détention des manifestants poursuivis pour avoir brandi l’emblème amazigh lors des marches du vendredi 21 juin, ainsi que le traitement réservé à la procédure judiciaire.

«S’agissant des conditions de détention, le moins que l’on puisse dire est qu’au niveau de la prison d’El Harrach, elles relèvent d’une époque qu’on croyait à jamais révolue. Dans cet établissement, la dignité d’un détenu est une notion étrange», s’est offusqué le CNLD dans un communiqué publié sur sa page Facebook. Fraîchement créé et composé de membres des familles des détenus d’opinion, le CNLD a cité notamment le cas de l’élue à l’APW de Tizi Ouzou, Samira Messouci, qui «subit une pression morale indigne de cette institution».

«Pour pouvoir se soigner à l’infirmerie, on lui impose de porter un hijab sous prétexte que l’infirmier qui doit l’examiner est de sexe masculin. Refusant ce chantage, Samira Messouci se retrouve privée depuis le 28 juin, jour de son arrestation, de soins suite aux traumatismes causés par les brutalités des policiers qui l’ont appréhendée», a encore fustigé le CNLD.

Les déboires de la jeune détenue ne s’arrêtent pas là. «L’acharnement de l’administration pénitentiaire va jusqu’à lui interdire le port de la robe kabyle et du foulard (amendil) qu’elle a choisi elle-même devant la condition insistante de cette administration de vouloir lui imposer de porter le hijab le jour de son jugement au tribunal de Sidi M’hamed, portant ainsi atteinte, une fois de plus, à sa conviction et à sa liberté de choix», s’est encore indigné le CNLD.

Au sujet de la procédure judiciaire, le Comité a dénoncé «un traitement qui s’étire volontairement dans le temps». «Il est clair que le seul objectif d’une procédure qui n’a pas lieu d’être au regard de la loi est de faire des détenus une monnaie d’échange ou un moyen de chantage pour la concrétisation de la feuille de route pour régénérer le système qui a ruiné le pays», a estimé le CNLD, réclamant leur libération «immédiate et inconditionnelle».

Une délégation d’avocats du collectif de défense se rendra, aujourd’hui, à la prison d’El Harrach pour «s’enquérir à nouveau des conditions de détention des détenus et et s’entretenir avec l’administration sur les questions de pressions qu’ils subissent et de leurs droits bafoués, notamment le droit élémentaire aux soins», a conclu le CNLD. Interpellés après la consigne donnée par le général Ahmed Gaïd Salah de ne tolérer aucun autre drapeau que l’emblème national, une soixantaine de porteurs de l’emblème amazigh ont été poursuivis pour «atteinte à l’unité nationale», un délit pour lequel ils encourent dix ans d’emprisonnement. Leur incarcération avait provoqué un élan de solidarité et suscité la colère d’une partie de la société civile, des responsables politiques de l’opposition et des leaders syndicaux.

Depuis plus de deux mois, les manifestants réclament la libération du moudjahid Lakhdar Bouregaâ et des personnes arrêtées en lien avec le hirak, comme gage de bonne foi du régime.


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