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Hausse du nombre de contaminés au Covid-19 : Trois hôpitaux en première ligne à Constantine

27 avril 2020 à 10 h 06 min

A Constantine, la population retient son souffle, chaque après-midi, à l’annonce des statistiques officielles, nourrissant l’espoir de voir une évolution nulle de l’infection pour leur wilaya. C’est peine perdue depuis au moins deux semaines. La contamination est fulgurante, la létalité aussi.

Avec 114 cas de Covid-19, Constantine est classée depuis le début de semaine à la 8e place sur la sinistre liste des wilayas les plus affectées par la pandémie. Samedi, elle a enregistré officiellement 14 nouveaux cas confirmés. Le même chiffre, voire plus, est relevé plusieurs fois durant la semaine écoulée, battant le record national de l’accroissement du nombre d’hospitalisés.

La wilaya, après le décès des trois cas enregistrés à la fin du mois de mars, a connu une courbe stationnaire. Mais c’était un répit trompeur. L’infection reprend de sa virulence ces jours-ci, suscitant inquiétude et interrogation.

Désormais, la population retient son souffle, chaque après-midi, à l’annonce des statistiques officielles, nourrissant l’espoir de voir une évolution nulle de l’infection pour leur wilaya. C’est peine perdue depuis au moins deux semaines. La contamination est fulgurante, la létalité aussi. Un constat alarmant faisant dire à certains observateurs que Constantine est en passe de devenir un nouvel épicentre de l’épidémie.

La première à craindre ce scénario est l’Assemblée de wilaya. Au lendemain de deux hausses successives, cumulant 33 cas positifs au Covid-19 en l’espace de 48 heures, la commission de la santé et de la cellule de crise a émis une batterie de mesures à même de freiner la propagation du virus.

Des recommandations soumises au chef de l’exécutif, nous a-t-on confirmé. En réalité, la feuille de route livrée n’est autre que l’ensemble des mesures déjà en vigueur. Seule nouveauté, la demande d’instauration d’un confinement partiel à partir de 15h au lieu de l’actuel qui débute à 19h.

Dans cette tendance haussière de l’épidémie, la population est pointée du doigt. La mise à l’index de comportements à risque n’est pas sans fondement. Mais est-ce pour autant le principal facteur à impacter l’évolution de la crise sanitaire ? «Le non-respect des mesures de confinement y est certainement pour quelque chose, mais il faut savoir que les malades diagnostiqués au scanner, même s’ils sont hospitalisés, ne sont comptabilisés dans les statistiques qu’une fois testés positifs à la PCR.

D’où une évolution de la courbe en dents de scie, sans oublier les asymptomatiques dont le nombre reste méconnu», nous explique un médecin, ayant requis l’anonymat, exerçant dans l’une des quatre structures hospitalières, CHU, EPH El Bir, EPH du Khroub et EH à Didouche Mourad, en charge des cas confirmés ou suspectés de coronavirus. D’autres ont un avis tranché sur la question.

Un déconfinement avant l’heure

Les Constantinois se rejettent la responsabilité. Sur les réseaux sociaux, certaines catégories de la population sont stigmatisées. Dont celles de la nouvelle ville Ali Mendjeli, devenue la cible de toutes les critiques acerbes, rendue coupable d’une situation qui fait craindre le pire.

Il est sans conteste que dans les différentes unités de voisinage (UV) de ce méga pôle urbain, le relâchement prend tout son sens. Jeudi dernier, à la veille du début du Ramadhan, les interminables files devant l’agence postale ou les enseignes commerciales ont ôté tout doute sur le respect des mesures de confinement. L’immense majorité des habitants vaque à ses occupations sans le moindre équipement de protection, sans prêter une once d’intérêt à la distanciation sociale. Ils sont souvent accompagnés d’enfants.

«Le relâchement est visible un peu partout, mais davantage au niveau des centres urbains où la densité de la population est très importante. Fustiger les uns ou les autres est une attitude contre-productive, il est judicieux de faire appel à la responsabilité et au sens civique de tous pour réussir le confinement, meilleur rempart à la propagation du coronavirus à l’heure actuelle», analyse Faïza Dahmani, sociologue.

Concernant le confinement partiel instauré depuis au moins cinq semaines de 19h à 7h, force est de constater qu’il a été transgressé des milliers de fois. Depuis le 28 mars à vendredi dernier, les services de la sûreté de wilaya ont recensé 2757 infractions au couvre-feu, dont 1719 commises par des piétons.

Les structures sanitaires mobilisées

Le 17 avril, Constantine a enregistré 15 nouveaux cas confirmés et 5 décès en l’espace de 24 heures. Une triste statistique annonciatrice du début de la fin d’une période, presque insouciante. S’ensuivront d’autres aussi alarmantes.

La wilaya a vraisemblablement anticipé sur pareil développement de la pandémie. Les capacités d’accueil et de traitement ont été ainsi redéployées au sein des structures sanitaires, à leur tête le centre hospitalo-universitaire Dr Ben Badis. Le service infectieux qui a accueilli les premiers malades a tôt été renforcé par une autre aile destinée aux cas suspectés ou testés positifs.

Le CHUC est le seul établissement à être doté d’un service de réanimation, pour les cas les plus sévères de coronavirus. En temps normal, il disposerait de 20 à 25 lits, extensibles à 40 lits, selon une source hospitalière. Face au flux incessant de malades, le transfert d’une partie d’entre eux vers les hôpitaux de la cité El Bir et du Khroub ne s’est plus posé. Depuis, ces trois structures hospitalières se retrouvent en première ligne. Le dépistage par PCR est effectué uniquement au niveau du CHUC.

Les résultats sont connus le jour même, car la capitale de l’Est abrite un laboratoire de dépistage qui a pris ses quartiers au niveau du Centre national de biotechnologie (CRBT). «Nous avons voulu offrir un meilleur environnement pour le staff médical de l’Institut Pasteur, car notre laboratoire est classé de confinement 2, avec des postes de sécurité microbiologique de niveau 2, ce qui est exigé au minimum pour manipuler ce type de virus», nous a affirmé le directeur du CRBT, Amar Azioune.

Et d’indiquer que 200 tests y sont effectués en 12 heures, précisant que «cette capacité pourrait être doublée si besoin est». Quant au diagnostic par scanner, il a cours dans les deux hôpitaux susmentionnés ainsi qu’à celui de la commune de Didouche Mourad. Ce dernier, dont la mission est d’orienter les malades vers le CHUC et l’hôpital El Bir, ne saurait tarder à admettre les patients atteint du Covid-19, nous dit-on. «C’est tellement difficile de placer un malade, le CHU est débordé», affirme notre source.

Une information confirmée d’ailleurs par un reportage de la Télévision publique, où un médecin reconnaît un service saturé devant une arrivée massive de malades. Un branle-bas de combat pour sauver des vies humaines au quotidien, auquel le staff médical et paramédical, confiné à l’hôtel El Bey, est confronté et dont les besoins en matière d’équipements de protection sont semblables à ceux de leurs confrères dans les régions fortement impactées par l’épidémie.

Outre les actions bénévoles, dont l’une d’elles a permis l’installation d’un couloir désinfectant à l’entrée du service infectieux du CHUC, l’implication du secteur de la formation professionnelle dans la lutte anti-Covid-19, a permis, selon les chiffres fournis localement, la confection de 80 000 bavettes, dont 30 500 ont déjà été distribuées, notamment aux structures sanitaires, de 260 tenues à multiusage et 675 à usage unique. A propos de protection, «l’ultime réside dans le respect des mesures de confinement et de l’observation des gestes barrières», insiste le corps médical.

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