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mercredi, 27 mars, 2019
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Hakim Arezki, victime du printemps noir aux Algériens : « Ne répondez pas aux provocations et ne provoquez pas »

15 mars 2019 à 11 h 49 min

Je m’appelle Hakim Arezki, j’ai 36 ans, et je suis un rescapé du massacre de 2001 en Kabylie. Cette année-là, en avril, les gendarmes m’ont tiré dessus avec des balles explosives. J’en ai reçu une qui a éclaté ma cheville, et une seconde qui a perforé mon crâne, et sectionné les nerfs optique. Depuis, je ne vois plus, et ce malgré la dizaine d’interventions chirurgicales que j’ai subies.

Cela fait un mois que le peuple algérien, mon peuple, sort dans la rue pour exiger le départ de ce système et de cette mafia au pouvoir. Le même pouvoir qui, en 2001, n’a pas hésité à tirer à balles réelles sur des citoyens désarmés, des étudiants, des femmes et des enfants faisant, en l’espace de quelques mois seulement, 127 morts et des milliers de blessés, de mutilés et d’handicapés à vie. Si j’en parle aujourd’hui, c’est pour mettre en évidence, si besoin est, la violence de la répression à laquelle a recouru le régime en place face à des revendications citoyennes pour le moins légitimes. Un régime diabolique, imprévisible et qui a plus d’un tour dans son sac. Un régime qui, pour se maintenir en place et préserver ses intérêts, n’hésitera pas à plonger les Algériens dans le chaos en mettant le pays à feu et à sang. Les massacres d’avril 80, les massacres d’octobre 88, ceux de 2001 ainsi que la décennie noire en sont la preuve.

Dans ce contexte, je souhaite donc lancer deux appels. Je m’adresse, en premier lieu, aux Algériens, aux miens : soyez vigilants. Poursuivez la mobilisation, mais soyez vigilants. Vous avez en face de vous des gens perfides, manipulateurs, violents. Ne répondez pas aux provocations et ne provoquez pas. Vous finirez par vaincre. En second lieu, j’appelle les militaires, et toutes les forces de l’ordre en Algérie, à ne pas user de la violence, à ne pas faire couler le sang de leurs sœurs et frères. Je les appelle à honorer, aujourd’hui plus que jamais, le serment qu’ils ont fait à la patrie : protéger l’Algérie et son peuple, car ils ne doivent jamais oublier qu’ils sont les enfants du peuple.

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