Hadj Ghermoul en prison depuis 129 jours | El Watan
toggle menu
mercredi, 17 juillet, 2019
  • thumbnail of elwatan17072019


  • Pub Alliance Assurance





Hadj Ghermoul en prison depuis 129 jours

07 juin 2019 à 9 h 30 min

Le jeune militant des droits de l’homme de la ville de Tizi, à 8 km de Mascara, Hadj Ghermoul, a passé l’Aïd El Fitr à l’établissement pénitencier de Aïn El Hadjar.

Aujourd’hui, 129 jours se sont écoulés depuis son emprisonnement, le 29 janvier, par le tribunal de Mascara pour les chefs d’inculpation d’«outrage à corps constitué» et délit d’«ivresse publique». «Il devrait être libéré le 29 juillet prochain», nous a confié, hier, son ami d’enfance, Kada Rezouane. Les appels d’organisations de défense des droits de l’homme et de milliers de citoyens pour la libération du jeune activiste n’ont pas été entendus. «Depuis le début du hirak (mouvement populaire), le 22 février passé, nous avons organisé des sit-in et des marches à Alger, Mascara et dans d’autres wilaya pour demander sa libération, en vain.

Nous continuerons à nous battre pour sa libération et celle de tous les prisonniers d’opinion», relate Rezouane, un jeune blogueur condamné lui aussi à payer plus de 110 millions de centimes pour une affaire d’«offense au président de la République». Le père de Ghermoul, Hadj Abdelkader, âgé de 67 ans, attend avec impatience la libération de son fils. «Aujourd’hui (jeudi) sa mère est allée le voir en prison. Elle attend, chaque jour, le retour de son fils emprisonné pour ses opinions.

De toute façon, il ne lui reste pas beaucoup de temps à purger (53 jours). Il sortira de prison le 29 juillet prochain», nous a dit, hier, son père qui le considère, comme beaucoup d’autres militants des droits de l’homme, comme «l’un des tout premiers à s’être élevé contre le 5e mandat de l’ex-président Bouteflika.»

Détenu d’opinion

Le militant actif de la Coordination nationale pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC), Hadj Ghermoul, âgé de 37 ans, père de deux enfants, Zakaria et Slimane, a été incarcéré dans la maison d’arrêt de Sidi M’hamed (Mascara) le jour de sa comparution immédiate devant le tribunal de Mascara, le 29 janvier 2019, c’est-à-dire trois jours seulement après avoir pour exprimé son refus du 5e mandat de l’ex-président Abdelaziz Bouteflika.

Le 12 mai, il a été transféré vers l’établissement pénitencier de Ain El Hadjar, à Saida. Selon son ami Kada, tout a commencé le 26 janvier au matin, quand Hadj Ghermoul a décidé d’exprimer son opinion sur la candidature de Abdelaziz Bouteflika à un 5e mandat. «Il était 10h quand Hadj m’a demandé une bombe de peinture de couleur rouge.

Dans son local commercial presque vide, situé au marché des fruits et légumes, à Tizi, il écrit sur un carton de grand format, en langue arabe : Non au 5e mandat», témoigne Kada qui ne tarde pas à diffuser la photo sur sa page Facebook. «J’ai demandé à Hadj Ghermoul de ne pas publier la photo sur sa page Facebook.

Il était en sursis pour deux anciennes affaires d’outrage à un agent de l’ordre public», a enchainé notre interlocuteur. Deux jours après, «Ghermoul, qui traversait une pénible période à cause d’un problème familial, m’a confié sa peur d’un avenir incertain», se souvient Kada. Le soir même, vers 20h30, Ghermoul a été arrêté par des policiers et embarqué au commissariat de Tizi. Le vendredi 1er février, un communiqué de la Sûreté de wilaya de Mascara, adressé à notre rédaction, sans citer l’identité du jeune Hadj Ghermoul, annonçait l’arrestation d’un jeune homme à Tizi.

Le rédacteur dudit communiqué avait écrit : «Les éléments de la brigade de police judiciaire relevant de la sureté de daïra de Tizi, à Mascara, ont arrêté un individu âgé de 37 ans pour outrage à corps constitué, et ce, lors de patrouilles de sécurité nocturnes effectuées par les policiers à travers les rues de la ville de Sig. L’attention des policiers a été attirée par un individu causant du tapage. Une fois approché, il s’est avéré que l’individu en question se trouvait dans un état d’ébriété très avancé. Il a proféré des propos vulgaires à l’encontre des éléments de la police.

Le mis en cause a été présenté devant la justice, qui a ordonné son placement en détention.» Des amis proches et le père de Hadj Ghermoul rejettent en bloc la version de la police. «Mon fils a été victime d’intimidation de la part de la police, visant à mettre un terme à son activité militante», affirme son père.

Six mois de prison ferme

Le 7 février 2019, Hadj Ghermoul s’est vu condamné à six mois de prison ferme et de 300 000 DA d’amende par le tribunal de Mascara pour les chefs d’inculpation d’«outrage à un corps constitué» et «délit d’ivresse publique». Le verdict est tombé comme un couperet pour la famille et les amis de Hadj. Le 13 mars, la juge de la cour de Mascara confirmait la peine de prison et allégeait le montant de l’amende à 200 000 DA.

Aujourd’hui, les manifestants à Mascara, Alger, Oran et ailleurs dans le pays, brandissent des affiches réclamant la libération de Hadj Ghermoul.


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!