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Militants emprisonnés

Grève de la faim, l’ultime recours des détenus d’opinion

20 juin 2021 à 10 h 43 min

En Algérie, avec la multiplication des arrestations et des condamnations à des peines privatives de liberté à l’encontre, notamment, des militants et activistes du hirak, force est de constater que de plus en plus de détenus d’opinion recourent à la grève de la faim.

Depuis toujours, le recours à la grève de la faim est l’une des «armes» des détenus d’opinion et des prisonniers politiques pour alerter l’opinion, dénoncer l’arbitraire de leur incarcération, leurs conditions carcérales, ou encore pour faire pression en vue de mettre un terme à une détention provisoire qui s’éternise en exigeant la tenue d’un procès.

En Algérie, avec la multiplication des arrestations et des condamnation à des peines privatives de liberté à l’encontre, notamment, des militants et activistes du hirak, force est de constater que de plus en plus de détenus d’opinion recourent à la grève de la faim.

Dernier cas en date : celui du militant et membre du bureau national du MDS Ouahid Benhalla. «Benhalla Ouahid en grève de la faim pour le 12e jour. Liberté aux détenus de la révolution démocratique», postait jeudi dernier Fethi Ghares, porte-parole du MDS. Ouahid Benhalla a été arrêté, rappelle-t-on, le vendredi 14 mai à sa descente d’un bus à la station Tafourah. Le 16 mai, il se voit condamner à un an de prison ferme par le tribunal de Bab El Oued.

Le 6 juin 2021, il entame une grève de la faim à la prison d’El Harrach où il est incarcéré, et qu’il poursuit encore tandis que son procès en appel est prévu le 24 juin à la cour d’Alger. «Je lui ai rendu visite jeudi et il était toujours en grève de la faim. Il était très amaigri. J’ai eu du mal à le reconnaître tellement il avait maigri. Mais son moral est bon», nous a déclaré hier son avocate Zoubida Assoul.

Et d’ajouter ; «J’ai essayé de le dissuader de continuer, mais il était déterminé à poursuivre son action. Il m’a assuré qu’il faisait attention à sa santé. Il affichait un bon moral.»

Maître Assoul estime que la grève de la faim s’est imposée comme un moyen pour nombre de détenus afin de «faire entendre leur voix». «Vous savez, quand quelqu’un est en prison, tous les moyens sont bons pour faire entendre sa voix. Nous, en tant que défenseurs des détenus d’opinion, nous attirons l’attention sur le fait que ce sont des poursuites purement politiques et que cela n’a rien de judiciaire (…). Et les détenus, de leur côté, considèrent que la grève de la faim reste un des moyens, l’ultime peut-être, pour quelqu’un qui se trouve en prison juste parce qu’il a exprimé un point de vue ou posté une publication sur sa page Facebook ou bien critiqué la démarche du pouvoir.» Zoubida Assoul précise dans la foulée : «Nous, en tant qu’avocats, on ne le prône pas (le recours à la grève de la faim, ndlr). On passe notre temps à essayer de sensibiliser les détenus en les exhortant à ne pas dépasser un certain nombre de jours parce que c’est leur santé qui est en jeu.»

La présidente de l’UCP souligne à ce propos que le détenu en grève de la faim doit faire impérativement l’objet d’un suivi médical dans les établissements pénitentiaires. «En principe, il y a un suivi. J’ai posé la question à Ouahid et il m’a affirmé que le médecin (de la prison d’El Harrach, ndlr) le suivait. Il mesurait sa tension artérielle, sa glycémie… J’espère que la raison l’emportera.»

Des dizaines de détenus à la prison d’El Harrach ont observé ces dernières semaines une grève de la faim pour protester contre leur «incarcération arbitraire et des lenteurs» dans l’instruction de leurs dossiers, d’après le collectif d’avocats des détenus d’opinion (voir El Watan du 10 juin).

Parmi ces protestataires, l’activiste Mohamed Tadjadit, qui a été arrêté à plusieurs reprises et qui se trouve une nouvelle fois en détention provisoire depuis le 4 avril dernier dans le cadre de l’affaire de l’adolescent Saïd C. A chacune de ses arrestations, Mohamed Tadjadit a observé une grève de la faim pour dénoncer l’acharnement judiciaire dont il fait l’objet.

L’une d’elles a même nécessité son hospitalisation. De fait, le «poète de La Casbah» avait été évacué dans un état critique à l’hôpital Mustapha Pacha. C’était en janvier dernier.

Il convient de rappeler, par ailleurs, l’affaire des activistes Mustapha Guira, Tahar Boutache et Yasser Rouibeh, tous trois en détention à la prison d’Oran et qui ont défrayé la chronique en observant une longue et éprouvante grève de la faim, qui a duré presque un mois, en mai dernier, pour protester contre leur «détention arbitraire». 


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