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France-Algérie : Des acteurs politiques critiquent les déclarations de Macron

22 novembre 2020 à 10 h 50 min

Des acteurs politiques ont réagi hier aux déclarations du président français, Emmanuel Macron, sur l’Algérie, le président Abdelmadjid Tebboune et l’Afrique.

Des acteurs politiques ont réagi hier aux déclarations du président français, Emmanuel Macron, sur l’Algérie, le président Abdelmadjid Tebboune et l’Afrique.

Dans un entretien à Jeune Afrique publié ce vendredi, Emmanuel Macron a salué le courage de Tebboune et a relevé la nécessité de réussir la transition en Algérie.

«Il y a une volonté de stabilité, en particulier dans la partie la plus rurale de l’Algérie. Il faut tout faire pour que cette transition réussisse. Je vous le dis franchement : je ferai tout ce qui est en mon possible pour aider le président Tebboune dans cette période de transition. Il est courageux», a déclaré M. Macron.

Mohcine Belabbas, président du RCD, relève ainsi : «S’adressant aux dirigeants africains, Macron se croit autorisé à distribuer des certificats de légitimité aux dirigeants des indigènes que nous sommes.» Dans le cas de l’Algérie, poursuit-il, «le président français s’autorise à délivrer une attestation de confiance au chef de l’Etat. Il affirme être prêt à l’aider dans cette période qu’il qualifie de transition.

Ceci n’est pas une simple ingérence, mais la révélation que la France est aux manettes d’une feuille de route pour notre pays», tranche le chef de file du RCD. M. Belabbas trouve que le président français s’exerce à «administrer des leçons de démocratie et de gouvernance».

Ce sont précisément, dit-il , les interventions répétées de la France officielle dans les choix souverains des pays africains qui posent problèmes : «La France post-coloniale est une partie de notre problème en plus de faire partie du passé douloureux pour l’Algérie et l’Afrique. L’Algérie et l’Afrique ne peuvent se complaire dans un statut de subalterne au service d’intérêts néocoloniaux».

De l’avis du président du RCD, les dirigeants africains, «notamment ceux élus par leurs peuples, doivent cesser de prendre part au sommet France-Afrique auquel ils sont convoqués comme de simples préfets pour y recevoir des orientations et des injonctions. Les Africains peuvent s’offrir eux-mêmes l’avenir auquel ils aspirent.»

Zoubida Assoul, présidente de l’Union pour le changement et le progrès (UCP), estime que la France est à la rescousse du système et que la déclaration de Macron est une ingérence directe dans les affaires internes de notre pays.

«Le choix du timing est une indication de la volonté de la France de maintenir le système en place pour ses propres intérêts», note Mme Assoul, précisant que «les Algériens se sont libérés de toute forme de tutelle et l’ont exprimé clairement depuis le 22 février de l’année écoulée.

Les usages en relations internationales bilatérales ou multilatérales et de bon voisinage ne peuvent justifier les déclarations du président français».

La présidente de l’UCP condamne cette «ingérence» qui, selon elle, porte «atteinte à notre souveraineté» populaire nationale. «Avant Macron, le ministre des Affaires étrangères français a félicité l’Algérie pour la tenue du référendum. D’autres présidents français ont soutenu les mandats de Bouteflika !» rappelle-t-elle.

Karim Tabbou, président de l’UDS – parti non encore agréé – affirme, quant à lui, que la France officielle est une France «raciste». «Une France qui ne veut pas accepter que dans ce pays puissent émerger des forces démocratiques, une jeunesse émancipée, une jeunesse qui est capable de défier le sous-développement.»

Le PST a également critiqué les déclarations du président français :«L’attitude politique de Macron, qui réaffirme publiquement son soutien indéfectible au régime algérien actuel, annonce de grandes concessions économiques, politiques et sécuritaires au profit de l’impérialisme, et ce, aux dépens de notre souveraineté et nos intérêts économiques».

Ce parti pense que la fragilité de notre système politique ouvre la voie à toutes les formes d’autoritarisme et de bradage de nos richesses nationales, à la remise en cause permanente de nos acquis démocratiques et sociaux et va accentuer le rapport néocolonial. «Ces déclarations interviennent juste après le référendum du 1er novembre et la défaite historique du régime, ce qui n’est pas fortuit», affirme le PST.

Par ailleurs, sur les réseaux sociaux, des universitaires et des militants de partis ont qualifié les propos de Macron d’ingérence dans les affaires de l’Algérie et de l’Afrique, mais tous considèrent que le président français est dans son rôle consistant «en le maintien du système qui lui préserve ses intérêts en Algérie et à ces pays d’en faire de même».

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