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Fodil Boumala à Béjaïa : «Le régime hait son peuple !»

21 mars 2019 à 9 h 11 min

La question sensible de l’opportunité de trouver des représentants au mouvement populaire fait les choux gras ces derniers jours de la blogosphère qui s’est aventurée à répercuter des noms de certaines personnalités médiatisées. Les propositions ont provoqué une farouche offensive de nombreux citoyens qui alertent sur le danger d’une telle aventure et rejettent l’idée, comme l’ont fait certaines des personnalités concernées.

«Je n’ai aucune légitimité pour être leader du mouvement populaire», a répondu sèchement, hier, Fodil Boumala, universitaire et opposant, lors d’une conférence-débat organisée par le collectif des enseignants et des ATS de l’université de Béjaïa. Boumala a alerté sur les tentatives d’enfourcher le zaïmisme au risque de faire revivre les tristes expériences de mouvements précédents qui ont échoué. «C’est ce que cherche le pouvoir, des zaïms fantoches, pour casser la dynamique. Il est en train de fabriquer des leaders ex nihilo, c’est le zaïmisme qui a tué toutes nos aspirations» a-t-il soutenu.

Le rejet assumé, et surtout partagé par beaucoup parmi les opposants, de donner des têtes au mouvement redonne la parole à la rue qui ne demande pas à négocier, mais réclame le départ du régime. Négocier avec qui ? C’est la question qui renvoie à l’impossibilité de partager la table de dialogue avec le pouvoir. «C’est un pouvoir qui ne mérite même pas qu’on lui adresse la parole», assène Boumala. «Dans l’histoire de l’humanité, ce sont les peuples qui haïssent leurs régimes, chez nous, c’est le régime qui hait son peuple !» fait-il remarquer, en revenant sur les derniers voyages diplomatiques du ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, aux capitales occidentales.

Cette démarche fait de l’Algérie l’exception en tant que seul pays au monde qui internationalise une telle question interne, comme le souligne l’orateur. Les réactions gauches du régime l’amènent à brandir l’épouvantail du chaos et les menaces du vide du précipice. «C’est le pouvoir qui est le vide, pas la société», réagit Boumala qui souligne «l’improvisation politique» de ce même pouvoir. «On ne laissera pas ce régime mafieux partir en emportant l’Algérie avec lui», s’écrie-t-il. Comme l’ont fait, sans retour d’écoute, d’autres personnalités nationales, Fodil Boumala interpelle à l’occasion le chef d’état-major de l’ANP : «Gaïd Salah est plus loyal avec un homme qu’avec le pays, c’est pour cela qu’on l’interpelle pour qu’il choisisse.»

L’urgence, selon le conférencier, n’est pas de trancher ce que sera la IIe République, qui ne peut être que moderniste, mais de protéger la dynamique populaire qui la revendique et de travailler pour la consécration de ce qu’il appelle «la révolution blanche». Une révolution qui a déstabilisé le pouvoir d’Alger. «Toutes les précipitations risquent de casser le mouvement», avertit-il. Quel mode opératoire donc pour dessiner un début d’aboutissement du mouvement ? En plaidant pour le dialogue sans tabous et en ayant une préférence pour la régionalisation, Boumala est pour un gouvernement populaire de technocrates, dont l’action sera limitée dans le temps, qui convoquera le peuple pour l’élection d’une «Assemblée constituante».

Une démarche qui a en commun avec toutes les autres propositions de concrétiser le changement du régime politique du pays. Le conférencier ne trouve pas, cependant, où caser la nature du régime algérien, tant il est dénué de patriotisme, qu’il reconnaît à Franco, symbolisant pourtant l’un des pires régimes dictatoriaux de l’humanité. «L’Algérie n’a jamais connu d’Etat mais un régime», soutient l’orateur pour qui l’Etat, dans sa conception originelle gréco-romaine, «c’est le peuple». «Il est temps que le peuple soit le seul garant de la Constitution», revendique-t-il.

Fodil Boumala a été parmi les treize initiateurs de «l’initiative civique contre la révision de la Constitution» en 2008, lorsque a été commis le premier viol de la Loi fondamentale. «Les partis politiques nous ont déclaré la guerre. La seule personnalité nationale qui avait signé c’était Ahmed Benbitour. Le seul média qui a publié notre déclaration c’était El Watan», se souvient-il, préférant au terme d’opposition celui de résistance : «Parler d’opposition suppose qu’il y a un régime démocratique, il s’agit de résistance contre le despotisme.» Le pouvoir, qu’il dit se nourrissant d’allégeances, s’est maintenu aussi en cultivant le mensonge, en faisant «en sorte que nous croyions à notre mensonge, et en transformant notre mensonge en vérité collective».

Pour Boumala, le pays a connu, le long de son histoire, «plus de contre-révolutions que de révolutions, malgré l’existence de mouvements de résistance permanents». Les blocages, voire les avortements qu’a provoqués le régime sont nombreux, dont celui qui a confisqué l’indépendance du pays en 1962. «Le jour de l’indépendance, trois chefs historiques, qui étaient restés en vie, sont passés dans l’opposition, car le processus de contre-révolution s’est mis en place. L’ANP n’est que le nom donné par Boumediene à l’armée des frontières», explique-t-il. «Bouteflika est né dans la contre-révolution», assène-t-il.


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