FLN et RND : La fin des «partis du pouvoir» | El Watan
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FLN et RND : La fin des «partis du pouvoir»

15 décembre 2019 à 10 h 12 min

Le FLN et le RND, les deux partis du pouvoir, sont les plus grands perdants de l’élection présidentielle du 12 décembre, remportée par le candidat «indépendant» Abdelmadjid Tebboune. Cependant, les choses peuvent évoluer autrement lors des prochains mois, le nouveau président de la République étant toujours membre du comité central de l’ancien parti unique.

Selon les chiffres communiqués vendredi par le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Mohamed Charfi, le candidat du RND, Azzedine Mihoubi, n’a obtenu qu’un taux de 7,26%, soit 617 753 voix, sur un total de 8 504 346 de votants (le corps électoral est de 24 474 161). Celui-ci est arrivé à la quatrième et avant-dernière place, ne devançant que Abdelaziz Belaïd, président du Front El Moustakbal, qui n’a décroché que
566 808 voix.

Bien évidemment, le secrétaire général par intérim du RND s’est empressé de «féliciter» le vainqueur tout en exprimant sa «disponibilité» à travailler avec lui. «Je félicite le candidat élu, Abdelmadjid Tebboune, et lui souhaite la réussite dans ses nobles missions nationales pour la concrétisation des aspirations du peuple algérien, et qu’il soit sûr de notre soutien et notre assistance, car nous sommes et demeurerons au service de ce peuple et de ses institutions», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse tenue après l’annonce des résultats. Pas question, par ailleurs, de récuser les chiffres. «Nous avons fait de notre mieux et présenté un programme, qui, pour nous, était un programme national. Nous aurions aimé un meilleur résultat, mais dès lors qu’il s’agit de la volonté populaire, nous ne pouvons que l’accepter», a-t-il ajouté.

Le RND – habitué à jouer un rôle essentiel depuis sa création, notamment avec l’arrivée de Abdelaziz Bouteflika à la présidence en 1999, que ce soit en soutenant ce dernier, lors des quatre présidentielles, ou en arrivant globalement à la deuxième place derrière le FLN lors des élections législatives et locales successives – devra se contenter cette fois-ci d’une avant-dernière place.

La désillusion est encore plus grande chez le FLN qui, après plusieurs semaines d’hésitation, a fini par soutenir officiellement Mihoubi, quelques jours seulement avant l’élection.

Mathématiquement donc, les deux partis ne pèsent qu’un peu plus de 600 000 voix, loin de leurs scores habituels. A titre d’exemple, lors des législatives de 2017, les deux formations politiques ont décroché plus de 2,6 millions de voix. Il est vrai que Abdelmadjid Tebboune est membre du comité central de l’ex-parti unique et qu’à ce titre il aurait éventuellement bénéficié du soutien d’une partie de la base militante et des cadres de ce parti. Mais en se présentant en tant que candidat indépendant, celui-ci s’est libéré, du moins formellement, de toute attache partisane. Le FLN ne peut donc mettre en avant l’appartenance du candidat vainqueur à son comité central.

Le score faible réalisé par le RND et par conséquent le FLN serait-il déterminant quant à la configuration future du champ politique ? Par ailleurs, sur quelles formations politiques va s’appuyer Tebboune durant son règne ? Trop tôt pour le dire. Néanmoins, ce qui est clair aujourd’hui, c’est que le hirak a réussi à mettre à terre, pour le moment du moins, ces deux partis du pouvoir, et par la même les deux autres formations complétant l’ex-alliance présidentielle, TAJ de Amar Ghoul et le MPA de Amara Benyounès, les deux responsables se trouvant aujourd’hui en prison, tout comme d’ailleurs l’ancien chef du RND, Ahmed Ouyahia, et deux anciens secrétaires généraux du FLN, Djamel Ould Abbès et Mohamed Djemaï.

Des partis apparemment devenus trop encombrants pour le nouveau Président, qui devra faire face à un mouvement de contestation, qui ne s’est pas essoufflé après plus de 9 mois et qui réclame, entre autres, la dissolution de ces deux partis. Tebboune, déjà contesté par le hirak, n’aura aucun intérêt à reconduire l’ancienne coalition partisane. Selon toute vraisemblance, le FLN et le RND n’auront pas de rôle majeur dans le processus futur… 

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