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Examen du bac : Ambiance sereine à Oran

14 septembre 2020 à 11 h 40 min

L’ambiance est plutôt sereine chez les candidats à l’occasion de cette première journée du bac à Oran. La situation est exceptionnelle, mais, au-delà du protocole sanitaire exigé par la pandémie et appliqué rigoureusement dans l’ensemble des établissements, les enjeux sont finalement les mêmes, à savoir espérer ou pas décrocher ce sésame qui ouvre les portes de l’université.

Certains sont mieux préparés que d’autres, mais là les raisons ne sont pas uniquement liées à la volonté individuelle. D’autres raisons objectives en rapport avec la pandémie font la différence. «On a exigé de nous de respecter la distanciation entre nous, on nous a soumis à une vérification de la température et exigé le port du masque (disponible sur place pour ceux qui n’en ont pas), mais pour le reste, moi j’ai passé l’épreuve de la matinée de manière tout à fait ordinaire et le sujet était abordable, car conforme au programme qu’on nous a enseigné», indique Othmane à la sortie d’un centre d’examen. «On a mis à notre disposition du gel hydroalcoolique autant à l’entrée de l’établissement qu’à l’intérieur des salles d’examen où nous sommes surveillés par trois enseignants», complète Chaïma qui, elle aussi, garde le sourire.

La crainte de la maladie est plus prononcée chez certains, à l’exemple de Randa et Hadjer, deux amies qui, en plus du masque, se sont munies de leurs propres lingettes pour essuyer et désinfecter l’ensemble de la table sur laquelle chacune d’elles compose. «Le port du masque ne m’a pas dérangé, mais je ne voulais prendre aucun risque», assure l’une d’elles. Habitant le quartier populaire d’El Hassi, ayant effectué leur scolarité aux Amandiers, un quartier proche, elles ont été, comme beaucoup d’autres candidats, affectées, selon un ordre alphabétique des noms, au lycée Hireche Mohamed (ex-lycée les Palmiers), un centre d’examen situé dans un quartier résidentiel éponyme.

La précision n’est pas fortuite. Pour attaquer l’épreuve de l’après-midi, il faut bien reprendre des forces au déjeuner, mais ici le choix est limité. «Dans le quartier où est situé mon lycée, je peux trouver un sandwich à 200 DA ou alors me rabattre sur la ‘’karantika’’ à seulement 40 DA, mais là il n’y en a pas et le sandwich le moins cher est à 350 DA, c’est beaucoup !» s’exclame Randa pour détendre l’atmosphère, car la parenthèse mise à part, ce sont les aléas de la pandémie avec le confinement et l’interruption de la scolarité qui sont mis en avant.

Chacun se débrouille comme il peut, mais tous ne sont pas logés à la même enseigne. «Au départ nous nous sommes dits que, malgré le confinement, nous allions passer l’examen avant ou au début de l’été, mais là la durée d’interruption est trop longue car même si on révise on finit par oublier», explique Hadjer, attestant que durant les quinze derniers jours où les établissements assuraient des cours de révision, ce n’étaient pas tous les professeurs qui venaient. Entre temps, il y avait les cours dispensés sur les réseaux sociaux, comme Youtube, mais là aussi la question des moyens a été posée. «Il fallait avoir la connexion et en ce qui me concerne, pour le ‘’flexy’’, ce sont d’autres membres de la famille qui m’ont aidée !» ajoute Randa.

D’une certaine manière et même si ce n’est pas trop flagrant, cette candidate pose en réalité le problème de la «fracture numérique», un souci déjà évoqué par des chercheurs universitaires, spécialement durant cette période de pandémie où le besoin (penser aussi au matériel en plus de la connexion proprement dite) s’est fait sentir, y compris dans les pays les plus développés.

L’autre solution concerne les cours particuliers, un phénomène qui a pris une ampleur supplémentaire durant ce confinement et qui est évoqué par Nadia, une candidate interrogée alors qu’elle attendait, en face du lycée Lotfi, la reprise prévue à 15h de la deuxième épreuve. L’établissement est situé en plein centre-ville et est l’un des 61 centres d’examen encadrés, en plus du personnel éducatif, autant par la police que par la Protection civile.

«Mes parents ont dû débourser 5000 DA par mois pour des cours particuliers, soit 2500 DA par matière, les maths et la physique», précise cette candidate issue de la filière scientifique. Les cours sont dispensés pour tout un groupe et les tarifs peuvent augmenter lorsque le nombre est réduit.

Son amie Hafsa abonde dans le même sens, mais celle-ci passe l’examen pour la deuxième fois. Interrogée pour savoir si elle a moins de trac et d’inquiétude, elle répond : «Cette année il y a le corona, mais, sans établir de comparaison, il ne faut pas oublier que le bac de l’an dernier s’était aussi déroulé dans des conditions particulières avec le hirak qui a, dans une bien moindre mesure, bouleversé la scolarité.» Belle est par contre cette image d’une grand-mère tellement inquiète pour son petit-fils, Ahmed, qu’elle a insisté pour l’attendre à la sortie vers midi avec un repas fait maison pour éviter tout risque.


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