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Epidémie de Choléra : Des chiffres et une gestion chaotique

26 août 2018 à 1 h 59 min

Le ministère de la Santé a annoncé, dans un bilan, qu’à la date du 24 août 2018, 46 cas de choléra ont été confirmés parmi les 139 cas hospitalisés depuis le 7 août. Le ministère précise que la source de Sidi El Kebir (Tipasa) a été «condamnée et son eau interdite à la consommation», après avoir révélé la présence du vibrion cholérique. Un Conseil du gouvernement devrait se réunir aujourd’hui.

Dans un nouveau bilan émanant du ministère de la Santé, deux personnes sont décédées dans la wilaya de Blida suite à l’épidémie de choléra. Dans un communiqué rendu public hier, il est précisé que du 7 au 24 du mois en cours, 46 cas de choléra ont été confirmés parmi les 139 cas hospitalisés. Parmi les cas confirmés, 3 ont été enregistrés à Bouira, 25 à Blida, 12 à Tipasa, 5 à Alger et 1 cas à Médéa. Le ministère révèle, dans le même sillage, que la wilaya de Blida déplore le décès de 2 personnes.

A l’EHS El Kettar et l’EPH de Boufarik, mobilisés pour la prise en charge des cas, 39 parmi ces patients sont déjà sortants et l’état de santé des autres encore hospitalisés évolue favorablement. L’enquête épidémiologique menée par l’Institut Pasteur et le ministère de la Santé a déjà abouti à deux nouvelles pistes. Des décisions ont même été prises.

Selon Djamel Fourar, directeur général de la prévention et de la lutte contre les maladies transmissibles au ministère de la Santé, les cas de Bouira et ceux de Blida ont un lien de parenté qui a facilité la propagation du virus. «La pandémie a pris départ d’une famille résidant à Aïn Bessam dans la wilaya de Bouira, chez laquelle le virus a été découvert en premier, et qui a reçu ses proches résidant à Blida.

Cette piste reste la plus probable. Elle s’ajoute à une autre hypothèse qu’est la source de Sidi El Kebir, dans la localité de Ahmer El Aïn, wilaya de Tipasa, qui serait contaminée par le vibrion cholérique. 19 personnes issues de la même famille en auraient bu et sont aujourd’hui des cas confirmés de choléra», explique-t-il.

Parce que cette source ne remplit pas, selon le ministère de la Santé, les conditions de salubrité requises et qu’elle sert à alimenter tous les foyers environnants, il a été décidé de la condamner. Le motif : endiguer la propagation du choléra dans cette wilaya en attendant les résultats de contrôle des autres points d’eau dans les wilayas touchées par cette pandémie.

Une décision qui semble déplaire aux habitants de cette localité qui confirment que cette source est loin d’être la cause. «Cela fait des années que cette source nous alimente et aucun de nous n’a été touché par aucune maladie. Comment se fait-il qu’aujourd’hui elle présente un tel virus ?» s’interroge un des citoyens qui, face aux caméras de chaînes privées, continue à boire de cette source avant qu’elle ne soit condamnée à jamais.

Conseil du gouvernement

Le chef du cabinet du wali de Blida, Aït Ahmed Tahar, a tenu à rassurer quant à la potabilité de l’eau des robinets. Il a affirmé que les analyses se poursuivent au niveau de l’Institut Pasteur afin de connaître l’origine de cette épidémie, assurant que le réseau AEP est salubre et ne compte aucun microbe lié à l’épidémie de choléra.

Il s’est également appuyé sur les analyses faites par l’Algérienne des eaux (ADE) et la direction des ressources en eau qui ont tous confirmé la potabilité du réseau AEP. Malgré ces assurances, dans la wilaya de la ville des Roses, la crainte est intacte ; les Blidéens affirment avoir toujours souffert de pénuries et d’insalubrité de l’eau du robinet.

Au moment où la panique ne cesse de monter, notamment sous l’effet des rumeurs véhiculées par les réseaux sociaux, aucun des ministres concernés par cette situation, à savoir celui de la Santé, de l’Intérieur et des Collectivités locales ainsi que celui des Ressources en eau, n’a daigné s’adresser à la population.

Pire, entre les différents canaux d’information, pourtant officiels, il y a une grande contradiction. Dernier exemple : en quelques heures, le ministère annonce la présence d’un seul cas de choléra dans la wilaya de Médéa. Cité par l’APS, le Directeur de la santé (DSP) de cette wilaya, Mohamed Cheggouri, nie catégoriquement la présence d’un quelconque foyer de choléra à travers le territoire de sa wilaya.

Selon la même source, les uniques cas reçus par l’hôpital de Tablat, au nord-est de Médéa, sont un enfant de 4 ans qui a rendu visite à sa famille dans la wilaya de Blida, admis aujourd’hui à l’EPH d’El Kattar, et un couple venant de la wilaya de Bouira.

Au moment où la population attend des assurances et des informations viables, qui ne seraient pas démenties quelques heures plus tard, les responsables des différents secteurs et départements concernés devront rendre des comptes au chef du gouvernement. Selon TSA-Algérie, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, devrait réunir aujourd’hui un Conseil du gouvernement. A l’ordre du jour : la situation de l’épidémie du choléra et le projet de la loi de finances 2019.

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