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jeudi, 21 février, 2019
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Enseignement supérieur : Hadjar, un ministre qui vit loin des réalités du terrain

14 février 2019 à 12 h 01 min

Le fait est grave et symptomatique de l’état de délabrement général dans lequel se trouve le pays. Quand des étudiants se font égorger dans des enceintes universitaires, comme ce fut le cas du jeune étudiant en médecine à Alger, aux obsèques duquel le ministre M. Hadjar a brillé par son absence, et avant lui de l’assassinat de l’étudiant zimbabwéen à Annaba, il n’y a plus rien à espérer d’un ministère dont rien ne semble ébranler la sérénité.

L’anarchie qui règne dans ce secteur, qui détient le triste record de la plus longue grève estudiantine de la planète (6 mois), avec le récent épisode du conflit des étudiants résidents en médecine, les contre-performances réalisées par l’université algérienne dans les classements internationaux, où elle caracole au bas du tableau, devancée par des pays qui n’ont ni les moyens ni l’ambition de l’Algérie, n’ont pas réussi à faire sortir le secteur de sa léthargie.

Ce département a besoin de véritables états généraux pour poser un diagnostic objectif et sans complaisance et y apporter les solutions appropriées de sa mise à niveau sur tous les plans : pédagogique, qualité de l’enseignement universitaire, contenu des programmes adaptés aux besoins du marché de l’emploi et de l’économie et ouverts sur l’universalité, orientation des étudiants sur des bases pédagogiques et du mérite en luttant contre les passe-droits, gestion des œuvres universitaires, promotion de la recherche scientifique et technique.

Les propositions et recommandations faites par les syndicats du secteur, les comités scientifiques et les associations estudiantines pour assainir la situation du secteur n’ont pas trouvé d’écho au niveau de la tutelle.

Le drame de cette semaine qui a endeuillé la communauté universitaire était inévitable au regard des conditions déplorables dans lesquelles évoluent les étudiants au sein des campus et des structures universitaires, du point de vue pédagoqique et social.

Depuis qu’il est à la tête du ministère, Tahar Hadjar a-t-il un jour mis les pieds dans nos amphithéatres pleins à craquer pour voir comment les étudiants algériens se disputent des chaises pour suivre des cours – les moins chanceux sont assis à même le sol –, la sonorisation défectueuse et inaudible, les pannes récurrentes d’électricité dans certaines facultés poussant les enseignants à interrompre les cours faute de groupes électrogènes, l’absence de climatisation ?

Le ministre a-t-il un jour partagé un repas avec les étudiants pour s’enquérir du contenu de leur assiette ? Dans certaines facultés, le repas se réduit à quelques tranches de «cachir», une ration de fromage, du pain et quelques dattes, ou un yaourt en guise de dessert, témoignent des étudiants. Comme des ouvriers de chantiers, nos étudiants se sont mis à la gamelle pour échapper à cette diète de mitard.

Le prix dérisoire du ticket invoqué pour ne pas offrir à nos étudiants une restauration décente est un alibi irrecevable. Nos étudiants ne revendiquent pas un 5 étoiles, mais seulement des repas chauds et commestibles. Même topo pour le transport universitaire.

Absence de régularité et de respect des horaires de passage, arrêts parfois éloignés des campus universitaires, obligeant les étudiants à des marches forcées d’un ou deux kilomètres pour prendre le bus, les derniers départs fixés à 16h30 jugés inadaptés, poussant les étudiants d’Alger, surtout ceux empruntant des dessertes d’établissements universitaires situés en dehors de la capitale, telle Koléa, à quitter les cours avant la fin de la séance pour ne pas rater le transport…

L’accès aux campus et aux cités universitaires est une autre faille qui interpelle les responsables du secteur, surtout après la tragédie qui vient de nouveau secouer le secteur. La tutelle ne peut plus continuer à se voiler la face et se décharger de sa responsabilité pleine et entière dans les violences recurrentes qui agitent nos structures universitaires.

La complainte des étudiants ne semble pas traverser les murs du ministère qui vit reclus et loin des réalités du terrain. Que faut-il penser et attendre d’un ministre qui a perdu jusque le sens de l’humanité et de la solidarité de ce corps en s’abstenant d’assister aux obsèques du jeune étudiant en médecine assassiné ? Il est vrai que M. Hadjar qui a survécu à toutes les tempêtes qui ont secoué son département a fort à faire en ce moment.

Il y a plus important, la campagne électorale pour Bouteflika qui mobilise toute son énergie dans l’espoir de garder son poste de ministre dans le futur gouvernement, dans le cas où le Président est reconduit pour un nouveau mandat. 

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