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Emeutes, fraude et vote annulé dans plusieurs communes à Boumerdès

14 décembre 2019 à 10 h 07 min

Imposée contre la volonté populaire, l’élection présidentielle a plongé avant-hier plusieurs communes de la wilaya de Boumerdès dans un climat de guerre.

Ce qui devait être un jour de fête a été transformé, par l’obstination d’un pouvoir honni, en véritable cauchemar. Malgré les appels au calme, de violents affrontements ont éclaté dans les communes de Naciria, Issers, Beni Amrane, Dellys et Bordj Menaïel où le vote a été annulé suite au saccage des urnes. La mascarade électorale a été avortée également à Taouarga, Afir, Chabet El Ameur, Ammal, Timezrit et Souk El Hade.

L’Anie fait état de 405 bureaux de vote où il n’y a pas eu de dépouillement. Comme attendu, le scrutin a été émaillé de nombreuses irrégularités. A Beni Amrane, des citoyens ont découvert des urnes pleines de bulletins de Abdelaziz Belaïd et de Abdelaziz Mihoubi avant l’ouverture des bureaux de vote.

A Souk El Had, Abdelmadjid Tebboune a été déclaré vainqueur du scrutin alors que les urnes ont été vidées et détruites vers 9h, a-t-on appris. Le taux de participation à ces élections est de 24,4%. Abdelmadjid Tebboune occupe la première place avec 59,54% des voix exprimées, suivi de Bengrina Abdelkader (17,78%), Ali Benflis (8,05%), Belaïd Abdelaziz (7,64%). Azzedine Mihoubi, présenté comme étant le candidat du pouvoir, lui, a été plébiscité par 6,99% des voix.

Un score qui a donné lieu à moult interprétations, d’autant plus que son parti (le RND) est la première force politique au niveau local. Les résultats de ces élections ont été rejetés d’avance par des milliers de citoyens de la région. Hier, peu après l’annonce de la victoire de Abdelmadjid Tebboune, des centaines de citoyens sont sortis dans la rue à Boumerdès, Dellys et Bordj Menaïel pour dénoncer ce vaudeville.

«Tebboune ne nous représente pas. On veut un Président légitime qui sera élu par le peuple, pas par l’armée. Nous, nous continuons le combat jusqu’à l’instauration d’un Etat civil basé sur le respect de la loi et des libertés individuelles», affirment des jeunes de Bordj Menaïel, une ville où le scrutin a été annulé après la mobilisation citoyenne.

A Naciria, un drame a été évité de justesse au centre de vote Saïd Boukerrou, où plusieurs gendarmes ont failli être asphyxiés par les gaz lacrymogènes. Il a fallu l’arrivée des renforts pour que la situation revienne à la normale. Un bus transportant les encadreurs de l’Anie a été saccagé près de l’ancienne gare ferroviaire.

«C’est un des passagers qui a mis le feu à ce bus, pas les gens de Naciria», dira un manifestant. Avant de s’en prendre aux urnes, des jeunes ont organisé un vote parallèle au centre-ville. Aux Issers, la population ne s’est pas contenté du boycott. Vers 14h, elle s’en est pris aux bureaux de vote.

Des échauffourées ont éclaté devant le siège de la daïra et sur les hauteurs de la ville, faisant une trentaine de blessés par balle en caoutchouc parmi les manifestants. Ces heurts se sont soldés également par l’incendie d’un tank des services de police. Pour éviter d’éventuels dérapages, les centres de vote d’Afir ont été transférés à Dellys et ceux de Timezrit et Chabet El Ameur ont été délocalisés aux Issers.  

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