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Elle interpelle l’opinion publique : L’inquiétude de la famille du général Toufik

15 septembre 2019 à 10 h 20 min

Dans une longue lettre adressée à l’opinion publique, la famille de l’ex-chef des Services de renseignement algériens, le général de corps d’armée Mohamed Mediène, dit Toufik, sort de sa réserve pour la deuxième fois depuis que ce dernier a été incarcéré par le tribunal militaire de Blida, le 5 mai dernier, avec Saïd Bouteflika (frère et conseiller du Président déchu), Bachir Tartag (général-major à la retraite, ex-coordinateur des services secrets) et Louisa Hanoune (secrétaire générale du Parti des travailleurs), poursuivis pour «complot contre l’autorité de l’Etat et de l’armée», dont le procès s’ouvrira le 23 septembre prochain devant le tribunal militaire de Blida.

La famille n’entre pas dans les méandres de la procédure ou des faits reprochés, mais se limite à évoquer les conditions dans lesquelles Mohamed Mediene est maintenu en détention : «Souffrant déjà de plusieurs maladies chroniques dont la plus importante étant une spondylarthrite ankylosante ayant débuté dès les premières années de sa participation à la Guerre de Libération nationale et dont les symptômes handicapants et incommodants obligeaient notre père et époux à pratiquer une activité sportive quotidienne, tel que le football, associée à des séances de rééducation fonctionnelle pour contrecarrer la raideur de son ossature. Son état de santé s’est aggravé après son incarcération le 5 mai 2019 suite à une chute survenue au dixième jour de sa détention au centre pénitentiaire de Blida, occasionnant une fracture complexe de l’omoplate droite. Il subit alors une intervention chirurgicale dans une structure légère relevant de la 1re Région militaire, loin d’être équipée pour ce type d’accident, alors que son état, compte tenu de son âge et de sa situation, nécessite une prise en charge spécialisée à l’hôpital militaire de Aïn Naâdja, qui aurait été plus approprié  pour la qualité des soins.» Les auteurs affirment que «cette sévère dégradation était ostensiblement perceptible lors des interrogatoires, où notre père et époux paraissait fort amaigri et montrait des signes évidents de faiblesse. Ce que ne manquaient pas de relever ses avocats durant leurs actes d’instruction, en attirant l’attention du magistrat instructeur sur les conséquences extrêmement graves de cette dégradation». 

Pour cette raison, précise la famille Mediène, «au regard de cette grave détérioration dont il est évident que les moyens et les capacités des structures de soins de la 1re Région militaire ne sont pas aptes à en  juguler la dégradation, et dont il est certain aussi que les autorités judiciaires en banalisent la portée, nous prenons à témoin l’opinion publique sur la responsabilité de ceux qui ont contribué à rendre impossible tout espoir d’une amélioration de l’état de santé d’un homme qui a consacré toute sa vie  à la défense de la sécurité des Algériens  et à la préservation de l’unité nationale».

Pour sa part, l’un des avocats de la famille, Miloud Brahimi, a exprimé son «regret» quant à la programmation pour le 23 septembre du procès de Mohamed Mediène et de ses trois coaccusés, le général-major à la retraite Bachir Tartag, ancien coordinateur des services secrets, Saïd Bouteflika, conseiller du Président déchu, et Louisa Hanoune, tous poursuivis pour les mêmes faits, «complot contre l’autorité de l’Etat et de l’armée». «Je continue à dire que le dossier est vide pour tous les accusés. Il n’y a rien qui prouve qu’il y a eu complot contre l’armée ou l’Etat. Nous nous attendions à un non-lieu et voilà que l’affaire est renvoyée devant le tribunal militaire pour être jugée le 23 septembre prochain. Le tribunal militaire n’a pas la compétence de juger une telle affaire. Les accusés sont tous des civils. Ils auraient dû, au pire, être renvoyés devant une juridiction civile», explique Me Brahimi, qui reconnaît que la procédure de pourvoi contre le renvoi du dossier devant le tribunal militaire n’est pas possible devant une telle juridiction, mais précise qu’il sera au procès et qu’il défendra le principe d’«incompétence» de ce tribunal.

Il est à rappeler que toutes les demandes de mise en liberté des mis en cause ont essuyé un rejet.

Plusieurs avocats constitués dans cette affaire ont été «surpris» par la rapidité avec laquelle elle a été renvoyée devant le tribunal, une semaine seulement après la fin d’une instruction qui aura duré quatre mois. Certains y voient «un mauvais signe», d’autres «un procès expéditif» pour clore rapidement et définitivement ce dossier. Un dossier dans lequel, faut-il rappeler, trois autres inculpés, actuellement à l’étranger, ont fait l’objet de mandats d’arrêt internationaux. Il s’agit de l’ancien ministre de la Défense nationale, le général-major à la retraite Khaled Nezzar, son fils Lotfi, patron de la société d’informatique SLC, et le pharmacien Farid Benhamdine, président de la Société algérienne de pharmacie, accusés des mêmes chefs d’inculpation que les quatre personnalités en détention.


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