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Économie : Des urgences face à un gouvernement transparent

02 septembre 2019 à 10 h 25 min

La destitution de l’ex-président, Abdelaziz Bouteflika, a fait tomber le mythe des «réalisations», du baratin de l’opulence, et surtout de la «nouvelle politique de croissance» chantée par l’ancien Premier ministre, Abdelmalek Sellal, incarcéré depuis deux mois à la prison d’El Harrach.

Six mois après le début du mouvement populaire, l’Algérie s’apprête à faire sa rentrée économique dans un climat caractérisé surtout par l’absence de perspectives, un gouvernement dont on revendique expressément le départ, et un Parlement dominé par une majorité sans légitimité, impliquée directement dans la crise que traverse le pays.

C’est dans ce contexte de panne intégrale que le gouvernement de Nourreddine Bedoui est appelé à définir, justifier le budget de l’Etat et l’affecter pour l’année à venir. Dans une économie dévastée, comme si elle avait été frappée par un terrible typhon ces dernières années, il éprouvera certainement du mal à dessiner la carte budgétaire de 2020 tant les ressources sont en voie de rétrécissement continu. Les exportations d’hydrocarbures n’arrêtent pas de reculer et les cours du pétrole peinent à se stabiliser au-dessus de la barre des 60 dollars le baril. Le déficit budgétaire a été de près de 1000 milliards de dinars au première trimestre de l’année en cours, et le déficit commercial a atteint, selon les derniers chiffres publiés par les services des Douanes algériennes, de 3,18 milliards de dollars au terme du premier trimestre 2019.

Avec la réduction du volume des importations, le gouvernement n’arrive plus – d’ailleurs depuis 2014 –­ à redonner de l’équilibre au budget. Ce qui l’avait amené à recourir, fin 2017, au financement non conventionnel et à produire près de 60 milliards de dollars pour payer les salaires, de l’aveu de l’ancien Premier ministre, Ahmed Ouyahia, mis sous mandat de dépôt, et renflouer le déficit abyssal de la Caisse nationale des retraites (CNR). Une partie était destinée à payer les créances de l’Etat et financer, disait-on, l’investissement.

Que fera le gouvernement cette fois-ci pour résoudre l’inextricable équation des déficits ? En d’autres termes, où va-t-il chercher l’argent ? Va-t-il encore pousser plus loin la réduction des importations ? Relancera-t-il la planche à billets ? Aucune information n’a filtré pour l’instant pour indiquer les grandes tendances que le gouvernement veut imprimer au projet de loi de finances 2020, année où les réserves de change descendront à 42 milliards de dollars et peut-être à moins, prédisent des experts en raison du rythme de leur diminution.

Complètement fragilisé, rejeté, opérant dans un contexte de crise et surtout sans perspective, le gouvernement Bedoui ne sera certainement pas celui qui s’inscrira dans la durée et procédera aux réformes dont a besoin une économie en ruine, qui connaît déjà la fermeture de dizaines d’entreprises et la mise en difficulté de centaines d’autres. Il sera celui qui expédiera les affaires courantes en colmatant une économie structurellement malade, avec le risque imminent, s’il est maintenu contre vents et marées, d’une inévitable explosion sociale en raison de l’amenuisement des ressources, du chômage et de la chute du pouvoir d’achat. En réalité, le sort de l’économie dépend viscéralement d’une solution politique qui tarde à venir. Les mesures populistes qu’il s’apprête à prendre – telle l’autorisation d’importation des voitures de moins de cinq ans – ne seront d’aucun effet sur un front social en ébullition.


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