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Echos de l’est

09 novembre 2019 à 10 h 14 min

Sétif, Souk Ahras, Biskra : «Nous ne cautionnons pas une parodie d’élection»

M algré le froid glacial, les Sétifiens reviennent à la charge, ne renonçant pas aux mots d’ordre de la révolution du Sourire, celle-ci se bat pour un nouveau mode de gouvernance basé sur la souveraineté du peuple, la liberté d’expression et l’indépendance de la justice.

Marchant en rangs serrés et décidés, les manifestants, criant leur ras-le-bol et leur refus de l’élection présidentielle du 12 décembre prochain, exigent la libération des détenus d’opinion et la fin des intimidations et harcèlements exercés sur de nombreux hirakistes. Imperturbable, le mouvement populaire dénonce les manœuvres du pouvoir faisant la sourde oreille aux aspirations d’un peuple pas disposé à aller aux urnes par la force : «Makanech intikhabet maa el îsaabate !» (Pas de vote avec les gangs).

«Les Algériens qui ont dit non au 5e mandat de Bouteflika se révoltent contre un 5e mandat-bis sans Boutef. On refuse une parodie d’élection qui tend à pérenniser un système d’un temps révolu. La nouvelle Algérie ne peut se construire avec un personnel politique vieillissant et dépassé», est-il soutenu.

C’est le même engagement à Souk Ahras, selon notre correspondant. Les marcheurs sont loin de la résignation. Encore une manifestation qui a drainé un nombre imposant de protestataires contre la situation politique qui prévaut dans le pays. «Dawla madania, machi âskaria !» (Etat civil et non militaire), «Makanch intikhabat maâ el îssabate !»

(Pas de vote avec les malfaiteurs), «Liberté au peuple !»… et plusieurs autres appels ont été lancés en chœur à l’adresse du pouvoir. «Toutes les wilayas sont unies pour provoquer le changement radical avec les anciennes méthodes de fonctionnement et Souk Ahras, ville martyre par excellence et fief du militantisme, ne peut en aucun cas se dérober de ses responsabilités historiques», a déclaré un manifestant.

A Biskra, comme galvanisés par la composante de la liste électorale et par le discours de la veille du chef de l’état-major de l’armée, lequel a fustigé les hirakistes en les accusant de sournoiserie, des dizaines de personnes, qui avaient déserté le mouvement du vendredi, ont fini par y revenir, a-t-on constaté. «Cette liste de prétendants à la magistrature suprême adoubée par le pouvoir est un pied-de-nez à la volonté populaire», a déclaré un des présents. K. Beniaiche,  A. Djafri, H. Moussaoui

Annaba, Tébessa, Oum El Bouaghi : «Pas d’élection présidentielle avec la bande»

Sous un ciel couvert, les habitants de la wilaya de Annaba ont marché hier pour le 38e vendredi où des femmes et des enfants étaient présents en nombre. La foule a fait le tour du cours de la Révolution, la plus importante place publique de la wilaya, avant de se diriger vers le siège de la wilaya. Outre des slogans hostiles au pouvoir en place, la foule a réclamé la libération des détenus du hirak, notamment le grand moudjahid Bouregaâ : «Libérez nos frères !»

«Libérez Bouregaâ !» Les manifestants n’ont pas omis de rejeter l’élection présidentielle du 12 décembre prochain en brandissant des dizaines de pancartes sur lesquelles on peut lire : «Pas d’élection présidentielle avec la bande», « ça y est, c’est bon le peuple est Président». Le rejet des manifestants a ciblé également la loi sur les hydrocarbures, dont le texte d’avant-projet est actuellement soumis à l’Assemblée populaire nationale (APN) pour approbation.

«Avec la grève des magistrats, le système en place a voulu, vraisemblablement, détourner notre attention pour faire passer le texte de loi sur les hydrocarbures à la première Chambre. Et si les députés procèdent à sa validation, ils seront définitivement considérés comme étant des traîtres de la nation et l’histoire algérienne retiendra leur atteinte à la souveraineté économique nationale», a prévenu un jeune manifestant.

Les mêmes slogans ont été brandis à Tébessa : «Libérez l’Algérie» ou encore «Y en a marre des généraux». Les manifestants ont réitéré les revendications exprimées auparavant, dont le rejet du processus électoral. Certains ont fortement fustigé le discours du chef d’état-major chantant tous ensemble : «Ya El Gaïd manich bandi rani alla bladi nedéfendé !» (Ô Gaïd, je ne suis pas un bandit, je défends simplement mon pays).

Il faut reconnaître que la mobilisation des marcheurs était imposante, comme celle de vendredi dernier pour confirmer leur détermination à aller jusqu’au départ du dernier symbole du régime. Hier, les candidats retenus pour la présidentielle ont été au centre de la thématique des slogans : «Manantakhbouch ala el îssaba !» «On ne vote pour la bande !» ou encore «Benflis, Tebboune dégagez !»

Les adeptes du mouvement à Oum El Bouaghi sont revenus pour crier leur colère contre une nouvelle mascarade électorale. «Makanch intikhabet maâ el îssabate !» Fatah, un fervent du mouvement hirak nous dit qu’il ne comprend pas pourquoi le pouvoir veut aller à des élections alors que la majorité du peuple dit non. D’autres ne voient aucun changement dans le choix des candidats, qui sont tous issus du pouvoir quand Bouteflika était président. M.-F. G., S.Lakehal, L.Baâziz

Skikda, Jijel, Khenchela : «Nous n’abdiquerons pas» 

La marche de Skikda a repris ses couleurs hier après le retour des dizaines de hirakistes qui, vendredi dernier, avaient préféré marcher à Alger en signe de solidarité. «On marchera encore et encore, à Skikda ou ailleurs, et on n’abdiquera pas», dira l’un de ces jeunes qui représentent désormais l’âme du mouvement populaire local.

Originaires des différents quartiers populaires de la ville, ces jeunes, politisés et déterminés n’ont raté aucune marche. «Nous tenons à rendre hommage à notre ami et compagnon Messaoud Leftissi. Notre participation à la marche du 1er novembre à Alger était une façon de lui témoigner notre soutien et notre reconnaissance pour le combat qu’il mène», rajoute un autre jeune hirakiste.

Composé de jeunes étudiants, chômeurs, avocats, enseignants et autres universitaires, ce groupe de choc du hirak skikdi a aussi le mérite de ne reprendre que les slogans à connotation nationale et démocratique. «Nous croyons en une Algérie plurielle et nous n’oublierons jamais que notre frère Messaoud Leftissi a été mis en prison pour avoir porté l’emblème amazigh, ce même emblème que nous avons tous porté fièrement.»

A Jijel aussi, la mobilisation était au rendez-vous. Comme pour le Ramadhan ou encore la canicule de la saison estivale, les pluies qui se sont abattues sur la ville n’ont point dissuadé les milliers de manifestants à battre le pavé pour le 38e vendredi consécutif. Dans des discussions, nous avons senti que la forte mobilisation de ce vendredi a réjoui et même étonné certains qui ont eu peur que la pluie la faiblisse. Les piques à l’adresse du pouvoir et Gaïd Salah toujours présentes avec, notamment, «One, two, three, wel Gaïd Salah dictaturi !» «Hadi doula wella istîmar ?» (Est-ce un Etat ou une colonisation ?).

Les Khenchelis, pour leur part, ont, une nouvelle fois, investi la placette qui se trouve devant la Cinémathèque de la ville pour réaffirmer lors du 38e vendredi de mobilisation consécutif depuis février, le rejet du pouvoir en place. Tout en dénonçant un pouvoir corrompu et autoritaire qui veut imposer une présidentielle avant la fin de l’année sans la volonté du peuple, ils ont scandé :  «Pas d’élection avec la bande !» «Etat civil et non militaire !» et «Had el hirak wajib watani !» (Ce hirak est un devoir national). K. Ouhab, Fodil S., M. Taïbi


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