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L’incident de la Cour d’Alger continue de susciter des réactions : Echanges houleux entre juges et avocats

01 octobre 2020 à 11 h 04 min

L’incident qui s’est produit jeudi dernier, à la cour d’Alger, et la décision des avocats de boycotter les juridictions et d’entamer deux jours de grève ont provoqué des réactions par communiqués interposés entre les représentants des robes noires et les juges.

Après le président du Syndicat national des magistrats (SNM), Isaâd Mabrouk, qui a apporté des précisions sur l’altercation entre le bâtonnier d’Alger, Me Abdelmadjid Sellini, et le président de la chambre pénale près la cour d’Alger, c’est au tour de la section locale d’Alger de ce syndicat de détailler les faits et de dénoncer, dans un communiqué rendu public mardi, le comportement jugé «inapproprié» du bâtonnier.

«Le bâtonnier d’Alger, Abdelmadjid Sellini, a demandé le report des plaidoiries dans l’affaire Sovac ­– elles étaient presque finies – pour le samedi 26 septembre prétextant la fatigue. La demande a été rejetée par la chambre, chose que le concerné n’a pas acceptée, et il a voulu imposé sa logique en commettant plusieurs actes, consignés par le greffier», précise l’Ordre, reprochant au bâtonnier éconduit plusieurs faits : «atteinte à l’ordre public» par son comportement jugé «anarchique» et «non-respect de l’obligation de respect» dû au juge.

Pour la section du SNM, des dispositions pénales sont susceptibles d’être activées à l’encontre de Me Sellini (articles 144 et 147 du code pénal).

Tout en apportant son soutien au président de la première chambre pénale, la section du SNM précise que ces comportements «portent atteinte à l’image des juges et des avocats» et «battent en brèche les discours et les slogans sur l’indépendance de la justice, qui est la bataille de tous».

Elle réclame de l’Etat une protection des juges et être «sévère» face aux actes dont sont «victimes périodiquement les juges».

«Falsification des faits»

L’Ordre des avocats d’Alger n’a pas tardé à réagir. Dans son communiqué rendu public le même jour (mardi), il relève que le communiqué du SNM contient des propos «inexacts» et des «contrevérités» qui «falsifient les faits».

«Les communiqués du Syndicat des magistrats et de sa section d’Alger comportent un grand nombre de contrevérités visant à présenter le collectif de défense comme défendant des intérêts catégoriels», souligne le communiqué.

L’Ordre des avocats d’Alger considère que les robes noires «étaient à l’avant-garde dans l’accompagnement du hirak, en exigeant l’instauration d’un Etat de droit et en se tenant aux côtés des humiliés sans exclusion, contrairement à ce que rapporte le Syndicat des magistrats qui affirme que son rôle est catégoriel.

Preuve de cela, le boycott de la mise en place d’une commission de défense des personnes injustement poursuivies, à travers les juridictions, et le boycott de la cinquième chambre pénale près la cour d’Alger depuis le 7 septembre après que son président ait enfreint les principes du procès équitable dans l’affaire du justiciable Tabbou Karim».

L’Ordre des avocats d’Alger dénonce «les menaces implicites de poursuites pénales» à l’encontre du bâtonnier.

«Ce qui a été rapporté dans le communiqué de la section syndicale d’Alger, évoquant de supposés témoignages, comporte des menaces implicites de poursuites à l’encontre du représentant du collectif de défense (…).

L’Ordre se réserve le droit de déposer plainte pour falsification de documents officiels en cas de témoignages consignés en dehors de l’audience et en l’absence de la défense», précise le communiqué du bâtonnat d’Alger.

Pour dénoncer les «atteintes» aux droits de la défense, les avocats ont décidé de durcir leur mouvement, par l’organisation de deux jours de grève, hier et aujourd’hui, à l’appel de l’Union nationale des Ordres des avocats (UNOA), qui regroupe les barreaux du pays.

De son côté, l’Ordre des avocats d’Alger a décidé de boycotter l’activité judiciaire à la cour d’Alger et dans tous les tribunaux qui lui sont rattachés, depuis dimanche dernier, et ce, jusqu’au 4 octobre prochain.

Cette décision est intervenue suite à l’incident survenu jeudi, lors du procès en appel du patron de Sovac, Mourad Oulmi, poursuivi pour «blanchiment d’argent» dans un scandale de montage automobile. 

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