Dominique Manotti. historienne, romancière et spécialiste de la Révolution industrielle : «Du côté français ça n’a aucun sens de parler de réconciliation des mémoires alors que le travail de mémoire n’est pas fait» | El Watan
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dimanche, 28 novembre, 2021
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ENTRETIEN

Dominique Manotti. historienne, romancière et spécialiste de la Révolution industrielle : «Du côté français ça n’a aucun sens de parler de réconciliation des mémoires alors que le travail de mémoire n’est pas fait»

17 octobre 2021 à 11 h 30 min

Historienne de formation, spécialiste de la révolution industrielle, syndicaliste, Dominique Manotti est l’auteure de plusieurs polars dont Marseille 73 , son 13e roman qui s’intéresse aux crimes racistes qui ont coûté la vie à des centaines d’Algériens dans une France qui avait du mal à faire son deuil de «l’Algérie française». Militante engagée dès sa première année à la Faculté des lettres de l’université Paris-Sorbonne, c’est par la question algérienne que Marie Noëlle Thibault, de son véritable nom, en est venue à l’engagement politique. Plume reconnue, elle explore des épisodes noirs de l’histoire de la société française pour en faire des romans. Histoire qu’elle met en scène sans concessions et sans complaisance. En véritable archéologue des enquêtes cold cases, Dominique Manotti enchante les amateurs du roman noir avec la garantie d’une mise en lumière documentée, riche et passionnante.  Pour El Watan, la romancière a accepté de revenir sur cette période marquante de sa vie, la Guerre d’Algérie. Elle nous livre son témoignage sur le 17 Octobre 1961, nous parle de l’effervescence révolutionnaire de l’époque. S’explique sur ce qu’elle ne cesse de pointer, «le déni français» qui, pour elle, est le point nodal du refus de la France officielle d’un véritable travail de mémoire sur ce passé colonial qui ne cesse de hanter la République.   

-Quel est votre rapport à l’Algérie ?

 Je connais très mal la société algérienne, ou pas du tout. Je connais beaucoup mieux la situation des travailleurs algériens en France, première, deuxième et troisième générations. Ma première manifestation était celle du 27 octobre 1960, appelée par l’UNEF et la CFTC-Paris. Interdite, elle s’est terminée en un grand meeting qui a réuni beaucoup de monde à la Mutualité. C’était sur la question de l’indépendance de l’Algérie, alors qu’à l’époque il n’y avait pas beaucoup d’organisations qui soutenaient la question de l’indépendance. 

La faculté de Paris était très engagée sur ces questions-là. L’UNEF a été la première organisation de masse, à travers sa reconnaissance de l’UGEMA, à prendre une position sur l’indépendance. Cela a été pour moi le début de ma vision du monde. Je suis arrivée en fac à 17 ans, je n’avais jamais lu ce qui se faisait de clandestin. Au début, c’était un engagement simplement moral sous le slogan «Pas en mon nom». Je ne veux pas que ça soit fait en mon nom. Je ne faisais pas partie des porteurs de valises, mais je mettais des tracts dans les enveloppes sur ce problème-là. Je n’ai pas connu physiquement les porteurs de valises, mais à la Sorbonne il y avait beaucoup de monde. L’université était marquée par une bagarre ouverte, sur l’Algérie, entre l’Union des étudiants communistes (UEC) qui, eux, étaient clairement pour l’indépendance, tandis que le Parti Communiste (PC) militait pour la paix. J’ai adhéré à l’UEC au lendemain du 17 Octobre 1961.


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