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Dialogue national pour une sortie de crise : Le poids des clivages et des divergences idéologiques

08 juillet 2019 à 10 h 15 min

La mécanique du dialogue entre les forces agissantes de la société se met en place. Alors que le pouvoir ne cède pas sur l’essentiel, les forces politiques, les syndicats, les organisations de défense des droits humains et le mouvement associatif dans toute sa diversité bougent pour mettre du mouvement dans le statu quo actuel.

Cette mécanique ne s’est pas grippée par le légitime doute et les soupçons soulevés par l’initiative du Forum du dialogue. La déclaration finale des participants à cette conférence, qui a fait l’objet de critiques et de débats parfois houleux sur les réseaux sociaux, n’a pas été une caution à la démarche du pouvoir en place.

Appréciée, certes différemment, selon le bord politique auquel on appartient, cette déclaration représente, à sa juste valeur, la vision de ceux qui ont pris part à cette conférence, considérée par son coordinateur, Abdelaziz Rahabi, comme une assise pour le lancement d’un dialogue plus global. S’il note une «évolution technique» du pouvoir, ressentie dans le dernier discours du chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, le Forum du dialogue national estime que rien n’est fait sur le terrain politique qui permettrait d’avancer dans le règlement de la crise.

Par exemple, le pouvoir doit, selon la vision des participants à ce Forum, prendre des mesures d’apaisement, dont la libération des détenus, la cessation de toutes les pressions et les atteintes au libre exercice politique et aux libertés, notamment d’opinion et d’expression. Mais pas seulement, puisque dans sa déclaration finale, le Forum refuse toute entreprise de recyclage des «vestiges» du régime Bouteflika dans le processus de construction d’une Algérie nouvelle. Il ne veut, de ce fait, pas la participation à la résolution de la crise des partis ayant soutenu les 4e et 5e mandats.

Un point qui semble être partagé par l’ensemble des forces qui réclament un changement radical du système politique. Mais, il est clair que les forces en présence ne sont pas toutes d’accord sur la voie à suivre pour sortir de la crise systémique et mettre le pays sur le chemin de la démocratie. Des divergences de vue qui sont tout à fait normales dans une société plurielle, traversée par divers courants politiques et idéologiques.

C’est, pour de nombreux observateurs, pour cette raison qu’il est impératif qu’il y ait dialogue entre les différentes forces qui veulent le changement du système politique afin de tenter de rapprocher les points de vue en capitalisant les éléments de convergence. Tout l’enjeu est dans les capacités et les aptitudes des uns et des autres à pouvoir trouver un «compromis» qui permettrait d’élaborer une feuille de route commune pour faire sortir le pays de la crise.

Le coordinateur du Forum du dialogue national, qui envisage de reprendre ses contacts et ses rencontres avec les autres forces, dynamiques et alternatives politiques, estime que rien n’est insurmontable, quand l’objectif commun est bien connu.

Aujourd’hui, il y a trois blocs clairement identifiés qui, chacun de son côté, disposent d’une feuille de route et d’une vision qui ne sont certes pas identiques, mais aussi pas totalement contradictoires. Il s’agit de la Conférence de la société civile, composée de trois dynamiques, de l’Alternative démocratique, composée de sept partis, et du Forum du dialogue national, qui regroupe 10 partis et 50 organisations et associations.

Le plus grand point de divergence reste la Constituante, défendue ardemment par trois partis, à savoir le PT, le FFS et le PST. Aujourd’hui, le défi de ces forces en présence est, pour les observateurs les plus avisés, de trouver comment dépasser tous les clivages et les factures idéologiques afin de baliser le terrain à la construction de cette Algérie de demain, dont rêvent les millions d’Algériens qui manifestent depuis le 22 février.

La compromission avec le pouvoir en place n’étant plus possible en raison de la poursuite du mouvement populaire, devenu la boussole de la classe politique, il devient ainsi plus que nécessaire que les différents courants, pôles et entités politiques de l’opposition puissent s’entendre sur la démarche de sortie de crise qui sera à la hauteur des attentes et des aspirations de la rue, qui ne cesse de clamer l’instauration d’un système véritablement démocratique, garantissant les libertés et les droits de tout un chacun. Le défi est grand, surtout lorsque l’on connaît le poids des clivages et des divergences idéologiques.


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