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Devant l’intransigeance du pouvoir : L’idée d’une grève générale fait son chemin

08 septembre 2019 à 10 h 26 min

Le débat entre hirakistes sur la suite à réserver au mouvement populaire s’oriente progressivement vers l’option d’une grève générale à partir de la mi-septembre.

Hasard du calendrier ? Peut-être pas, cette date pourrait être celle de la convocation du corps électoral, comme l’a suggéré le chef d’état-major de l’armée, Ahmed Gaïd Salah.

Plus de six mois après le lancement du mouvement populaire du 22 Février, la rue maintient sa mobilisation et refuse de se détourner des revendications fondamentales. «La feuille de route du peuple ne fera pas l’objet de marchandage.

Nous brandissons, six mois après le début de la résistance, les mêmes revendications : non à une élection organisée par les responsables de la crise, oui à une période de transition conduite par des personnalités intègres et consensuelles», ont rappelé plusieurs hirakistes lors des forums qui ont bouclé le 29e acte de la contestation à Constantine.

Le feu sacré de cette dynamique ne s’est pas consumé au fil des mois, mais des signes d’impatience sont perceptibles. «Durant l’été, nous avons pensé que la solution viendrait avec la rentrée sociale, mais rien ne se profile à l’horizon… Pis, on parle de convocation du corps électoral et les partis de l’allégeance sont déjà en campagne», fait remarquer un jeune.

L’annonce faite lundi dernier, par le chef d’état-major, concernant la convocation du corps électoral pour le 15 septembre a entériné l’intention de ce pouvoir de ne pas se plier à la volonté populaire.

Cette sacro-sainte solution constitutionnelle que le système veut imposer à travers une élection présidentielle est, de l’avis de tous, experts et profanes, obsolète et anachronique. « La Constitution est utilisée pour ignorer les revendications du peuple et empêcher toute transition démocratique vers un changement de régime. Jusqu’à présent, le système n’a fait montre d’aucune inclination en faveur d’un changement», estime Soulef Guessoum, experte, spécialisée dans les assemblées élues et la participation politique inclusive.

L’exemple soudanais

Certains ne cachent pas leur intention d’aller plus loin dans la protestation. «La désobéissance civile arrive», ne cessait-on de scander lors des manifestations de vendredi dernier. Des mises en garde contre ses conséquences ont été émises. «Ce serait donner l’occasion rêvée à la ligne dure du régime de prétendre défendre les citoyens contre les agitateurs», analyse le professeur Lhouari Addi. «Nous avons passé le cap du hirak, c’est une révolution qui débute et les moyens de lutte doivent s’y adapter», peut-on saisir dans beaucoup de posts sur les réseaux sociaux.

Mais il n’y a pas que les internautes qui veulent en découdre avec cette situation de blocage devenue pesante. L’option de la grève générale se précise. Des banderoles en ce sens ont fait leur apparition dans la dernière marche hebdomadaire. «Recourir à une grève de trois jours à partir du 15 septembre est l’ultime moyen pour faire flancher ce régime.

Une paralysie de tous les secteurs et de la Fonction publique ferait pencher la balance à notre avantage», propose un irréductible du hirak lors du forum du vendredi. Il cite, pour étayer ses propos, l’exemple du mouvement soudanais qui a fini par arracher le pouvoir aux militaires : «Le cas de l’Algérie ne ressemble plus à celui du printemps tunisien ou égyptien. Il est proche de celui du Soudan, donc occupons la rue quotidiennement pour espérer un changement.»


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