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Ils réclament leur réintégration et le paiement de leurs quatre mois de salaire

Des travailleurs d’Echorouk menacent de reprendre leur grève de la faim

22 janvier 2019 à 11 h 00 min

Des journalistes du quotidien Echorouk comptent reprendre la contestation après une première grève de la faim pour dénoncer leur «licenciement abusif» et la «privation» de leurs droits prévus par la loi.

Employés du quotidien, les cinq grévistes (quatre journalistes et un photographe) ont décidé de surseoir à leur action après l’intervention d’un journaliste, qui voulait jouer les «bons offices» auprès de la direction. Les choses ne s’étaient toutefois pas arrangées pour les travailleurs, qui ont décidé d’alerter les autorités. «Nous avons arrêté notre grève de la faim depuis quelques jours.

Mais, entre-temps nous avons adressé une demande au ministère du Travail afin d’ouvrir une enquête sur la gestion du quotidien. Un autre courrier a été envoyé au ministre de la Communication pour dénoncer l’intention de la direction de clochardiser ses travailleurs en les privant de leurs salaires depuis quatre mois», s’offusque un des protestataires, qui a requis l’anonymat. La situation s’est dégradée au sein de la rédaction arabophone ces derniers mois.

Début novembre 2018, un rassemblement est tenu par des journalistes devant le siège du quotidien à la maison de la presse Abdelkader Safir de Kouba (Alger), avec présentation d’une plateforme de revendications.

Après ce mouvement, des sanctions ont été prises à l’encontre de 5 des 40 signataires de la pétition. «Le lendemain, le directeur général adjoint et frère du PDG, Ali Fodil, s’est présenté à la rédaction, et au lieu de chercher l’apaisement, il a tenu un langage menaçant envers les employés leur disant que ‘‘Eddoula marak3atnch’’ (l’Etat ne nous a pas mis à genoux).

La direction a décidé de sanctionner 5 journalistes, avant que leur soit bizarrement notifié une décision de ‘‘promotion et de transfert’’ comme chefs de bureau (Oran, Batna, Tiaret, Sétif). Le photographe, lui, s’est vu retirer son matériel et a été mis à l’écart», signale un des journalistes concerné par la «décision d’éloignement de la centrale».

«Sanctions déguisées»

Les journalistes ont décidé de contester les décisions «arbitraires» qui s’apparentent, selon eux, à «des sanctions déguisée». «La décision, prise le 27 novembre, nous a été adressée le 4 décembre, avec exécution immédiate le 7 décembre. Nous avons contesté notre ‘‘promotion’’ vu que la direction nous a envoyés dans des wilayas sans mettre à notre disposition, comme il est explicitement écrit dans les décisions, les moyens qui nous auraient permis d’accomplir convenablement notre mission : ni location ni même un bureau et encore moins le matériel nécessaire avec les frais nécessaires au fonctionnement de ces bureaux», s’offusque le journaliste…

En lieu et place d’une prise en charge adéquate de ses nouveaux responsables de bureaux fictifs, la direction leur a adressé des mises en demeure pour «abandon de poste».­
Un préavis de grève de la faim a alors été déposé pour exiger la réintégration des «journalistes promus».

Après l’échec des bons offices de Riadh Boukhedcha, initiateur d’un nouveau syndicat en projet, une lettre a été adressée, le 13 janvier, à la Présidence, pour réclamer la prise en charge des préoccupations des travailleurs licenciés et obliger la direction du quotidien à appliquer la réglementation en vigueur régissant les relations de travail. «Avant d’entamer notre grève, nous nous sommes d’abord adressés à l’Inspection du travail.

Mais Echorouk ne s’est pas présenté à la première réunion du 15 janvier. Un autre rendez-vous est programmé le 29 janvier», relève un des grévistes.

Il nous a été impossible d’avoir la version des responsables d’Echorouk.

 

 

 

Echorouk, dépôt de bilan ?

Le groupe Echorouk connaît des difficultés financières. Ses gérants, propriétaires de plusieurs filiales (quotidien, revue, Echorouk TV, Echorouk News et Echorouk Benna) chercheraient à déposer leur bilan. «La direction du groupe a adressé un courrier à l’Inspection du travail pour pouvoir licencier du personnel pour motif économique»,  nous apprend une source à l’intérieur du groupe, ayant requis l’anonymat. La société aurait reçu un niet de l’organisme.

«L’Inspection du travail a constaté après investigation que la société lui a remis de faux rapports. Les inspecteurs ont remarqué, par exemple, qu’elle emploie près de 700 travailleurs, dont 250 étaient payés régulièrement. Donc, à leurs yeux, rien ne justifierait un plan social, qui permettra aux propriétaires de se dérober à leurs obligations légales envers les travailleurs», tranche notre source. Le groupe arabophone croule sous les dettes impayées de plusieurs centaines de milliards de centimes. «La société a des créances énormes. Les imprimeries publiques, les Impôts, des producteurs réclament leurs dus depuis plusieurs mois.

La CNAS à elle seule veut récupérer au moins 35 milliards», détaille l’employé. Selon des sources, le PDG du groupe, Ali Fodil, aurait trouvé un accord avec Imad Henouda, propriétaire de Wellcom advertising et producteur de plusieurs séries, telles que El Khawa 1 et 2, pour lancer une chaîne de télévision, appelée Echorouk +, à partir de la chaîne Benna TV – le lancement s’est fait en grande pompe il y a quelques jours. Selon des échos, Henouda prendrait 70% de parts de la nouvelle filiale et le PDG, Ali Fodil, n’en détiendrait que 30%.

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