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Démocratie, primauté du civil sur le militaire et unité maghrébine

Des principes de la Soummam occultés après l’indépendance

20 août 2018 à 4 h 50 min

Indépendance», «condamnation du culte de la personnalité», «démocratie», «primauté du civil sur le militaire» et «Fédération nord-africaine»…, ce sont les quelques principes importants énoncés dans la Plateforme de la Soummam, adoptée par les chefs de la Révolution lors du Congrès d’Ifri Ouzellaguène, le 20 août 1956.

A travers ce document, les leaders de la Révolution algérienne ont esquissé la base sur laquelle devait être fondé l’Etat algérien indépendant. Soixante-deux ans après cet événement, l’Algérie indépendante a-t-elle réalisé ces objectifs ? Ces principes sont-ils au cœur de l’action politique dans le pays ? Le constat fait aujourd’hui par l’ensemble des acteurs est plutôt pessimiste.

Ayant fait l’objet de rejet par plusieurs dirigeants de l’extérieur à l’époque, dont l’ancien président, Ahmed Ben Bella, la Plateforme de la Soummam est restée lettre morte.
Elle a même été enterrée dès 1957, à l’occasion de la réunion du Caire, en Egypte. Seule l’indépendance, qui était le but principal du déclenchement de la guerre de Libération nationale, s’est réalisée effectivement en 1962. Le reste des objectifs est renvoyé aux calendes grecques. A commencer par la condamnation du culte de la personnalité.

En effet, au moment où tous les acteurs saluaient «l’héroïsme de tout un peuple», l’Algérie indépendante est vite tombée dans le culte de la personnalité. Un sérieux handicap qui dure depuis 1962. L’Algérie en souffre jusqu’à aujourd’hui. En 2018, le culte de la personnalité est encore plus présent dans les jeux de pouvoir. La démocratie et l’alternance au pouvoir sont ainsi ajournées.

Le système instauré à l’indépendance n’avait pas fait de la démocratie son objectif principal. Ahmed Ben Bella, le premier président, était même opposé à ce principe énoncé dans la
Plateforme de la Soummam à laquelle il s’est opposé dès 1956.

Dans l’une de ses déclarations médiatiques, il avait qualifié «la démocratie d’étrangère aux objectifs de la Révolution». Pour lui, «le Congrès de la Soummam, célébré à grand bruit, a, en vérité, fait dévier la Révolution des objectifs tracés le 1er Novembre 1954». A ses yeux, «la Révolution qui était d’essence arabe» a été déviée de sa trajectoire «avec l’introduction de nouveau principes, dont la démocratie».

Acharnement contre le congrès

Cela explique son acharnement, au lendemain de l’indépendance, contre les dirigeants qui étaient au premier plan durant toute la Révolution. Ces derniers sont emprisonnés, déportés ou exilés. Ainsi, depuis l’indépendance, la démocratie n’est qu’un vain mot dans la bouche des dirigeants qui se sont succédé à la tête du pouvoir. Comme les premiers principes, la «primauté du civil sur le militaire» a été effacée aussi.

Le rôle des militaires en politique s’est accentué après l’indépendance. Conséquence du rejet des résolutions du Congrès de la Soummam, le rôle de l’armée dans les joutes électorales continue de susciter la polémique. Héritage de longues années de pratique où l’arbitrage final dans la désignation des «candidats de consensus» est fait par les généraux ; la classe politique nationale est divisée, cette fois-ci encore, sur la question de l’intervention de l’institution militaire pour participer à la résolution de la crise actuelle. L’autre objectif de la Soummam qui attend sa réalisation est celui de la «Fédération nord-africaine». «L’Algérie libre et indépendante, brisant le colonialisme racial fondé sur l’arbitraire colonial, développera sur des bases nouvelles l’unité et la fraternité de la nation algérienne dont la renaissance fera rayonner sa resplendissante originalité (…).

L’Afrique du Nord est un tout par : la géographie, l’histoire, la langue, la civilisation, le devenir. Cette solidarité doit donc se traduire naturellement dans la création d’une Fédération des trois Etats nord-africains», avaient précisé les signataires de ladite Plateforme.

Cette unité voulue n’est malheureusement présente que dans les discours des responsables. Malgré le rapprochement des peuples, les pouvoirs, notamment en Algérie et au Maroc, se rejettent mutuellement, compromettant ainsi toute réalisation de l’Union maghrébine.



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