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DÉTOURNEMENT DU FONDS DE SOLIDARITÉ

Des peines de 12 et 10 ans de prison ferme requises contre Ould Abbès et Barkat

14 septembre 2020 à 11 h 32 min

Aussi bien le procureur que le représentant du ministère de la Solidarité ont fait état de montants ahurissants distribués à des épouses d’ambassadeurs, des journalistes, des joueurs de foot, des associations qui n’ont d’association que le nom et à des enfants de cadres du département que dirigeaient les deux anciens ministres, Djamel Ould Abbès et son successeur, Saïd Barkat, entre 2001 et 2016.

D’abord, le représentant du ministère de la Solidarité, qui plante le décor en parlant d’une somme globale de 1857 milliards de centimes, soit 18,57 milliards de dinars, destinée aux personnes vulnérables et faibles, dans le besoin, et partie malheureusement dans les poches des plus riches.

Il détaille en disant : «Sur les 1200 PC, destinés aux lauréats du bac session 2008, acquis pour un montant de 860 millions de dinars, 226 seulement ont été remis à l’Office du bac, une partie a été distribuée à des épouses d’ambassadeurs, des journalistes, des fils de cadres du ministère de la Solidarité, quant au reste, aucune traçabilité n’a été possible», déclare le représentant du ministère de la Solidarité.

Il s’attarde sur les associations bénéficiaires des aides du Fonds de solidarité, en les présentant comme des organisations qui n’activent pas sur le terrain ou ne sont pas du tout connues. Il évoque la somme de 12 milliards de dinars dilapidée par l’Association de solidarité, de paix et de perspectives (présidée par Ould Abbès) pour motif d’organiser un plan bleu et des colonies de vacances destinés aux enfants du Sud, mais qui a profité à d’autres personnes, dont des enfants de cadres du ministère, sachant que la loi de ces associations ne confère aucune mission d’organiser ce type d’opérations.

Le représentant de la partie civile a fait état de 9 bus remis à la wilaya de Ghardaïa après les inondations, sur un total de 157 autres acquis, indiquant que même les confréries (zaouïas) en avaient bénéficié. Il cite certaines associations comme «Pamusk, destinataire de la somme de 2 milliards de dinars, l’UMA (présidée par Djamel Ould Abbès), qui a bénéficié de 320 millions de dinars, Paix et solidarité a eu 3,2 milliards de dinars, l’Unea, association estudiantine a empoché, tenez-vous bien ! 12,73 milliards de dinars.

Le ministère a dépensé 18,57 milliards de dinars, affectés à des associations sur une simple demande, pour éviter la procédure des marchés publics et la traçabilité», déclare l’intervenant en demandant la préservation des droits du département qu’il représente. D’un ton coléreux, le réquisitoire du procureur a laissé l’assistance perplexe et mis les prévenus au box dans la gêne.

D’emblée, il annonce la couleur : «Nous sommes devant une corruption d’un niveau très spécial, parce qu’elle consiste en la dilapidation des fonds destinés à des pauvres, des handicapés, des personnes qui parfois n’ont même pas de quoi nourrir leurs enfants et qui ont servi à la construction de châteaux, à l’acquisition de voitures de luxe et à l’achat de billets pour des destinations de rêve.

Ils ont bien appliqué l’adage qui dit : ‘‘Offrez-vous des cadeaux et aimez-vous.’’ Les responsables sont des ministres dont la mission est de protéger l’argent public. 1200 computeurs destinés aux enfants du sud du pays ont été offerts à des épouses d’ambassadeurs, des journalistes, des joueurs de foot, alors que des sommes colossales ont été versées sur des comptes sans aucune justification. Une seule association a restitué les 2 millions de dinars qu’elle a trouvé sur son compte, parce qu’elle ne savait pas quelle était la contrepartie.

Le ministère a débloqué un budget de 159 bus pour les communes de Ghardaïa, ayant été sinistrées lors des inondations, mais seulement 9 sont arrivés à destination, l’opération d’acquisition s’est faite sans aucune étude.» Le représentant du ministère public poursuit son réquisitoire en citant Saïd Barkat, le successeur de Djamel Ould Abbès, à la tête du ministère de la Solidarité : «Il avait reçu de l’Etat un budget de 400 millions de dinars pour l’acquisition d’ambulances, une envoyée à Ghardaïa et l’autre remise à SOS Birkhadem, à Alger. Comment peut-on tolérer de tels actes, lorsque l’on sait que des citoyens meurent sur la route, parce qu’ils ne trouvent pas d’ambulance pour les transporter à l’hôpital. Des sommes colossales sont affectées au ministère de la Solidarité pour l’achat de billets d’avion à nos enfants du sud du pays qui étudient au Nord, mais qui en a profité ?

Ce sont les enfants des cadres de ce ministère au moment où certains de ses agents touchent un salaire de 9000 DA et n’ont jamais bénéficié d’une quelconque aide.» Le procureur cite au passage Wafi Ould Abbès, le fils de Djamel Ould Abbès, qui «recevait, dans une villa, les représentants des associations et des personnes auxquelles l’argent était versé, et prenait sa part en contrepartie», puis évoque de nombreuses associations ayant bénéficié de cet argent «mal acquis».

Autant de graves dérives ont poussé le procureur à requérir de lourdes peines. Ainsi, une peine de 12 ans de prison ferme, un million de dinars d’amende et la confiscation de tous les biens a été requise contre Djamel Ould Abbès, une autre de 10 ans de prison ferme assortie de la même amende et la confiscation des biens a été réclamée contre Saïd Barkat.

Le parquet a également requis une peine de 8 ans de prison ferme et un million d’amende contre Kheladi Bouchenak, secrétaire général du ministère de la Solidarité, Djellouli Saadi, directeur du protocole, Ismail Benhabyles et Amer Sid Ahmed, des fonctionnaires au ministère, avec confiscation de tous leurs fonds illégaux. Une autre de 10 ans de prison ferme et un million de dinars d’amende contre Hamza Cherif, ancien directeur des études au ministère et président de l’Unea, et contre Wafi Ould Abbès, pour lequel un mandat d’arrêt international a été réclamé pour avoir exploité les fonds de la solidarité.

Le procureur a requis des peines allant de 2 à 3 ans de prison ferme assorties d’une amende allant de 500 000 à 1 million de dinars contre d’autres prévenus, contre les secrétaires généraux et des comptables de l’Unea, de l’Uma ainsi que des agents de sécurité du ministère de la Solidarité. Le procès se poursuit avec les plaidoiries de la défense.



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