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Des ministres et leurs proches parmi les bénéficiaires : Quand les logements FNPOS profitent aux enfants de la nomenklatura

09 septembre 2019 à 10 h 10 min

Un scandale qui lève le voile sur les réseaux d’influence et de corruption qui gravitent autour du Fonds national de péréquation des œuvres sociale (FNPOS). L’argent de ce fonds ne profite pas aux salariés qui l’alimentent par leurs cotisations depuis 1983 ; il fait plutôt le bonheur des enfants de la nomenklatura et de certains «pachas» syndicaux de l’UGTA.

Selon des documents en notre prossession, pas moins de 500 des 3000 logements réalisés par le FNPOS dans la capitale «ont été distribués aux amis ou aux proches des amis». Alors que la liste des postulants a été clôturée, saisie sur micro en 2006, des dizaines d’appartements ont été octroyés à de jeunes célibataires et à des personnes qui ont déposé leurs dossiers en 2016 et 2015, précisent nos sources, avec des documents à l’appui.

Des logements promotionnels au dinar symbolique

Même l’actuel ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale a eu sa part du gâteau. Promu par Bouteflika ou (Saïd) avant son éviction, Tidjani Hassan Haddam ne remerciera jamais assez le FNPOS pour les trois logements F3 acquis en 2016 à Aïn Naâdja pour 350 millions de centimes dans  le cadre promotionnel. Un des appartements en question a été acquis en son nom propre, tandis que les deux autres ont été achetés au nom de deux membres de sa famille, indiquent nos sources, qui «assimilent ces ventes à des dons».

L’affaire remonte à l’an 2000, quand le Fnpos a décidé de se lancer dans le logement promotionnel. Néanmoins, au lieu de mettre les moyens et d’investir dans cette formule, les responsables de l’organisme ont préféré faire dans la revente à bas prix pour gratifier la clientèle du système. «A l’époque, on avait acheté 250 logements auprès de l’OPGI à Aïn Benian, Aïn Naâdja, Saïd Hamdine, Hammamet et Dar El Beïda. Après plus de 15 ans de gardiennage et d’entretien qui nous ont coûté des milliards, le conseil d’administration a décidé de revendre 191 unités dans le cadre promotionnel, mais tout a été fait en catimini et sans respecter la réglementation. Le F3 a été cédé à 350 millions de centimes et le F4 à 450 millions, alors que leur valeur vénale dépasse le milliard de centimes. Il y a des gens qui ont payé juste le premier apport (5 millions). Ils n’ont rien ajouté à ce jour», s’offusque notre source.

En plus des Haddam, la liste des bénéficiaires compte également les noms de l’ex-ministre Mourad Zemali, de l’actuel secrétaire général de l’UGTA Salim Labatcha, ainsi que des proches de membres du conseil d’administration du FNPOS, dont le mandat est pourtant exercé à titre bénévole. L’article 14 du décret n°96-75 du 3 février 1996 stipule que «le Fonds ne peut en aucun cas et sous quelque forme que ce soit leur allouer une rémunération ou des avantages en nature». Le favoritisme est devenu aussi la règle de distribution des Logements participatifs aidés (LSP) construits à travers le pays.

Comme mentionné précédemment, dans la capitale, au moins 500 appartements ont été octroyés «sous la table», en transgression de la loi. «La distribution s’est faite dans l’opacité totale. La liste des demandeurs a été arrêtée en 2006 à 100 000 dossiers. Pour espérer obtenir un appartement, il faut avoir cotisé durant 15 ans minimum. Et on avait élaboré un système de notation prenant en considération beaucoup de critères, notamment l’ancienneté du salarié et sa situation sociale. Mais à la fin, ce sont les relations qui priment ! Certains bénéficiaires n’ont jamais cotisé, tandis que d’autres vivent à l’étranger et ont revendu leurs appartements peu après l’obtention des clefs. Les désistements sont remplacés par téléphone, pas de la liste additive. Les pistonnés ont le privilège de choisir même l’étage et le bloc alors que les gens du petit peuple passent par le tirage au sort», dénonce notre source, preuves à l’appui.

La justice peine à agir

En mai 2018, lors d’une cérémonie de remise des clefs de 294 appartements à Saoula, l’ex-ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Mourad Zemali, avait relevé avec étonnement que de nombreux bénéficiaires étaient des jeunes filles. Intrigué quant aux critères de choix des attributaires, il a ouvert une enquête. Malgré l’ampleur du trafic et la gestion mafieuse du FNPOS, les conclusions des enquêteurs n’ont donné lieu à aucune poursuite judiciaire. Mais cela ne semble étonner personne, surtout quand on sait que plusieurs plaintes avaient également été déposées par le passé par la Laddh sur des faits de corruption concernant la passation de marchés publics par le Fnpos sans qu’aucune autorité ne réagisse.

Il y a quelques mois, un journal électronique rapportait les conclusions d’un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) sur la gestion du FNPOS, faisant état «de nombreuses irrégularités, dépassements et malversations, plus particulièrement en ce qui concerne la passation des marchés, la gestion des moyens humains et matériels et l’attribution de logements». Bien d’autres rapports ont été remis à la Présidence, mais des responsables hauts placés seraient intervenus pour protéger leurs amis du FNPOS afin de continuer à profiter de leurs largesses. La justice va-t-elle enfin bouger et sévir contre la bande qui s’est sucrée grâce aux cotisations des salariés ? On le saura dans les jours à venir. 


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