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dimanche, 05 juillet, 2020
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Des députés bloquent l’accès à Bouhadja : APN , l’enlisement

17 octobre 2018 à 1 h 20 min

La crise de l’Assemblée nationale populaire (APN) a pris une tournure grave. Après trois semaines de «grève», les députés frondeurs passent à une nouvelle étape pour contraindre le président de la Chambre basse du Parlement, Saïd Bouhadja, à quitter son poste. Ils ont, à cet effet, décidé de cadenasser le portail principal de l’APN. Les frondeurs ont aussi empêché des fonctionnaires travaillant directement avec Saïd Bouhadja au 5e étage de l’APN d’accéder à leurs bureaux. Un précédent grave.

Tout a commencé lundi soir, à l’occasion d’une réunion du bureau politique du FLN, qui a décidé de retirer la couverture politique à Saïd Bouhadja. Un appel a été lancé, dans la foulée, à un rassemblement devant le siège de la Chambre pour empêcher son président d’accéder à son bureau.

Et les frondeurs s’exécutent. Environ une centaine de députés, représentant les groupes parlementaires de la majorité (FLN-RND-TAJ-MPA) se sont rassemblés, hier dès 8h, à l’entrée principale de l’hémicycle. Après avoir placé une chaîne métallique et un cadenas sur la porte d’accès réservé au président de l’APN, les meneurs de l’action ont prié les fonctionnaires de quitter leurs postes. «Les députés du FLN, Si Affif et Djamel Bouras, sont montés au 5e étage pour demander à tous les fonctionnaires travaillant directement avec Saïd Bouhadja de quitter les lieux», nous déclare une fonctionnaire de l’Assemblée, rencontré sur les lieux. Ce n’est que le début de cette action «étrange» et «illégale» qui a duré toute la matinée.

Les frondeurs chambrés

Regroupés dans le hall de l’APN, les frondeurs n’ont pas échappé aux critiques de certains citoyens de passage devant l’Assemblée. Ils ont été chambrés et hués. «Bouhadja est intègre, c’est à vous de quitter les lieux», lance une dame, qui s’est présentée en tant qu’ophtalmologue. Cette dernière a eu un échange verbal vif avec un des députés frondeurs. Certains automobilistes ne se sont pas empêchés également de lancer des «Vive Bouhadja».

Venus apportés leur soutien au président de l’APN, certains anciens moudjahidine demandent à connaître les dessous de cette affaire. «On voudrait qu’on nous explique ce qui se passe. Il y a des députés qui sont des repris de justice. Pourquoi lorsqu’il a été élu personne ne s’est opposé ? Et à six mois des élections, on veut enlever Bouhadja. Il y a anguille sous roche», affirme Khadidja Belguenbour, moudjahida, membre de l’ALN dans la Wilaya II historique et membre de l’ONM. Face aux interrogations des journalistes, empêchés d’accéder à l’intérieur de l’Assemblée, des députés contestataires tentent de justifier leur action. Pourquoi cadenasser les portes de l’Assemblée ? Amar Djilani, président des affaires juridiques de l’APN, ne répond pas. Il esquive la question en affirmant que Saïd Bouhadja n’est qu’un député. «Bouhadja n’est qu’un député. Qu’il vient dans le hall de l’Assemblée pour affronter ses collègues. C’est nous qui allons le protéger», lance-t-il. A son tour, Cheikh Barbara, chef du groupe parlementaire du MPA, tente de justifier la fermeture des portails de l’Assemblée. Mais sans convaincre.

«Une agression contre le parlement»

Les chefs de file des protestataires, Si Affif et Djamel Bouras, multiplient, eux aussi, les déclarations à la presse pour défendre cette action. Même si cette dernière a suscité la réprobation des députés de l’opposition. C’est le cas de l’élu du RCD, Ouamar Saoudi. Pour lui, «l’action est une agression contre le Parlement». «Nous dénonçons et nous condamnons cette opération qui constitue un précédent grave (…). Saïd Bouhadja est élu pour un mandat et il n’y a aucune disposition qui permet de l’empêcher d’exercer ses fonctions de la sorte», lance-t-il, précisant que les députés du RCD «ne soutiennent pas Bouhadja, mais la légalité». Ouamar Saoudi dénonce, au passage, l’interférence de la direction du FLN dans les affaires de l’APN.

Pour sa part, le député indépendant Bourekba Mohamed estime que la majorité «des membres de l’APN sont avec Bouhadja». «Nous sommes contre ces agissements irresponsables des députés de la majorité FLN-RND qui sont désignés par l’administration», dénonce-t-il, en annonçant l’organisation, dans les prochains jours, «d’un rassemblement de soutien à Bouhadja pour mettre un terme à cette mascarade».

Le MSP, lui, tient le bâton par le milieu. «On respecte la position de Saïd Bouhadja qui refuse de céder à la pression des députés. Au MSP, on respecte aussi la position des députés de la majorité qui ne souhaitent plus collaborer avec le président de l’APN. Mais on veut savoir les raisons réelles de ce blocage. Le MSP appelle les deux parties au dialogue et se dit prêt à jouer un rôle pour les rapprocher», lance Ahmed Sadouk, chef du groupe parlementaire de ce parti.

Vers un autre coup de force !

Attendu par ses opposants, Saïd Bouhadja ne s’est pas présenté à l’APN durant la journée d’hier. Mais il a condamné, dans des déclarations à des sites d’information, «cette action illégale organisée par une bande», tout en tirant à boulets rouges sur le secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbès, qualifié d’«illégitime». Cette absence ne décourage pas les contestataires qui se préparent déjà à passer à une autre étape.

Un coup de force est en préparation. Selon certains députés, «le bureau de l’APN tiendra une réunion pour prendre une décision». «Je pense que d’ici lundi prochain, il y aura l’élection d’un nouveau président», affirme, sûr de lui, un des députés qui s’est exprimé en off. Quelle est la procédure à suivre ? Notre interlocuteur ne dit rien.

La Constitution, rappelons-le, prévoit quatre cas de vacance du poste de président de l’APN : décès, incompatibilité, maladie grave ou démission du président.

Dans le cas où Saïd Bouhadja ne démissionne pas, peut-on alors élire un autre président ? En tout cas, des noms de probables successeurs de Saïd Bouhadja sont déjà donnés, dont celui de Mohamed Djellab, député de Biskra. 



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