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Violences faites aux femmes : Des actrices se mobilisent contre les féminicides

17 octobre 2020 à 11 h 04 min

Parmi elles figurent Bahia Rachedi, Souhila Maalem, Fatiha Oured, Narjes Asli, Leila Touchi et Salima Abada l Cet appel sera suivi par la publication prochaine d’une vidéo, dans laquelle elles dénoncent toutes les formes de violences à l’égard des femmes.

Des actrices algériennes ont lancé, jeudi dernier, une campagne de sensibilisation pour dire «Stop aux féminicides», un phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur en Algérie, notamment durant la période du confinement sanitaire.

«Nous, actrices algériennes, nous nous unissons aujourd’hui pour dire stop aux violences faites aux femmes et stop aux féminicides. Nous appelons à la prise de conscience et à la mobilisation générale pour que cesse cette violence», lit-on dans l’appel à la mobilisation lancé sur les réseaux sociaux.

L’appel est accompagné d’un cliché, largement partagé sur internet, dans lequel les actrices posaient, vêtues de noir, l’air grave et les mains entrelacées, formant une chaîne humaine, symbole d’unité. Parmi elles figurent Bahia Rachedi, Souhila Maalem, Fatiha Oured, Narjes Asli, Leila Touchi et Salima Abada.

Cet appel sera suivi par la publication prochaine d’une vidéo, dans laquelle elles dénoncent toutes les formes de violences à l’égard des femmes, a expliqué la cinéaste et actrice, Adila Bendimerad, une des initiatrices de la campagne de mobilisation et de sensibilisation contre les féminicides.

«Des actrices résidant à Oran et Tamanrasset et même celles établies à Paris (France) vont rejoindre notre campagne», a précisé Adila Bendimerad, jointe hier par téléphone. «Cette campagne répond d’abord à l’urgence de survie. Nous voulions dire stop à toutes formes de violences dont sont victimes les femmes.

On ne peut pas concevoir d’avenir politique, économique et social alors que les femmes continuent de subir quotidiennement toutes sortes de violences dont les féminicides», s’est-elle-indignée. Outre la dénonciation de la banalisation des violences faites aux Algériennes, les actrices veulent surtout sensibiliser les Algériens au sujet d’un phénomène qui prend des proportions des plus alarmantes.

Appel à la mobilisation

«Le texte constitue aussi un appel à la mobilisation afin de déclencher une prise de conscience générale de la société et des pouvoirs publics sur l’urgence de protéger les femmes. Beaucoup parlent de la peine de mort. Or, les femmes ont besoin d’être protégées par la loi face aux féminicides. Elles aspirent à un changement de mentalités», a souligné Adila Bendimerad.

Le meurtre sordide de Chaïma, une jeune femme de 19 ans début octobre, avait déclenché un vif émoi à travers le pays, relançant le débat sur l’urgence de la lutte contre les violences faites aux femmes. Le suspect, qui s’était rendu à la police, avait reconnu avoir tué Chaïma. Le juge d’instruction près le tribunal de Boumerdès a ordonné de placer en détention provisoire le meurtrier de la jeune femme.

Il est accusé d’homicide volontaire en recourant à la torture. Plusieurs collectifs féministes avaient appelé à des rassemblements à Alger, Oran, Béjaïa, Tizi Ouzou ou encore Constantine afin de dénoncer la banalisation des violences et un système trop défaillant.

Mais, le rassemblement a été empêché à Alger par la police, alors que des féministes ont été arrêtées avant d’être relâchées à Oran. Malgré l’adoption en 2016 d’une loi contre les violences à l’égard des femmes, le phénomène des féminicides ne cesse de prendre de l’ampleur en Algérie, selon des associations de défense des droits des femmes.

Aucun chiffre officiel n’existe, mais «Algérie Féminicides», un compte Facebook qui pallie l’absence de statistiques officielles en faisant un travail de veille, a recensé jusqu’ici 41 cas de meurtre de femmes pour la seule année 2020, une soixantaine en 2019. Un chiffre qui fait froid dans le dos et qui est bien en dessous de la réalité, selon les initiatrices du projet, qui ont lancé un site internet où sont compilées les vies et les photos des femmes victimes de féminicide.

Alors que la remise en cause du moratoire sur les exécutions, appliqué en Algérie depuis 1993 divise la société, le président Tebboune a ordonné dimanche dernier l’application des peines maximales, sans possibilité d’allègement ou de grâce contre les auteurs de crimes d’enlèvement de personnes «quels qu’en soient les tenants et les aboutissants».

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