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vendredi, 27 novembre, 2020
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Ministres et walis multiplient les déclarations offensantes : Défaut de communication ou absence de culture de l’Etat ?

25 octobre 2020 à 11 h 48 min

Une nouvelle polémique a été déclenchée, hier, à la suite de déclarations d’un ministre. Cette fois-ci, c’est celui des Affaires religieuses, Youcef Belmehdi, qui est concerné.

Depuis M’sila, celui-ci a noté avant-hier que «prendre l’exemple sur le Prophète en matière d’amour pour la patrie serait par la participation au référendum sur la révision de la Constitution». Des propos qui ont été immédiatement largement commentés, mais surtout dénoncés par beaucoup d’Algériens. Si cette déclaration n’a pu passer inaperçue, c’est parce que surtout elle intervient dans un contexte marqué par beaucoup d’«errements» linguistiques de certains responsables.

Jeudi dernier, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Sid Ali Khaldi, avait «prié» les Algériens «mécontents», lorsqu’il s’exprimait sur le référendum, de «changer de pays». Ce qui avait soulevé un tollé général et a obligé celui-ci à s’excuser dès le lendemain.

Il y a eu également le wali d’Oran, dont le comportement avait été jugé «irrespectueux» envers une institutrice qui lui parlait des problèmes de l’école où elle exerce (celui-ci ayant été par la suite désavoué par le Premier ministre) ou même le secrétaire général du Front de libération national (FLN), Abou El Fadl Baadji, qui avait menacé de «‘‘brandir Seif El Hadjadj’’ à la face de ses détracteurs».

Mais qu’est-ce qui fait que walis, ministres ou autres recourent à un discours «violent» parfois et «irresponsable» alors que justement le contexte marqué par l’approche d’un rendez-vous électoral, auquel bien évidemment tient l’Exécutif – les ministres et walis sont en campagne – conjugué à un climat politique délétère exigerait une tout autre approche ?

«Ils sont aux abois», nous dira le politologue Mohamed Hennad qui tient à rappeler le climat qui a prévalu à la veille de l’annonce de la candidature de l’ancien président, Abdelaziz Bouteflika, pour un 5e mandat.

L’avis «contraire» pose toujours problème pour le responsable algérien. D’où le recours à la «diabolisation» par exemple des voix discordantes. Les partisans du boycott du référendum, ou même ceux qui appellent à voter «non», ne sont pas «autorisés» à tenir des meetings.

Ainsi, des déclarations similaires, arrogantes et méprisantes ont été prononcées par plusieurs responsables, ministres ou chefs de parti, ces dernières années.

Et souvent elles visent l’opposition. Dans une déclaration faite hier à notre confrère El Khabar, le sociologue Nacer Djabi a fait remarquer le fait que les responsables en question «n’ont pas d’expérience politique ou partisane, n’ont pas l’habitude de s’exprimer devant les foules et ont évolué loin du peuple».

«Eux, ils n’ont pas changé, mais le citoyen a changé», a-t-il ajouté. Ce qui est certain, c’est que quelles qu’en soient les causes, ces déclarations «offensantes» sont contre-productives dans la mesure où aujourd’hui, contrairement à un passé pas trop lointain, avec les réseaux sociaux, elles sont spontanément et immédiatement relayées et commentées.

Le ministre des Sports a dû, à son corps défendant certainement, s’excuser, et le Premier ministre a désavoué le wali d’Oran.

Ainsi, les paramètres nouveaux auraient dû pousser les responsables algériens à faire plus d’efforts en matière de communication. Or, ce n’est pas le cas. A moins que le problème soit beaucoup plus profond, dans le sens où, et au vu de la gravité de certaines déclarations, c’est la culture de l’Etat qui fait défaut…

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