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Décès de Abassi Madani à Doha : Un des responsables de la décennie noire n’est plus

25 avril 2019 à 9 h 30 min

L’ancien dirigeant du FIS dissous, Abassi Madani, est décédé, hier, à l’âge de 88 ans à Doha, au Qatar, des suites d’une longue maladie.

Le défunt, qui souffrait d’un ulcère de l’estomac et d’hypertension artérielle, a été hospitalisé plusieurs jours au Qatar, où il avait choisi de résider depuis 2004, rapporte l’APS citant ses proches.

Né en 1931 à Sidi Okba (Biskra), Abassi Madani rejoint le PPA. Arrêté le 17 novembre 1954, il est incarcéré jusqu’à la fin de la guerre. Inscrit à l’université d’Alger, il fera la rencontre d’El Hachemi Tidjani, secrétaire général de la faculté d’Alger.

Avec ce dernier et d’anciens membres de l’Association des ouléma, à l’instar de Omar Al Arbaoui, Mesbah Houidek, Ahmed Sahnoun, il crée l’association El Qiyam El Islamiya (Valeurs islamiques), dont il sera l’un des membres les plus en vue.

Voulant «restaurer les valeurs authentiques de l’islam», et la formation d’une «dawla islamia» (Etat islamique), l’organisation tolérée par Ben Bella fut dissoute par Houari Boumediène suite à ses prises de position contre l’exécution de Sayyid Qotb, membre des Frères musulmans en Egypte, par Gamal Abdel Nasser.

Cela n’a guère empêché les membres d’El Qiyam de poursuivre leur prosélytisme agressif contre les communistes, les femmes «dévergondées»…

Sans se départir de ses positions contre l’«occidentalisation» de la société algérienne, Abassi reste membre du FLN en se faisant élire à l’APW d’Alger. Enseignant de sociologie à la faculté des sciences humaines de Bouzaréah (Alger), il bénéficie de 1975 à 1978 d’une bourse à Londres pour préparer sa thèse de doctorat. Il revient en Algérie et enseigne la psychopédagogie à l’université d’Alger. Là, il soutient ses étudiants «arabisants» contre les groupes du PAGS et les berbéristes.

Participant à la «daoua» (prédication) menée par la mouvance islamiste à l’université et côtoyant les figures de cette tendance, il se fait connaître par des actions d’éclat avec l’arrivée au pouvoir de Chadli Bendjedid.

Les islamistes feront une première victime de l’intolérance : l’étudiant Kamel Amzal, 20 ans, militant identitaire et syndicaliste, assassiné à la résidence universitaire de Ben Aknoun. Avec Soltani et Cheikh Sahnouni, Abassi rédige une plateforme de 14 points adressée au chef de l’Etat.

Suivra un grand rassemblement qu’il dirige avec cette figure naissante de la «sahwa» (renaissance), Ali Benhadj. Il sera arrêté et condamné à cinq ans de prison, il sera libéré en 1987. Aidé en sous-main par un courant du régime, il annonce, le 18 février 1989 à la mosquée Al Sunna de Bab El Oued, la création du FIS. A l’occasion des élections municipales de juin 1990, le parti islamiste remporte le scrutin.

Pas de regret

Sous prétexte de dénoncer les lois électorales, celui qui cache son intransigeance sous «une courtoisie apparente», selon le mot de Achour Cheurfi (biographie, Casbah Ed.) Abassi lance le 28 juin 1991 son premier appel à la désobéissance civile.

Il est incarcéré deux jours après à la prison de Blida et condamné par la cour militaire de cette ville à 12 ans de prison, le 15 juillet 1992, pour «complot contre l’autorité de l’Etat», «sabotage économique» et «distribution de tracts de nature à nuire à l’intérêt national». Le 15 juillet 1997, il est libéré de prison pour raison de santé, mais mis en résidence surveillée.

Dénoncé pour son soutien aux groupes armés, il sera à nouveau incarcéré en août 1997. Dans une lettre adressée au président Bouteflika, il apporte son «appui total et sans réserve» à Madani Mezrag, chef sanguinaire de l’AIS. Il sera finalement élargi le 2 juillet 2003.

Il part à Doha, au Qatar, où il a bénéficié des largesses de cet Etat du Golfe, où Bouteflika comptait de nombreux soutiens. Impliqué dans cet épisode de l’histoire politique du pays, le chef de file de l’islamisme algérien ne s’est pas exprimé sur la tragédie de la décennie du terrorisme, qui a fait des milliers de morts.

Pourtant, sa responsabilité et celle des nervis de son parti dans cet épisode douloureux de la nation n’est plus à démontrer. Malgré cela, il n’a jamais exprimé le moindre regret.



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