Début de la campagne de vaccination hier à Blida | El Watan
toggle menu
dimanche, 09 mai, 2021
  • thumbnail of elwatan06052021



Lutte contre la pandémie de coronavirus

Début de la campagne de vaccination hier à Blida

31 janvier 2021 à 11 h 21 min

C’est le directeur de la santé de la wilaya de Blida qui a inauguré le bal, en étant le premier à se faire vacciner. Pour sa part, Imene Slatnia, chirurgien-dentiste spécialiste, est la première femme, en Algérie, à être vaccinée contre la Covid-19.

Un sénateur de la wilaya de Blida (Samir Kacimi) est décédé hier matin, à quelques heures seulement du début de la campagne de vaccination contre la Covid-19. La veille, c’est le directeur des services agricoles de cette wilaya qui a succombé de la même maladie après plus d’un mois passé en réanimation.

Aussi, le coronavirus continue d’emporter des personnes anonymes de Blida. Même si le nombre de décès est en baisse dans la wilaya, cette dernière est la région qui a le plus souffert des affres de la pandémie.

En étant l’épicentre du coronavirus lors de son apparition il y a une année, la wilaya de Blida a été la première à avoir été totalement confinée, créant ainsi une pression psychologique sur ses habitants. C’est aussi l’une des wilayas les plus endeuillées, ayant connu le plus de victimes. Personne n’a été épargné : médecins, architectes, industriels, chauffeurs d’ambulance, universitaires, journalistes, commerçants, retraités…

Et dans l’optique de rendre hommage à une wilaya qui a le plus souffert, les autorités officielles l’ont choisie pour le démarrage de la campagne de vaccination.

C’est le directeur de la santé de la wilaya qui a inauguré le bal, en étant le premier à se faire vacciner. Pour sa part, Imene Slatnia, chirurgien-dentiste spécialiste, est la première femme, en Algérie, à être vaccinée contre la Covid-19. Elle se dit «chanceuse, en n’ayant ressenti aucun effet indésirable après les premières heures ayant suivi sa vaccination». Il y avait aussi Sabri Aïssa, un sexagénaire, malade chronique qui s’est estimé «heureux et en forme après la piqûre».

En tout, ils étaient une trentaine de personnes, hier, à être vaccinées à Blida, et ce, en attendant la généralisation de cet «antidote» sur tout le territoire national. Mais certains médecins appréhendent les effets du vaccin sur le long terme. «Impossible de connaître ses effets dans les prochaines années», juge un médecin spécialiste dans un hôpital public.

Pour le moment, les premières personnes appelées à se faire vaccinées sont : le corps médical, les personnes âgées et les malades chroniques. L’opération de vaccination se déroulera dans 8000 centres de santé et de soins à travers le territoire national.

Lors du coup d’envoi de la campagne vaccinale, hier matin, au siège de l’EPSP Les Bananiers, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, a justifié le choix de Blida par le fait que cette dernière «était fortement touchée par la pandémie, en étant l’épicentre de la Covid-19 et a été soumise à un confinement total».

Il a saisi l’occasion pour se recueillir à la mémoire des victimes qui ne sont plus de ce monde et a souhaité une prompte guérison aux malades. Pour lui, le vaccin reste l’unique solution disponible actuellement pour éradiquer le coronavirus.

En voulant rassurer les citoyens, il a déclaré que les vaccins importés par l’Algérie obéissent à des normes liées à «l’efficacité et la sécurité», même s’il reconnaît que leur effet est limité dans le temps, c’est-à-dire que les personnes vaccinées peuvent être «re-vaccinées» en cas de besoin.

Il a toutefois appelé à maintenir les gestes barrières pour contribuer à l’éradication de la Covid-19. Il a rappelé à l’assistance que l’Algérie était au rendez-vous quant à la date du début de la vaccination. «Les hautes autorités du pays ont parlé de janvier, et c’est fait !» a-t-il insisté. Et d’ajouter : «Je peux rassurer que les équipements logistiques et les professionnels de santé sont prêts et mobilisés pour la réussite de l’opération (…). En plus, l’Algérie a une longue expérience pour ce qui est des vaccinations.»

Pour sa part, le Dr Fourar du comité scientifique a précisé que la première cargaison du vaccin russe anti-Covid-19 (Sputnik V), laquelle est arrivée vendredi à l’aéroport militaire de Boufarik, comportait 50 000 doses de vaccin. «Ce premier lot nous a coûté 1,5 milliard de dinars (…). La santé de l’Algérien n’a pas de prix», a-t-il martelé. Il dira qu’une plateforme numérique est mise en place pour le suivi des citoyens vaccinés après inscription. «Aussi, les personnes vaccinées auront un carnet qui va leur permettre, à l’avenir, de voyager dans des pays qui exigent ce document.»

L’avis d’un médecin réanimateur

Le chef de service réanimation dédié à la Covid-19 au Chu de Blida, le Dr Adel Boudahdir, est le mieux placé pour juger si la situation épidémique dans la wilaya de Blida est grave ou pas.

Il estime que la pandémie est «stable pour le moment» et que les deux derniers mois ont connu une remarquable baisse des cas, notamment ceux graves. «La cadence d’hospitalisation est de un à deux malades par jour en réanimation Covid-19, et cet indicateur reflète honnêtement le nombre de malades contaminés d’une façon générale. Et dire qu’avant cette période, on était vraiment dépassé par le flux de malades présentant des formes graves.»

Mais d’après lui, il ne faut surtout pas crier victoire, du moment qu’une pandémie peut baisser et repartir de plus belle et rien ne prouve que le virus est sur le point de disparaître.

D’ailleurs, il souligne que son service «assiste, en cette dernière semaine de janvier, à une légère augmentation des demandes d’hospitalisation avec des formes qui touchent parfois des personnes jeunes sans antécédents et qui présentent des formes très graves de la maladie».

Il explique ce phénomène, notamment, par le retard de consultation ou la qualité de la prise en charge durant les premiers jours de la maladie. Pour cela, il conseille de consulter son médecin dès les premiers jours des symptômes afin de détecter les prodromes des formes graves avant qu’il ne soit trop tard.

Pour notre interlocuteur, le bilan de la pandémie, un an après son apparition, reste lourd sur tous les plans. «Je pense qu’il y a eu des points positifs et d’autres négatifs. La gestion était difficile à Blida, première wilaya touchée. Le point positif majeur est la mobilisation des ressources humaines et matérielles pour avoir une bonne disponibilité des lits d’hospitalisation ordinaires et des lits de réanimation.»

Mais s’occuper essentiellement de la pandémie s’est répercuté négativement sur la qualité de la prise en charge des autres pathologies, et des malades souffrant de maladies graves ont vu leurs rendez-vous reportés à maintes reprises, et ce, au détriment de leur état de santé. «Heureusement que la leçon a été tirée pour trouver l’équilibre, très difficile d’ailleurs, entre la prise en charge de cas Covid-19 et les autres maladies.» Une chose est sûre, il y a toujours des défaillances à rattraper, surtout sur le plan organisationnel.

Mais le DBoudahdir estime que si l’on se compare aux autres pays, surtout développés, «l’Algérie s’en est sortie, jusqu’ici, avec moins de dégâts» grâce, notamment, à la fermeture des frontières. «Toujours est-il, il y a des leçons à tirer durant et après la crise pour améliorer notre système de santé.»

Et toujours dans le contexte du bilan un an après l’apparition du coronavirus en Algérie, notre interlocuteur rend hommage aux campagnes de solidarité qui auront marqué cette pénible période.

«Je pense aussi que la solidarité entre les Algériens a apporté un plus, elle était forte et a démontré la générosité de notre peuple. Blida n’oubliera jamais la campagne de solidarité durant les premiers mois de la pandémie, toutes les wilayas et mêmes nos compatriotes installés à l’étranger étaient au rendez-vous pour aider leurs compatriotes de la ville des Roses.»

Concernant la campane vaccinale qui a débuté hier, il pense que sa réussite dépendra de «l’adhésion des personnes concernées et de la disponibilité du vaccin», en regrettant la contre-campagne vaccinale qui est relayée sur les réseaux sociaux à travers des «rumeurs et des mensonges sur le vaccin»


Advertisements


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!