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Débat organisé par Nida 22 : «Non à la criminalisation du hirak»

24 avril 2021 à 11 h 10 min

La «criminalisation» du hirak ne date pas d’aujourd’hui. Le processus de judiciarisation de la gestion «sécuritaire» de ce mouvement populaire a commencé au tout début, du moins quelques semaines après son déclenchement.

Selon l’avocat Abdallah Haboul, «l’utilisation de l’appareil judiciaire par le pouvoir dans sa gestion de la révolution pacifique a commencé lorsque l’ancien chef d’état-major de l’armée, Ahmed Gaïd Salah, s’en est pris à l’amazighité, quand il avait donné instruction, en tant que premier responsable de l’armée, d’interdire l’étendard amazigh». «Il a considéré qu’exhiber son identité amazighe est une atteinte à l’unité nationale», a estimé Me Haboul, mercredi soir, lors d’un débat organisé par Nida 22, diffusé sur les réseaux sociaux et auquel ont pris part également le politologue Cherif Dris, la militante Wafa Braham Chaouche et le journaliste Saïd Boudour.

Me Haboul a tenu, à cette occasion, à relever le fait que «c’est la première fois dans l’histoire du pays que l’article 79 du code pénal (atteinte à l’intégrité du territoire national, ndlr) est utilisé».

Par la suite, poursuit-il, c’était au tour de «figures» du hirak, telles que feu Lakhdar Bouragaa, Karim Tabbou, Fodil Boumala, Samir Benlarbi et d’autres encore, d’être arrêtées sur la base de l’article 75 du même code (démoralisation de l’armée ndlr).

Un article utilisé, indique-t-il, «pour mettre fin aux critiques concernant l’implication de l’armée dans la gestion des affaires politiques, notamment après la démission de Bouteflika».

L’avocat rappellera, à cet effet, les vagues d’arrestation qu’il y a eues, une première fois, avant l’élection présidentielle du 12 décembre 2019, et une deuxième, durant le confinement, avant le retour du hirak. L’objectif, d’après lui, était d’un côté «de mettre fin à ce mouvement populaire», et de l’autre, «de faire passer l’agenda du pouvoir dans l’objectif de reproduire le système».

«Le pouvoir ne mobilise pas des soutiens»

Allant dans le même sens, le politologue Cherif Dris a tenu à faire remarquer que même dans la «constitutionnalisation» du hirak, le pouvoir en place a employé une «définition bien précise», à savoir «hirak béni originel». Ce dernier étant, d’après la conception des rédacteurs de la Loi fondamentale, «les Algériens qui sont sortis seulement pour faire tomber le 5e mandat».

Pour le reste, il s’agit de «revendications illégitimes». Dris est même allé jusqu’à rappeler ce qu’ont subi Abdelhamid Mehri et Hocine Aït Ahmed, au milieu des années 1990, comme diabolisation en prenant part à la réunion de Saint-Egidio (contrat de Rome). Tout cela pour dire que cette attitude n’est pas nouvelle. C’est également une sorte d’«exclusion a priori», note le politologue.

Dris ajoute qu’en optant pour certains éléments de langage, le pouvoir voudrait définir «qui sont ses alliés ou ses adversaires». Pour le politologue, «le pouvoir tente de s’offrir une légitimité à travers un récit qu’il s’est construit (hirak originel…), et tous ceux qui s’y opposent sont des adversaires ou même des ennemis».

Tout ceci, entre autres, «parce qu’il n’arrive pas à mobiliser des soutiens». «Il y a eu l’étendard amazigh, ensuite la criminalisation de ceux qui s’opposent à la normalisation institutionnelle, aux élections et puis on arrivera à criminaliser ceux qui sortent les vendredis et mardis», a-t-il ajouté.

Les deux intervenants étaient unanimes à dire, donc, que la criminalisation du hirak est un processus qui a commencé au début du mouvement populaire.


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