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De nombreux partis et des personnalités nationales s’en démarquent : Les partisans de l’élection du 12 décembre de plus en plus isolés

17 octobre 2019 à 10 h 15 min

Le cercle des partisans de l’élection présidentielle du 12 décembre ne s’élargit pas. Bien au contraire. Finalement, et à presque une semaine de la fin du délai pour le dépôt des candidatures, peu de monde, parmi la classe et les personnalités politiques, de l’opposition s’entend, s’est engagé à y participer.

Hormis les quelques activités «protocolaires» de l’Autorité des élections, rentrant dans le cadre de la mise en place de l’opération, rien n’indique que le pays se dirige vers un rendez-vous d’une importance majeure. Les participants, ceux considérés bien évidemment comme de sérieux prétendants, ont réduit leurs apparitions publiques au strict minimum.

Ali Benflis, président de Talaie El Hourriyet, s’est complètement éclipsé depuis la tenue du comité central de son parti le 26 septembre dernier. Abdelmadjid Tebboune, l’autre candidat à la candidature, est beaucoup plus occupé à tenter de convaincre les citoyens qu’il n’est pas le «candidat du pouvoir». Pour le reste, il s’agit beaucoup plus de chefs de micro-partis, de personnalités médiatiques n’ayant aucun ancrage politique ou d’inconnus qui certainement ne remettront même pas de dossiers de candidature. Une élection qui, finalement, n’a pas jusque-là drainé les «grosses pointures» de la scène politique nationale.

Si les partisans d’un processus constituant, essentiellement les partis, organisations et personnalités qui se sont regroupés au sein du Pacte de l’alternative démocratique (PAD), ont dès le départ rejeté cette élection, estimant qu’en ne procédant pas, par exemple, à la réforme de la Constitution et à l’abolition des lois liberticides, le processus conduirait au même résultat. Et depuis un moment, ce sont aussi ceux ayant choisi l’option de l’élection présidentielle, mais avec des conditions, faut-il le préciser, qui s’en démarquent. Avant-hier, 20 personnalités, dont Ahmed Taleb Ibrahimi, Ahmed Benbitour, Ali Yahia Abdennour et Abdelaziz Rahabi, ont lancé un appel pour un «dialogue sérieux», estimant qu’il est «inconcevable d’envisager la tenue de la présidentielle du 12 décembre dans de pareilles circonstances».

C’était la même chose, auparavant, avec les plus importants partis islamistes, en l’occurrence le MSP de Abderrazak Makri, et le FJD de Abdallah Djaballah. Si certains cercles, évoquant une alliance islamo-nationaliste, misaient sur la participation des islamistes à ce scrutin, ces deux partis les ont, à la fin du mois dernier, pris au dépourvu en décidant finalement de ne pas y prendre part. Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, Djaballah a même évoqué l’éventualité du report du scrutin, si jamais «les événements se poursuivent à ce rythme». Bien évidemment, ceci n’est qu’une supposition, tant le pouvoir en place s’en tient toujours, et contre vents et marées, à sa feuille de route.

En somme, aucun des partis de l’opposition n’a décidé de prendre part à ce rendez-vous électoral. L’élection ne verra finalement que la participation de Talaie El Hourriyet – même si les choses ne sont pas, apparemment, encore tranchées d’une manière définitive au sein de ce dernier, le dossier de candidature n’étant pas encore déposé –, des partis de l’ex-alliance présidentielle, complètement discrédités, et quelques autres formations ayant soutenu l’ancien régime et qui font de même actuellement avec toutes les décisions qui émaneraient du pouvoir en place. «Il n’y a que les anciens Premiers ministres de Bouteflika comme candidats», ironisent des internautes sur les réseaux sociaux.

Dans la rue, les manifestations ont connu un regain de mobilisation ces dernières semaines, notamment mardi, le 34e de la communauté estudiantine. Les autorités vont-elles maintenir le cap sur la présidentielle dans le climat actuel ? Comment les candidats déclarés vont-ils mener leurs campagnes électorales ? Et surtout de quelle légitimité va s’enorgueillir le futur Président, si le rendez-vous est maintenu, alors que l’élection risque d’être boycottée par l’ensemble de la classe politique de l’opposition et toutes les personnalités d’envergure et avec probablement un fort taux d’abstention ? Si la présidentielle de 1999 a connu un scénario presque similaire, avec le retrait de six candidats, à savoir Hamrouche, Aït Ahmed, El Khatib, Taleb Ibrahimi, Sifi et Djaballah, laissant Bouteflika seul en course, aujourd’hui, il y a une différence de taille : en plus du boycott de la classe politique, les Algériens sortent dans la rue deux fois par semaine pour rejeter cette élection. Les participants à ce rendez-vous se retrouvent, de facto, engagés dans un processus largement contesté et par les formations politiques de l’opposition, et par une partie de la population. Ils sont complètement isolés dans une élection qui, dans l’état actuel des choses, risque de connaître beaucoup de remous…


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