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Dans son rapport annuel 2018 : La LADDH déplore un «recul» des droits de l’homme

09 décembre 2018 à 11 h 10 min

Sombre tableau sur l’état des droits de l’homme dans le pays. La Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) parle de «recul» de ces droits pourtant consacrés par les conventions ratifiées par l’Algérie.

«Il y a un recul, y compris pour des textes élaborés les siècles derniers», estime la LADDH, aile Hocine Zehouane, dans son rapport rendu public hier et intitulé : «Rétrospective LADDH, rapport 2018, situation des droits humains, focus sur les libertés». S’appuyant sur des informations documentées par la LADDH ou les organisations de la société civile partenaires et sur les comptes rendus publiés dans la presse écrite et en ligne, l’organisation considère que l’adhésion au principe des droits de l’homme, placés sous la protection de la communauté internationale, n’est pas une garantie – y compris dans des Etats qui les ont ratifiés, comme l’Algérie – contre les atteintes qui continuent à leur être portées.

«Le régime (algérien) espère, signale le document, que les militants des droits humains, mais aussi d’une manière générale tous ceux qui font bouger les choses, en l’occurrence les acteurs sociaux, civils et politiques, soient gagnés en effet par la lassitude, le pessimisme et l’usure.» La Ligue, qui dresse une rétrospective de l’année 2018, parle d’un «diktat» de l’administration et de «tracasseries bureaucratiques» rendant «difficile» l’exercice des droits d’association, d’organisation et de réunion. Revenant sur la loi relative aux associations, adoptée en 2012 (loi n°06/12 du 12 janvier 2012 qui a abrogé la loi du 14 décembre 1990), la Ligue signale la «non-disposition des autorités à considérer la société civile comme un partenaire et un médiateur social.

Pis, elle a été un frein pour l’ensemble des acteurs de la société. Aussi, son abrogation devient une nécessité, voire une urgence». Le rapport précise que le régime politique s’est attelé, ces dernières années, à remettre en cause cette liberté des individus à s’exprimer de manière isolée ou collective, «laquelle peut résulter d’un groupe ou d’une communauté d’individus associés durablement dans une structure. Comme il s’attelle à exercer un contrôle sur les médias et sur les journalistes», poursuit le rapport qui recense les arrestations ces derniers mois de journalistes et de blogueurs. La Ligue a déploré aussi le fait qu’en 2018, manifester à Alger soit toujours interdit, alors que le pouvoir politique a décrété officiellement la levée de l’état d’urgence.

Le choix du chaos

S’appuyant sur un rapport, réalisé en avril 2017 par Human Rights Watch avec le concours des associations algériennes, la LADDH dénonce la mauvaise prise en charge des femmes victimes de violence. S’agissant du droit des enfants, le constat est tout aussi amer : en dépit des efforts fournis par l’Algérie pour honorer ses engagements internationaux liés à la ratification de la Convention internationale des droits des enfants, et ce, par la promulgation de la loi sur la protection de l’enfant en juillet 2015 et le renforcement du dispositif lors de la révision de la Constitution de 2016, la «situation est encore problématique», car les chiffres avancés par les institutions et organismes officiels au sujet des violences que les enfants subissent sont alarmants.

Retenant l’absence de garanties pour la protection des migrants, autre sujet d’une brûlante actualité, l’organisation constate que cette catégorie n’a pas droit à des contrats de travail et ne bénéficie d’aucune protection ni assurance (travail, expulsion, etc.). S’agissant de l’émigration, la Ligue constate qu’elle s’accroît et que la hausse des départs ou tentatives de départ est suffisamment importante pour que les autorités algériennes elles-mêmes s’en inquiètent.

La LADDH considère que les autorités doivent prendre à bras- le-corps la question des droits de l’homme. Elle estime que si le régime politique «continue à ne pas respecter (ces droits), il aura fait le choix du chaos, qu’il assumera devant l’histoire, alors qu’ailleurs, on célèbre les droits de l’homme de la 5e génération».



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