Crise politique : Plaidoyer pour une transition concertée et pacifique | El Watan
toggle menu
lundi, 16 septembre, 2019
  • thumbnail of 2019092019

  • Pub Alliance Assurance




Crise politique : Plaidoyer pour une transition concertée et pacifique

29 avril 2019 à 10 h 20 min

Une transition pacifique et concertée entre les acteurs de la crise politique serait plus bénéfique pour le pays, alors que le mouvement de contestation continue à maintenir la pression sur le régime en place, ont plaidé, avant-hier à Alger, des spécialistes algériens.

«Une transition concertée, pacifique et ordonnée serait bénéfique pour le pays», a affirmé Saddek Fenardji, membre du collectif citoyen Nabni, lors d’une conférence-débat sur les expériences de transition démocratique, organisée à l’Ecole nationale polytechnique, par le think tank Nabni.

Un avis partagé par Louisa Dris-Aït Hamadouche, enseignante de sciences politiques. Les transitions pactées ou concertées résultent d’un pouvoir politique qui accepte de faire de concessions, sous le prisme de pression, soit une crise économique très dure, soit des pressions populaires, selon l’enseignante.

S’agissant des transitions de rupture, conséquemment à une chute du pouvoir, elle a  expliqué que les ingrédients ne seront pas réunis dans le cas algérien. «Une transition par le bas conduit à une transition dite de rupture, qui exige une mobilisation populaire, en plus des forces politiques qui organisent cette mobilisation populaire.

Or là, on n’en a pas», a précisé Louisa Dris-Aït Hamadouche. Celle-ci met en garde contre les transitions dites octroyées par le pouvoir en place. «Les réformes que le pouvoir politique octroient de façon presque volontaire sont des réformes tactiques dans le but de tout changer pour ne rien changer

. Cela nous rappelle le cas de l’Algérie de 1989», a-elle souligné. Quid d’une transition réussie ? «Une transition réussie passe par une consolidation de la démocratie et une prospérité économique», a noté Saddek Fenardji. Après 10 semaines de mobilisation antisystème, le pays n’a pas encore débuté sa transition, a déploré Louisa Dris-Aït Hamadouche. «Tant que nous serons dans une logique constitutionnelle, on ne pourra pas parler de transition.

Tous ceux qui parlent de transition jusqu’au 4 juillet mentent. La transition c’est de sortir de la logique constitutionnelle et rentrer dans une logique politique», a affirmé la politologue.

Pour l’instant, l’armée, qui s’en tient à sa feuille de route constitutionnelle de sortie de crise, puise sa force de la faiblesse de la classe politique, souvent diabolisée par le régime. «Si l’institution militaire continue aujourd’hui à être fortement politisée, c’est parce qu’en face, les forces politiques restent trop faibles.

C’est le renforcement de l’alternative politique démocratique qui obligera l’armée à se dépolitiser progressivement», a analysé l’enseignante de sciences politiques.

Saddek Fenardji a réclamé à ce que l’armée algérienne redevienne une institution et soit placée sous une autorité civile. En attendant, les Algériens doivent tirer des leçons de l’échec de la transition des années 1990. «Plus les élections sont proches, moins on a le temps de s’y préparer.

Quand on ne se prépare pas, on est confronté à deux types de vote. Le vote refuge ou le vote sanction. En 1990 et 1991, on a eu le vote sanction, parce que la colère était dirigée contre les tenants du pouvoir. L’une des leçons qu’on peut tirer, c’est se préparer avant d’aller à l’élection.

C’est la raison pour laquelle nous sommes nombreux à considérer que les élections du 4 juillet ne sont pas souhaitables», a assuré Louisa Dris-Aït Hamadouche. Autre enseignement à retenir : éviter les sujets clivants,  tels que la religion, la femme, l’identité et l’organisation administrative, et les laisser après la phase de transition, selon elle.

En direction de ceux qui s’inquiètent de la résurgence des islamistes du FIS, elle se montre optimiste. «On peut espérer que ceux qui étaient farouchement favorables pour une ‘’dalwa islamiya’’ ont aujourd’hui un regard pragmatique, à l’instar des islamistes de Turquie», a estimé la politologue.

Saddek Fenardji a suggéré que les forces démocratiques et les islamo-conservateurs signent une charte qui garantira le respect des principes démocratiques «non négociables». Adepte d’une révision de la Constitution malgré ses travers, il met en garde contre la mise en place d’une Constituante, réclamée par certains partis de l’opposition, car «cela peut être dangereux et cliver la société, et peut nous engager dans des situations que nous ne souhaitons pas».

Par ailleurs, la transition algérienne risque de devenir plus complexe, au regard du contexte mondial. «Pour l’environnement international, il aide beaucoup quand on est dans des dispositions Est-Ouest. Dans le cas de l’Algérie, on est presque dans un environnement hostile. On a zéro ancrage international. On ne bénéficiera d’aucune aide», croit savoir Saddek Fenardji.


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!