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Crise libyenne : Fayez Al Sarraj à Alger

21 juin 2020 à 10 h 06 min

Selon Ankara, un cessez-le-feu passe par un retrait de la ville stratégique de Syrte des forces du maréchal dissident Khalifa Haftar, la Turquie accusant la France de le soutenir.

Le chef du gouvernement d’union nationale (GNA) libyen, Fayez Al Sarraj, est arrivé hier à Alger pour une visite d’une journée, rapporte l’APS citant un communiqué de la présidence de la République.

Cette visite s’inscrit dans le cadre «des efforts intenses consentis par l’Algérie visant la reprise du dialogue» entre les Libyens «en vue de trouver une solution politique à la crise libyenne, une solution basée sur le respect de la volonté du peuple frère et la garantie de son intégrité territoriale et de sa souveraineté nationale loin de toute intervention militaire étrangère», selon ledit communiqué.

La visite d’Al Sarraj en Algérie intervient au lendemain de l’annonce par la Ligue arabe au Caire d’une prochaine réunion ministérielle sur le conflit entre les forces rivales en Libye, à la demande de l’Egypte. Le GNA a annoncé qu’il boycotterait cette réunion, estimant qu’il n’a pas été consulté préalablement et qu’une réunion «par visioconférence n’est pas appropriée pour évoquer des dossiers épineux qui nécessitent des discussions et des échanges approfondis».

La Libye est déchirée depuis 2015 entre deux pouvoirs rivaux : le GNA, reconnu par l’Organisation des Nations unies (ONU) et basé à Tripoli, et un pouvoir incarné par l’homme fort de l’Est, le maréchal Khalifa Haftar.

L’Algérie, qui partage près de 1000 km de frontière avec la Libye, rejette «toute ingérence étrangère» dans la crise libyenne et soutient une solution politique de ce conflit qui menace la stabilité régionale.

La semaine dernière, le chef du Parlement élu, basé dans l’est de la Libye, Aguila Saleh, s’est également rendu à Alger où il a rencontré le président Tebboune.

Les forces du GNA, soutenues militairement par la Turquie, ont multiplié ces dernières semaines les succès militaires, chassant les forces du maréchal Haftar de l’Ouest libyen.

Ankara pose ses conditions

Acteur incontournable en Libye, Ankara a indiqué hier qu’un cessez-le-feu passe par un retrait de la ville stratégique de Syrte des forces du maréchal Khalifa Haftar et accusé la France de le soutenir.

«Un cessez-le-feu doit être viable, ce qui veut dire que l’autre partie», l’Armée nationale libyenne de Haftar, «ne doit plus se trouver dans une position lui permettant de lancer quand elle le veut une nouvelle attaque contre le gouvernement légitime», a déclaré le porte-parole de la Présidence turque, Ibrahim Kalin, lors d’une interview à l’AFP.

«A ce stade, le GNA estime, et nous le soutenons en cela, que toutes les parties doivent retourner à leurs positions de 2015 lorsque l’accord politique libyen de Skhirat (au Maroc) a été signé, ce qui veut dire que les forces de Haftar doivent se retirer de Syrte et d’Al Joufra», plus au sud, a-t-il ajouté.

La Turquie appuie le GNA, les forces du maréchal Haftar sont soutenues notamment par la Russie, l’Egypte et les Emirats arabes unis. Ankara et Moscou discutent actuellement pour tenter de parvenir à un nouveau cessez-le-feu en Libye après l’échec de plusieurs précédentes trêves. Le porte-parole présidentiel turc a aussi fustigé la France, accusée de soutenir Haftar.

«En Libye, nous soutenons le gouvernement légitime et le gouvernement français soutient un chef de guerre illégitime et met ainsi en danger la sécurité de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan), la sécurité en Méditerranée, la sécurité en Afrique du Nord et la stabilité en Libye», a-t-il dit. «Malgré tout cela, ils (les responsables français) continuent de nous critiquer.

Mais nous travaillons avec les acteurs légitimes et c’est la France qui travaille avec les mauvais acteurs et les éléments illégitimes tout en nous pointant du doigt. Cela n’a aucun sens», a-t-il ajouté.

Les critiques de Ankara surviennent quelques jours après que la France ait dénoncé un comportement «extrêmement agressif» de la Turquie, membre elle aussi de Otan, contre une frégate française engagée dans la mission «Irini» en Méditerranée lors d’une tentative de contrôle d’un cargo suspecté de transporter des armes vers la Libye.


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