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Crasc d’Oran : La situation des personnes âgées en débat

26 octobre 2018 à 1 h 08 min

Une conférence très intéressante a été donnée, mercredi dernier au Crasc d’Oran, où il était question des personnes âgées en Algérie.

A vrai dire, cette conférence, qui s’apparentait davantage à un workshop, faisait suite à une étude menée par une équipe anthropologique, composée notamment de sociologues et de psychologues, qui avait pour but, comme l’a expliqué un intervenant, le professeur Mustapha Mimouni,  «d’enlever la poussière sur une réalité qui a une visibilité physique mais qui n’a pas une visibilité sur le travail intellectuel».

Le professeur Mohamed Belouezani, de l’université Oran 2, a annoncé que d’après une récente étude, les personnes âgées ne représentent que 8% de la société algérienne, alors que les enfants et les jeunes de moins de 15 ans représentent, eux, 28% de la société ; quant à la population active (composée du reste travailleurs et de chômeurs) elle est de 65% environ.

Minorité

Les personnes âgées sont donc une minorité en Algérie. D’abord, à partir de quel âge entre-t-on dans la catégorie «senior» ? Le professeur Fatima-Zohra Sbaa, dans son intervention, a indiqué que la vieillesse commence à 65 ans d’après la législation mondiale. Lors des débats entretenus par une assistance nombreuse, composée essentiellement d’universitaires, de chercheurs, de médecins et de paramédicaux, nous apprendront d’abord que 70% des personnes âgées souffrent de troubles  de la mémoire.

Cela, d’ailleurs, peut aller souvent jusqu’à la maladie d’Alzheimer, qui prend des proportions inquiétantes dans le pays. Prenant la parole, un ancien paramédical explique que c’est le manque de valorisation chez cette frange de la société qui la rend vulnérable, et de facto susceptible d’être atteinte par des maladies liées à la mémoire.

Isolement

«Il faut le dire, les personnes âgées n’ont aucun loisir, on ne pense pas à leur bien-être. Mis à part à la mosquée, elles n’ont nulle part où aller. Rien n’est fait pour eux. Aussi, ils se sentent dévalorisés et tombent dans la confusion mentale.» Et de préciser que dans bien des cas, le sujet âgé n’accepte pas la retraite et se sent comme isolé.

C’est peut-être la raison pour laquelle on a coutume de voir en Europe des personnes âgées travailler, refusant, malgré l’âge, de prendre leur retraite. Aussi, l’intervenant, qui certifie que le problème est lié à la valorisation, il préconise qu’il  y ait plus d’espaces, plus de clubs pour ces sujets âgés.

Il informera l’assistance, également, de la création prochaine d’un mastère en gériatrie pour prendre en charge le malade âgé sur trois dimensions : psychologique, sociologique et culturelle. Le Pr Sbaa, tout en abondant dans ce sens, émet toutefois des réserves. Pour elle, la solution n’est pas forcément dans la multiplication des centres consacrés aux personnes du troisième âge.

«Il faudrait surtout penser à des programmes de prise en charge, pour que les personnes âgées soient toujours utiles à la société. On avait proposé, à titre d’exemple, que les personnes âgées puissent venir dans les établissements scolaires à proximité de leur quartier pour proposer aux enfants des histoires. Ça leur donnerait un rôle social, une occupation,  sans que cela nécessiter un budget énorme».

Savoir-faire

Elle regrette cependant que dans le système de santé, les programmes ne traitent que très peu de la question des personnes âgées : «J’en veux pour preuve le dernier programme de santé mentale du ministère de la Santé très peu consacré aux personnes âgées. Par contre, on laisse cela au ministère de la Solidarité nationale qui a d’ailleurs fait un guide pour prévenir la maltraitance des personnes âgées. Je crois qu’il y a une coupure qui n’a pas de raison d’être entre les ministères où chacun se débarrasse du problème en le laissant à l’autre secteur.»

Le professeur Mustapha Mimouni a entre autre parlé du problème de la transmission, qui fait bigrement défaut en Algérie : «Des générations qui sont parties en retraite et qui ont pris avec elles ce qu’on appelle la mémoire professionnelle, si bien que ceux qui viennent à leur place font du bricolage. Le problème est là : il n’y a pas de transmission.

D’ailleurs, les Canadiens sont bien conscients de ce problème, et pour y parer, les retraités sont invités dans les universités pour enseigner des pratiques à des doctorants, à des professeurs d’université. Et ainsi la transmission se fait.» D’autres intervenants ont également pris la parole, et force est d’admettre que c’est l’institution sanitaire qui a le plus témoigné sur ce sujet.

Selon une intervenante, pendant le débat, l’institution sanitaire est représenté chez la personne âgée beaucoup plus comme un lieu social, dans lequel elle peut échanger,  qu’un espace qui prodigue des soins.

D’ailleurs, a regretté cette intervenante, les espaces hospitaliers ne sont pas conçus pour les personnes âgées, où nombre de service sont parfois dépourvus d’ascenseur, obligeant les paramédicaux à  porter les patients âgés, du moins ceux qui sont à mobilité réduite. Enfin, un des intervenants a évoqué l’association Rafik, composée de volontaires qui prennent en charge les personnes âgées et viennent leur prodiguer les soins à la maison, pour leur éviter le déplacement à l’hôpital.

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