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Consultations sur l’organisation de la présidentielle : Benflis et Hanoune répondent à Bensalah

21 avril 2019 à 9 h 30 min

Ali Benflis et Louisa Hanoune déclinent l’invitation à participer aux consultations lancées par le chef d’Etat, Abdelkader Bensalah, autour de l’instance chargée de la préparation et de l’organisation des élections.

Le président de Talaie El Hourriyet motive son refus de participer à ces consultations par le fossé qui sépare le pouvoir en place et le peuple, massivement mobilisé pour un changement radical du système politique. Un changement qui ne pourrait intervenir qu’avec le départ de tous les symboles du régime Bouteflika.

Pour Ali Benflis, «l’heure n’est pas aux consultations sur l’instance de préparation et d’organisation des élections». «Cette heure viendra dans le cadre d’un règlement global de la grave crise actuelle. La création de cette instance ne fera pas avancer la recherche d’un tel règlement d’un iota. Elle substitue l’accessoire à l’essentiel. Bien plus, il est tout à fait légitime qu’elle soit perçue comme une diversion et une manœuvre dilatoire», écrit-il à M. Bensalah, estimant que «ces consultations sont inopportunes, hors du sujet de l’heure et contre-productives».

Ali Benflis assure que ces consultations sont «inopportunes, car elles ne manqueront pas d’être perçues par notre peuple comme une autre provocation visant à éluder la réponse à ses justes revendications». Elles sont aussi, explique-t-il, «pour l’heure, elles sont hors sujet, car le vrai problème posé par le peuple algérien est ailleurs, c’est-à-dire à la présidence de l’Etat, à la présidence de l’Assemblée populaire nationale et au gouvernement».

Ces mêmes consultations, précise-t-il, sont «contre-productives, parce que nous sommes engagés dans une course contre la montre, et qu’elles font un usage inapproprié du temps qui nous est compté». C’est pour cette raison qu’il décline donc l’invitation de Bensalah d’y prendre part. Ali Benflis dit «partager pleinement les justes revendications» du peuple, s’engageant à «contribuer à leur réalisation prometteuse pour la nouvelle citoyenneté, pour l’Etat de droit et pour la République démocratique et moderne».

Revendications claires

Le président de Talaie El Hourriyet considère dans ce contexte que «la révolution démocratique pacifique en marche dans notre pays n’a manqué ni de clarté ni de force dans l’expression de ses attentes et de ses aspirations. Et de fait, les revendications légitimes du peuple algérien sont parfaitement lisibles, audibles et visibles pour qui veut bien lire, voir, entendre et écouter. Ces revendications ne souffrent d’aucune équivoque et ne peuvent donc donner lieu à aucune difficulté d’interprétation, tout comme elles n’exigent aucune exégèse ardue ou sophistiquée». Pour M. Benflis, les Algériens réclament «la réhabilitation du peuple comme seule source de tout pouvoir». Une réhabilitation qui doit commencer par le départ de tout le régime en place.

Selon la première responsable du Parti des travailleurs, ce qui se passe actuellement en Algérie est «un processus révolutionnaire profond» qui ne se limite pas à un simple changement de personnes ou de responsables. «Notre parti, après débat, a décidé de ne pas participer aux consultations lancées par le chef d’Etat, Abdelkader Bensalah», affirme Louisa Hanoune, qui considère ces consultations comme une «nouvelle manœuvre pour la continuité du même système à travers l’imposition d’une élection présidentielle le 4 juillet».

Manœuvres

Louisa Hanoune estime que rien n’est au-dessus de la souveraineté populaire, primordiale pour l’instauration d’un véritable système démocratique. La première responsable du PT rappelle l’exigence du peuple algérien qui sort tous les vendredis pour réclamer le départ de tous les symboles du système en place.

Il est donc illusoire, selon elle, de vouloir imposer comme solution à la crise une élection totalement rejetée par le peuple. Aller vers une élection, estime-t-elle, c’est donc maintenir la même Constitution et le même système politique. Rien ne pourra se faire avec les figures du régime en place. «Ce système est comme une pieuvre.

Ses tentacules sont partout», souligne Mme Hanoune, qui appelle à écouter le peuple qui est clair dans ses exigences. «Le peuple dit que la transition doit se faire sans les figures du régime actuel totalement disqualifié», précise-t-elle, insistant sur le respect de la volonté du peuple afin de régler la crise qui secoue le pays depuis plusieurs semaines.

Louisa Hanoune annonce dans ce sillage que les présidents d’APC du PT ne participeront pas à l’organisation de l’élection du 4 juillet prochain. Selon elle, par sa mobilisation massive et constante, le peuple a rendu caduques la Constitution et toutes les lois de la République.

Elle appelle ainsi au départ de tous les symboles du système pour engager une transition démocratique apaisée. Louisa Hanoune se dit certaine que la victoire sera pour le peuple.


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