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Condamnation de Karim Tabbou en l’absence de la défense : Indignation générale !

26 mars 2020 à 10 h 02 min

Plusieurs partis politiques et organisations des droits de l’homme, des hommes de loi, Amnesty International, de simples citoyens se disent «consternés et indignés» par la condamnation de Karim Tabbou à une année de prison ferme, malgré le malaise qu’il a eu au cours de l’audience.

A l’unanimité, ils ont dénoncé un «procès politique expéditif», convoqué en catimini, à l’insu de ses avocats et en l’absence du concerné.

Les forces du Pacte de l’alternative démocratique (PAD) qualifient de «scandale judiciaire» ce procès et estiment que face à ce délit commis par la justice, aucun doute n’est permis sur «la volonté des pouvoirs de l’ombre d’accélérer les menées des forces attachées au maintien du système jusque-là contrecarrées par la forte mobilisation populaire».

Pour le PAD, Karim Tabbou vient d’être victime, à deux jours de sa libération, d’un véritable rapt de la prison de Koléa pour être livré à un juge aux ordres pour prolonger sa peine de six mois supplémentaires en lieu et place du sursis que lui avait accordé le juge de première instance.

«Devant la catastrophe sanitaire qui guette notre pays, aggravée par la déliquescence d’un système de santé défaillant, otage d’une corruption institutionnalisée, victime de la destruction du secteur public au profit des forces de l’argent et d’une fuite organisée des compétences, le pire est à craindre», avertit le PAD.

De leur côté, le RCD, le FFS, le PT et Jil Jadid ont réagi immédiatement après l’annonce du verdict et ont évoqué une «dérive effroyable», un «verdict choquant», une «situation qui dépasse la fiction» et un «procès incompréhensible dans le fond et inacceptable dans la forme».

Le RCD parle d’«un fait plus que gravissime» et condamne une dérive effroyable et inédite d’un système pourtant déjà largement condamné par l’histoire.

«Ce fait plus que gravissime, nous renseigne une fois de plus sur l’instrumentalisation éhontée de la justice, profitant de plus de la grave situation sanitaire que vit le pays actuellement», s’offusque le RCD. Le parti de Mohcine Belabbas exige que «les auteurs de ce crime contre le peuple et l’Algérie soient poursuivis».

Pour sa part, Jil Jadid, dirigé par Soufiane Djilali, s’est dit «choqué» par la nouvelle condamnation de Karim Tabbou par le tribunal en appel.

«Le verdict qui aggrave celui de première instance est d’autant plus choquant que les enfants, la famille et les proches de Karim Tabbou s’apprêtaient à le retrouver libre dans les heures qui suivent», regrette le parti qui parle d’une «provocation».

Un précédent grave

«Au moment où le pays a besoin de retrouver sa sérénité, d’unir ses forces pour lutter contre l’épidémie et surtout de tourner la page de l’arbitraire pour construire enfin un Etat de droit, cette décision du tribunal et la manière dont elle a été prise est tout simplement une provocation», note Soufiane Djilali, qui pense que cette façon de faire n’aide pas à créer un climat de confiance dans le pays et à renouer avec une action politique saine et transparente.

Le Parti des travailleurs s’est interrogé, quant à lui, sur la signification de ce procès expéditif et de la condamnation qui s’en est suivie.

Le procès en appel de Tabbou a été programmé, selon le PT, au moment où les Algériens sont saisis d’angoisse, inquiets face aux risques ravageurs que pourrait provoquer la pandémie du Covid-19.

«Alors que dans plusieurs pays, des milliers de prisonniers de droit commun ont été libérés par décision politique, pour éviter la propagation du coronavirus dans un milieu carcéral fortement peuplé, dans notre pays des dizaines de détenus politiques et d’opinion continuent de séjourner arbitrairement en prison», déplore le PT qui exige la libération immédiate et inconditionnelle de Karim Tabbou et de tous les détenus politiques et d’opinion.

De son côté, Hakim Belahcel, premier secrétaire national du FFS, estime que l’appareil judiciaire algérien a franchi, aujourd’hui, un palier dangereux et inédit.

Le FFS dénonce avec une extrême virulence ce grave dérapage judiciaire et exige l’annulation immédiate de ce jugement expéditif et sans fondement.

«Nous exigeons que toute la lumière soit faite sur les dessous de cette nouvelle affaire et surtout sur l’état de santé de la victime de l’arbitraire et de l’acharnement judiciaire, Karim Tabbou», note le parti dans un communiqué.

Pour sa part, la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) qualifie cette condamnation de «précédent grave qui s’ajoute à tous les dysfonctionnements et égarements du système judiciaire algérien».

La Ligue évoque un «entêtement» qui est «à la limite de l’acharnement contre le prévenu et une provocation manifeste contre le hirak pacifique et patriotique».

«Finalement, le procès en deuxième instance est programmé pour empêcher Tabbou de quitter la prison même après avoir purgé six mois», dénonce la LADDH. Beaucoup d’avocats se sont également élevés contre la manière dont le procès s’est déroulé et surtout contre la condamnation de Tabbou.



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