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Composition du gouvernement et éventuel dialogue : Des partis de l’opposition restent dubitatifs

06 janvier 2020 à 10 h 25 min

La nomination du gouvernement et l’éventuel dialogue évoqué par le président Abdelmadjid Tebboune suscitent scepticisme et critiques chez des partis de l’opposition.

Les commentaires exprimés jusque-là à ce sujet confirment l’étendue du fossé qui sépare les principaux partis en phase avec le mouvement populaire et le pouvoir qui s’affaire, depuis le 12 décembre dernier, à reprendre la main, perdue depuis le 22 février dernier.

Si certains partis ont déjà accepté l’idée du dialogue, d’autres demandent plutôt la satisfaction pure et simple des revendications du peuple. Les commentaires concernant le staff gouvernemental relèvent notamment la reconduction des partisans de l’ancien président déchu, Abdelaziz Bouteflika.

«Nous sommes face à un gouvernement puisé du même système qui a mené le pays à la faillite. Il est frappé d’illégitimité au même titre que le chef de l’Etat, qui a été porté à cette fonction par un coup de force contre la souveraineté populaire exprimée par des millions d’Algériens à travers le territoire national», estime Atmane Mazouz, chargé de communication du RCD.

Selon lui, «les Algériens qui sont sortis par millions pour revendiquer une rupture radicale avec le système ne peuvent accepter une composante qui n’est qu’une relique de tous les gouvernements de Bouteflika». «Le pouvoir est dos au mur avec cette preuve supplémentaire qu’en dehors des clients du régime, aucune force politique ou de la société civile autonome ne veut s’impliquer dans une opération de sauvetage du régime. Un gouvernement qui n’est pas l’émanation du choix souverain du peuple est voué à l’échec et à la chute», précise-t-il.

S’exprimant sur le sujet dans une interview accordée à notre confrère El Khabar, la présidente de l’UCP, Zoubida Assoul, s’est dite «déçue par la composante du gouvernement». «Le Premier ministre est connu comme étant un technocrate qui a assumé plusieurs hautes fonctions par le passé. Mais je suis déçue par la composante de l’équipe gouvernementale.

Même si le Président est en mal de légitimité, il aurait pu présenter un meilleur gouvernement», souligne-t-elle, en critiquant notamment «la nomination de 39 ministres, au moment où il faut réduire les dépenses de fonctionnement, et l’absence d’un ministère élargi chargé de l’Economie». «Avec ce gouvernement, on maintient les mêmes schémas anciens. Celui qui réfléchit de cette manière ne peut prétendre à faire des changements», indique-t-elle, en soulignant, elle aussi, que «les ministères de souveraineté sont toujours confiés aux mêmes ministres nommés par Saïd Bouteflika».

Pour sa part, le président du MSP, Abderrazak Makri, affirme avoir des réserves sur la composante du gouvernement. «Mais nous avons dit qu’il faut laisser cette équipe travailler et lui donner sa chance», écrit-il dans un texte posté sur le site internet de sa formation.

Le dirigeant islamiste salue «la désignation de personnalités qui étaient dans l’opposition radicale au système et aux élections», tout en s’attaquant «aux opportunistes qui ont traité de traîtres les boycotteurs et qui ont divisé les Algériens au nom de la badissia-novembria». «Cette composition a démontré que les usurpateurs du slogan de la badissia-novembria vivaient dans les illusions. C’est une gifle aux opportunistes, aux lâches et à ceux qui rejettent l’idée de l’opposition politique au système politique», précise-t-il.

Dialogue : tenir en compte les exigences du peuple

Sur la question du dialogue, les partis qui se sont exprimés sur le sujet restent aussi dubitatifs. Si le MSP s’est dit prêt à répondre favorablement à l’offre venant de Abdelmadjid Tebboune, le RCD, l’UCP et le FFS estiment que le seul dialogue viable est celui qui tiendra en compte les exigences du peuple. «S’agissant du probable dialogue qui sera convoqué par un chef d’Etat désigné par les Tagarins, les Algériens ne cessent de le rappeler, chaque jour, qu’il n’y aura aucune solution satisfaisante en dehors de celle qui tiendra compte des exigences du peuple

. Dans tout dialogue efficient et sérieux, on doit préalablement avoir la reconnaissance de l’autre, mais le pouvoir de fait représenté par une façade civile, sans aucune légitimité, n’a aucune reconnaissance du peuple», explique Atmane Mazouz. Et d’ajouter : «Celui qui a été désigné par un collège d’usurpateurs ne pourrait avoir en face que des laudateurs soumis pour dialoguer.

Dans une déclaration faite, vendredi dernier à Tizi Ouzou, le premier secrétaire du parti, Hakim Belhacel, avait rejeté toute participation de sa formation à ‘‘un dialogue factice’’ et a réitéré l’engagement fait dans le cadre du PAD pour un processus constituant et une véritable transition démocratique. Tout dialogue suppose une légitimité irréprochable et une confiance du peuple.»

Même si elle n’est pas contre l’idée du dialogue, Zoubida Assoul pose des préalables. «On ne peut pas parler de dialogue alors que le chef de l’Etat, depuis son investiture, n’a jamais appelé au dialogue. Aussi, les millions d’Algériens (…) ont posé des préalables, à savoir la libération des détenus politiques et d’opinion, l’ouverture des médias, la levée de l’embargo sur la capitale et ouverture du champ politique…», souligne-t-elle, en définissant l’objectif d’un tel dialogue.


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