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Collectif des avocats du hirakiste Messaoud Leftissi : «La justice s’est référée au politique, non à la loi»

19 août 2019 à 10 h 15 min

Maîtres Boubkeur Hamaili, Mahieddine Boustaila et Mehdi Bouzemi, membres du collectif d’avocats pour la défense de Messaoud Leftissi, poursuivi dans deux affaires liées au hirak, ont tenu à dénoncer ces poursuites ainsi que l’emprisonnement du hirakiste.

Dans un entretien accordé à El Watan, les avocats ont estimé que la mise sous mandat de dépôt de Leftissi était «arbitraire et abusive». Et de poursuivre : «C’est un emprisonnement qui n’a rien de juridique. La loi stipule que la mise en dépôt se fait selon la gravité des faits et non la gravité de l’infraction, comme le stipule l’article 79 du code pénal. Or, dans le cas de Messaoud Leftissi, on assiste à un manquement dans la procédure de la mise sous mandat de dépôt qui n’a pas été motivée.» Pour expliquer ce manque de motivation de la mise en dépôt, les avocats l’imputent au discours du 19 mars de Gaïd Salah, chef d’état-major, «qui a déclaré que le port de l’emblème amazigh constitue un crime».

Et d’ajouter : «C’est à ce discours que la justice s’est référée aux dépens des lois. C’est pour cela que nous demandons aujourd’hui la mise en liberté de tous les détenus d’opinion qui ont brandi l’emblème amazigh, parce qu’ils n’ont pas commis d’infraction, selon la loi, et nous, en tant que défense, nous nous référons à cette loi et non au politique.» Appelant à la libération de l’ensemble des détenus politiques et à l’annulation pure et simple des poursuites, le trio d’avocats a considéré que la réponse devra être plus politique que juridique «puisque leur incarcération obéit à des considérations politiques», ont-ils estimé.

Les avocats n’ont pas manqué à l’occasion de fustiger le panel et son président Karim Younès. «Au début, on a entendu Karim Younès dire que si les mesures d’apaisement, parmi lesquelles figurait la libération des détenus politiques, n’étaient pas satisfaites, il démissionnerait. Aujourd’hui, les détenus sont toujours en prison et Karim Younès est encore à la tête de ce panel. Cela veut tout dire», concluent nos interlocuteurs.

A rappeler que le hirakiste Messaoud Leftissi, mis sous mandat de dépôt depuis le 21 juin à la prison d’El Harrach, a également été condamné, en son absence, le 12 juillet par la cour de Skikda à 6 mois de prison avec sursis, assortis d’une amende de 100 000 DA, pour «incitation à attroupement».


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