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lundi, 25 janvier, 2021
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Hassan Menouar. Président de l’association El Aman : «Ces chiffres sont alarmants»

26 novembre 2020 à 10 h 53 min

– La Délégation nationale à la sécurité routière (DNSR) a indiqué, lundi dernier, que les accidents de la circulation ont occasionné plus de 2400 morts au cours des 10 premiers mois de 2020, contre plus de 2800 morts durant la même période de 2019, soit 400 décès supplémentaires, selon un autre bilan fourni par le Centre national de prévention et de sécurité routières. Quelles sont les principales causes de la mortalité sur les routes ?

Ces chiffres sont alarmants. Après la réduction des déplacements entre les wilayas pour cause du confinement sanitaire, nous espérions épargner des vies humaines par rapport aux années précédentes.

Ce qui n’est pas le cas ! S’il n’y avait pas la pandémie de Covid-19, le nombre des accidents de la circulation aurait été supérieur et de loin que ceux de 2019 et 2018. Le grand nombre de décès, que nous avons constaté lors des accidents de la route, est causé par les poids lourds et les transports en commun.

Chaque accident, malheureusement, provoque à la fois plusieurs décès. D’une part, les accidents sont de plus en plus mortels sur les routes à grande vitesse, notamment au niveau de l’autoroute Est-Ouest, et des routes sahariennes. D’autre part, beaucoup de choses n’ont pas été faites pour protéger les vies humaines. A propos de la réalisation des routes, les normes ne sont pas respectées.

Ni le tracé, ni la route, ni le contrôle ne se font correctement. Il y a aussi le problème de la maintenance des routes qui fait défaut. Souvent, nous constatons des chantiers érigés sur les grandes routes mal signalés et des chantiers qui durent trop longtemps. Il y a aussi le problème de signalisation horizontale et verticale.

Cela fait longtemps que nous attendons la mise en place de la signalisation électronique sur les routes. Il y a beaucoup d’accidents qui surviennent la nuit ou le matin à l’aurore en raison du manque de visibilité, car le traçage des lignes sur le bitume s’efface rapidement et n’aide pas le conducteur. On avait dénoncé l’utilisation d’une matière qui n’était pas aux normes.

– Quelles propositions recommandez-vous aux pouvoirs publics afin de réduire la mortalité sur les routes ?

Sur le volet conducteur du transport en commun et poids lourds, nous avons constaté que la formation des chauffeurs est insuffisante. Nous avons demandé que ce volet soit pris en charge.

Nous avons proposé un examen médical physique et mental. Sur un autre volet, l’auto-école forme les candidats avec des programmes qui datent de 30 ans, alors que tout a changé. Sans parler de la complaisance dans l’obtention des permis de conduire.

On avait aussi proposé de relever l’âge de la conduite. Il y a 30 ans, un jeune de 18 ans était un homme responsable, contrairement à la génération d’aujourd’hui. Nous avons aussi soulevé le problème du contrôle technique des véhicules, qui est très aléatoire. Les véhicules hors normes ne devraient plus circuler.

Sur un autre chapitre, nous importons de la pièce détachée contrefaite, qui est commercialisée au vu et au su de tout le monde. Avec un pouvoir d’achat en baisse, les Algériens préfèrent la pièce le moins chère possible, aux dépens des vies humaines.

Nous  avons aussi réclamé que les camions soient pesés de manière systématique sur les tronçons routiers. Cette pratique reste cependant très localisée. Nous avons aussi demandé d’installer des radars fixes au niveau des points noirs, parce que les radars embusqués ne servent pas à grand-chose.

– Avez-vous sollicité des responsables afin de leur soumettre les propositions de votre association ?

Nous avons déposé un dossier dans ce sens en février 2019 au ministère des Transports et Travaux publics. A l’époque, j’espérais pouvoir engager des réunions de travail avec des responsables exécutifs, pour voir comment prendre en charge quelques volets de nos propositions.

Mais, malheureusement, c’est toujours les anciennes politiques. Le ministère nous a envoyé une lettre de remerciement. Il n’y a pas eu de retour d’écoute et rien n’a été fait à ce jour. Au contraire, la situation s’est dégradée sur les routes, qui ne sont pas entretenues ni contrôlées.

– Ne pensez-vous pas qu’il faudrait mettre le paquet sur la sensibilisation pour prévenir davantage les accidents ?

La sensibilisation des automobilistes est essentielle, mais le plus important consiste à investir dans la réalisation de routes de qualité, la remise en normes des infrastructures routières et l’application juste de la réglementation.

La meilleure sensibilisation, c’est d’appliquer la loi et de sévir de manière juste.

Les gendarmes au lieu de surveiller les routes, on leur donne des flyers à distribuer dans le cadre de la sensibilisation. Ce travail devait être fait plutôt par des associations.


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