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Emigration irrégulière vers l’Espagne : Ces Algériens disparus en mer

14 décembre 2020 à 10 h 54 min

Depuis le mois de septembre dernier, 85 harraga et 9 bateaux, partis de Aïn Benian, Zéralda, Boumerdès et Azeffoun à destination des côtes espagnoles, ont disparu.

Malgré les intenses recherches effectuées par les organisations internationales avec lesquelles nous sommes en contact permanent, aucune trace d’eux, comme s’ils étaient ‘‘hapés’’ par un ‘‘triangle des Bermudes’’ en Méditerranée», indique Marie Cosnay, écrivaine et activiste pour l’accueil des migrants à la frontière entre l’Espagne et la France et d’ajouter : «Nous avons fait des recherches au Centre international pour l’identification de migrants disparus de Malaga (CIPIMD) et auprès de l’organisation Heroes del mar d’Alméria (Héros de la mer), en Andalousie, mais aucun résultat.

C’est d’autant inquiétant que les autorités espagnoles affirment qu’ils ne sont pas sur leur territoire…» Et de s’interroger : «Où peuvent-ils être ?» tout en gardant l’espoir de leur réapparition.

Notre interlocutrice a penché pour l’hypothèse tunisienne, en ce sens que les familles algériennes croient que leurs enfants sont détenus dans une des prisons du pays voisin.

Mais là encore, le feedback n’est pas rassurant. «J’ai passé un temps fou à écrire et téléphoner aux avocats tunisiens, associations, etc. Pour l’instant, on me dit que c’est irréaliste et je comprends que les parents algériens y croient, mais il nous est difficile de vérifier tout cela.»

En Algérie, aucune autorité ne semble mesurer le drame de ces disparus et donc est incapable de fournir le moindre renseignement ou établir un bilan sur ces disparus. L’absence d’organisations ou d’associations locales spécialisées dans la question migratoire n’arrange pas les choses.

Les harraga de Dellys disparus… retrouvés en Tunisie

Une bonne nouvelle est, cependant, tombée dans la soirée de mercredi dernier : des harraga partis de Dellys, début novembre, et considérés depuis comme naufragés, venaient d’être retrouvés vivants en Tunisie. Une information confirmée par le CIPIMD, sans pour autant donner plus de détails.

Complètement perdues, les familles des disparus en mer, ballottées entre informations et rumeurs, continuent de croire à un miracle, comme elles le disent : «Du moment qu’aucun corps de nos enfants n’a été identifié parmi ceux rejetés par la mer jusqu’ici, malgré des mois depuis leur départ, nous continuerons à nous accrocher à cet espoir : ils pourraient être dans un centre de rétention en Espagne sous de fausses identités (tous les harraga ne donnent pas leurs vrais noms et leurs pays d’origine, une fois arrêtés par les services de sécurité espagnols) ou détenus en Tunisie.»

Il faut souligner que les gouvernements algérien et espagnol ont récemment signé un accord pour le rapatriement des sans-papiers algériens. Un accord aussitôt appliqué avec l’expulsion à bord de trois bateaux de 98 harraga mardi dernier, au port de Ghazaouet.

Pour rappel, la loi n°09-01 du 25 février 2009 portant sur les «infractions commises contre les lois et règlements relatifs à la sortie du territoire national, condamne les harraga, interceptés par les gardes-côtes et présentés devant la justice, à des peines de deux à six mois de prison et une amende de 20 000 à 60 000 DA ou d’une de ces deux peines seulement».

Une loi rarement appliquée (les contrevenants s’en sortent avec seulement une amende de 20 000 DA) mais qui, malgré sa sévérité, est loin de dissuader les jeunes à prendre la mer et risquer leur vie.


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