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Cérémonies officielles, baptisation de lieux publics, distinctions… : Bannissement total et intégral

01 novembre 2018 à 1 h 25 min

Le président de l’APN déchu, Saïd Bouhadja, qui se considère toujours président légitime à partir de son salon, a feint de s’étonner de ne pas recevoir d’invitation de la part de la présidence de la République pour prendre part à la réception officielle de la célébration de l’anniversaire du déclenchement de la Révolution du 1er Novembre 54.

«Si on m’invite, j’irai, sinon je n’irai pas», a-t-il affirmé au site électronique TSA, précisant qu’il n’avait pas raté une seule cérémonie officielle depuis 20 ans. Pour souligner qu’il n’est pas dupe pour ne pas comprendre qu’il fait l’objet d’un bannissement en rapport avec la crise qu’a vécue l’APN, Bouhadja, qui a fait toute sa carrière dans le système et qui connaît donc parfaitement ces pratiques d’excommunion, semble découvrir subitement les travers de ce même système qui a toujours utilisé cette arme de la mise en quarantaine des adversaires politiques traditionnels et recomposés pour solder ses comptes avec eux et les humilier. Il suffit de voir les images des invités aux traditionnelles réceptions officielles du 1er Novembre et du 5 Juillet pour se faire une idée précise qui est du bon côté de la barrière et qui est du mauvais côté, selon l’appréciation du pouvoir.

Des personnalités politiques, des figures historiques de la Révolution, de valeureux moudjahidine, des représentants de la société civile qui ont beaucoup donné pour le mouvement associatif, des chefs de parti, des patrons de la presse privée, d’anciens hauts cadres de l’Etat marginalisés, font les frais de cette politique de privatisation de l’histoire et des institutions de l’Etat et sont tous simplement bannis dans ce genre d’événements, parce qu’étant considérés comme des opposants au pouvoir ou ne faisant pas partie de sa clientèle. Tous les chefs d’Etat qui se sont succédé ont sacrifié à ce rituel bien sigulier de l’activité protocolaire avec des nuances propres à la personnalité de chacun .

Si du temps de feu Boumediène, les opposants, grands ou petits, n’avaient pas de place, pour ne pas dire droit à l’existence, encore moins aux honneurs et aux ors de la République, le président Chadli et de manière plus prononcée encore le président Zeroual avaient consenti à blanchir certaines personnalités jugées auparavant indésirables dans les cérémonies officielles au regard de leurs positions et opinions par rapport au pouvoir en place. Certains visages qui avaient disparu des radars réapparaissent ainsi au milieu du gratin du pouvoir dans les cérémonies officielles, faisant le bonheur des photographes et des caméras de télévision. Une forme de réhabilitation non écrite. La plus spectaculaire opération de marketing politique est à mettre à l’actif du président Bouteflika. On se rappelle, en effet, de cette image fortement connotée sémiologiquement et politiquement parlant du président de la République se présentant, tout sourire, face aux caméras de télévision et aux invités à la Maison du Peuple à l’occasion de la célébration de la Fête de l’indépendance flanqué de deux anciens chefs d’Etat avec lesquels il avait de lourds contentieux : Ben Bella et Chadli Bendjedid, en se tenant chaleureusement par la main.

C’était pour Bouteflika une manière de sceller la réconciliation entre les chefs d’Etat qui se sont succédé au palais d’El Mouradia pour rester dans l’air du temps de la politique de réconciliation nationale, sous le signe de laquelle il avait placé les premières années de son règne. Mais pour autant, l’ostracisme qui frappe ses opposants n’a pas disparu des réflexes ataviques de règlement de comptes entre clans et personnels politiques du sérail. Le banissement est total et intégral : aux cérémonies officielles, dans les distinctions de l’Ordre de mérite national, dans l’octroi des postes de responsabilité, dans l’opération de baptisation des rues et des lieux publics (stades, aéroports, centres de conférences, hauts lieux culturels : théatres, opéra) et jusqu’au privilège de la sanctuarisation des martyrs de la Révolution et des personnalités qui nous ont quittés depuis l’indépendance et jusqu’à aujourd’hui. Ce dévoiement ou détournement des symboles de la Révolution ont poussé certaines personnalités historiques, à l’instar de Hocine Aït Ahmed à souhaiter à être inhumé dans leur village natal, laissant à d’autres les petits calculs de contingentement de nos disparus pour décider qui mérite d’aller se reposer à El Alia et qui ne le mérite pas.

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