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Le Cread évalue l’impact socioéconomique de la Covid-19 en Algérie

Ce qui doit être changé pour faire face aux futures pandémies

30 juillet 2020 à 10 h 04 min

Dans un numéro spécial de la revue Les Cahiers du Cread, une équipe de chercheurs a longuement analysé l’impact socioéconomique de la Covid-19 en Algérie et proposé des pistes pour que le pays puisse se prémunir contre les effets néfastes de telles pandémies.

Quel est l’impact de la crise sanitaire actuelle sur l’économie nationale ? Quels sont les secteurs économiques les plus affectés par la pandémie de Covid-19 ? Que faut-il pour mieux faire face à de telles situations de crise sanitaire mondiale ?

Autant de questions auxquelles le Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (Cread) apporte des réponses dans un numéro spécial de sa revue Les Cahiers du Cread, dédié à la problématique de l’après Covid-19 en Algérie.

Dans ce numéro spécial de plus de 600 pages, le Cread met en avant les répercussions socioéconomiques de cette crise sanitaire qui, comme partout dans le monde, a fortement impacté les diverses activités économiques et commerciales du pays.

Les participants à ce numéro spécial décortiquent cette crise et mettent en exergue ce qui doit être changé afin que le pays puisse mieux résister à de telles situations.

«Il est déjà certain qu’il est impossible de repartir sur les mêmes bases à la fin de la pandémie», lit-on dans le texte introductif de cette revue, qui évoque l’impérieuse nécessité d’engager des réformes et de prendre toutes les mesures possibles pour «juguler» l’impact mais aussi pour «permettre au pays de s’inscrire dans une voie qui le conduira vers le développement économique, social et, surtout, durable».

Vulnérabilités  accentuées

Selon l’analyse du Cread, cette pandémie a beaucoup accentué les vulnérabilités socioéconomiques du pays. Plusieurs secteurs ont été durement touchés par cette crise sanitaire.

En tête, on trouve les hydrocarbures, qui constituent la principale ressource financière du pays. La chute brutale des prix des hydrocarbures fait apparaître davantage la forte vulnérabilité du modèle économique algérien, basé uniquement sur les exportations du pétrole et du gaz.

Si elle est mise entre parenthèses durant l’opulence financière, la question de la grave dépendance de l’économie nationale aux hydrocarbures revient en cette crise sanitaire avec acuité, souligne le Cread, en insistant sur cet impératif d’une réforme pour diversifier les exportations.

Une diversification qui est dans le discours officiel depuis 2014 sans qu’elle ne soit concrétisée sur le terrain. Le moment est donc venu «de mener une réflexion profonde sur l’avenir de l’économie algérienne et les stratégies à adopter, afin de limiter les effets de la dépendance aux hydrocarbures sur la stabilité sociale et la pérennité économique du pays», estime-t-on.

Comme première piste stratégique de résilience à court terme, les participants à cette revue proposent «l’élargissement des investissements vers la pétrochimie, les fuels alternatifs et les énergies renouvelables».

Sortir du système rentier

Pour les chercheurs du Cread, cette crise sanitaire «est une opportunité pour mettre fin au spectre de la rente». Les auteurs soulignent l’urgence d’accélérer les réformes en s’appuyant notamment sur la recherche scientifique, la digitalisation et les investissements directs étrangers (IDE).

Car, aujourd’hui, les options qui s’offrent à l’Algérie pour le financement de son budget annuel sont limitées, dans la mesure où le pouvoir politique exclut l’endettement extérieur.

Aussi, le recours au marché local à travers l’emprunt obligataire risque de ne pas être suffisant pour générer les ressources nécessaires au fonctionnement de l’Etat, mais aussi pour pouvoir aux exigences financières des réformes.

Autre faiblesse relevée par les chercheurs du Cread : celle du système monétaire et financier qui «se caractérise principalement par la faible activité du marché monétaire, l’absence pratique du marché des obligations et de celui des actions et l’inexistence d’un marché du taux de change».

Pour faire face à la vulnérabilité structurelle de l’économie, induite par la dépendance des finances publiques au secteur des hydrocarbures et aggravée par la conjoncture de la crise sanitaire, les chercheurs du Cread suggèrent «un mécanisme d’ajustement budgétaire, mouvementé par l’instauration d’un progrès technique endogène, qui permet de réduire la dépendance des dépenses publiques, notamment des dépenses d’équipement, par rapport à la rente pétrolière».

Sécurité alimentaire

La pandémie de Covid-19 soulève également la question de la sécuritaire alimentaire, soulignent les chercheurs du Cread qui en veulent pour preuve «la suspension des exportations des produits alimentaires (céréales, huiles, lait, etc.) par les pays producteurs, sans préavis, qui a provoqué des perturbations en disponibilité alimentaires dans les pays dépendants».

«De ce fait, il est impératif, aujourd’hui, de prendre en compte ce comportement des acteurs du marché des produits alimentaires, certes conjoncturel, mais qui illustre la fragilité des pays, comme l’Algérie, qui s’approvisionnement du marché alimentaire mondial pour assurer leur sécurité alimentaire», relève-t-on dans ce numéro spécial.

Le Cread suggère ainsi une double action qui traite la problématique de la production et celle du mode de consommation. L’Algérien est connu pour être un grand consommateur de céréales, de lait et de pomme de terre.

«La consommation par habitant du blé, du lait et de la pomme de terre, qui est parmi les plus élevées au monde, est influencée par les subventions alimentaires», soulignent les chercheurs du Cread, selon lesquels le modèle actuel de consommation «ne permet pas d’assurer la sécurité alimentaire, même en cas de sécurisation des importations et d’optimisation de la production».

Il est donc vivement recommandé de le revoir en proposant «des adaptations aux populations vulnérables, qui assurent aujourd’hui leur alimentation grâce à ces subventions». La diversification de l’économie et une refonte structurelle de la composition des échanges commerciaux esont également nécessaires pour «sortir de la dépendance aux importations alimentaires».

Les «victimes» de l’informel

Sur le plan social, les ménages à faible revenu ont été durement impactés par la Covid-19 et les mesures de confinement décidées pour limiter sa propagation. «Il s’avère que la majorité des ménages n’étaient pas préparés à supporter financièrement le confinement, et qu’ils ressentiraient ainsi le stress financier pour chaque jour supplémentaire de cette mesure», souligne le Cread.

Cet impact est plus fort en raison du poids de l’informel dans l’économie nationale. «La politique du confinement optimal a fait passer la récession de 2,15% à 7,87%», précise-t-on.

Les chercheurs du Cread se sont également intéressés au secteur de la santé qui a été mis sous les projecteurs durant cette pandémie. «La réforme du système de santé s’impose du fait que l’organisation actuelle a atteint ses limites et que le statu quo peut rapidement conduire à des dérives insurmontables.

La réforme du système de santé doit tenir compte du caractère social des services, des coûts réels des actes médicaux, de la qualité de la prise en charge qui sauvegarde la dignité de l’être humain et la modernisation des techniques de soins suivant les développements observés dans le domaine de la médecine», affirme-t-on dans cette revue.

Il est ainsi proposé «des pistes pour la reconstruction et le renforcement de ce système ainsi que l’instauration d’une politique de santé solide, globale et durable»



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