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Forte mobilisation malgré le coronavirus et une polémique relative aux divergences idéologiques : Ce hirak qui n’est pas près de céder

01 mars 2020 à 10 h 09 min

Aujourd’hui, il est clair que tant que les manifestants jugeront que leurs revendications ne sont pas satisfaites, ils continueront à battre le pavé. Le hirak, qui a résisté à tant d’épreuves, à de «réelles» ou «fausses» polémiques, à la répression (interpellation de quelques centaines d’activistes, militants et manifestants dont beaucoup sont toujours en prison), ne montre, aujourd’hui, aucun signe d’essoufflement.

La mobilisation était importante lors de ce 54e vendredi de la contestation populaire, le deuxième en son An II, confirmant le regain enregistré une semaine auparavant, et ce, à travers tout le territoire national.

Hier encore, comme pour le samedi 22 février marquant le premier anniversaire du hirak, des rassemblements et des marches ont eu lieu à travers plusieurs régions du pays.

La mobilisation de ce week-end confirme donc la «bonne santé» d’un mouvement populaire qui réussit toujours à trouver les ressources nécessaires pour se relancer. Pourtant, les marches de ce vendredi ont eu lieu dans un contexte particulier, marqué par la détection, en Algérie, du premier cas de coronavirus.

Même si, globalement, les Algériens prennent cela très au sérieux, certains ayant même porté des masques durant la manifestation, il n’en demeure pas moins qu’ils ont refusé de céder à la panique et de rester chez eux.

Ainsi, pour l’heure, les risques liés à ce virus n’ont pas eu d’incidence sur le hirak. Et tout porte à croire, désormais, que celui-ci est bien parti pour durer encore longtemps.

A maintes reprises, des analystes, observateurs et politiques ont prédit la fin du mouvement populaire pour moult raisons.

Il n’en fut rien. On se souvient comment les manifestants ont tenu le pari de marcher chaque mardi et vendredi durant le mois de Ramadhan, ce qui était plutôt éprouvant, comme durant les chauds mois de juillet et août. «On tiens la permanence en attendant la reprise en septembre», disaient ceux qui prenaient part à ces marches malgré un climat «dissuasif».

Comme attendu, le hirak avait repris du poil de la bête avec la rentrée. L’élection présidentielle du 12 décembre dernier n’avait pas également affaibli le mouvement, bien au contraire.

Comme pour ce qui est des différentes polémiques déclenchées de temps à autres, dont celle relative à l’étendard amazigh, qui finalement n’ont eu que peu d’effet sur le mouvement. Aujourd’hui encore, les hirakistes prédisent le même sort à la polémique qui s’est installée ces derniers jours liée aux divergences idéologiques.

Si le pouvoir en place a misé sur le facteur temps, et par conséquent l’éventualité de son essoufflement, il devra se rendre à l’évidence qu’aujourd’hui, le mouvement est bien parti pour durer encore longtemps.

Sa volonté de s’installer les samedis également montre que le hirak a plutôt opté pour l’«escalade» dans ses actions, tout en s’assurant du maintien de son caractère pacifique qui l’a caractérisé depuis le début.

«La naissance du hirak du samedi, à côté du vendredi et du mardi, est un pas vers l’objectif recherché», a déclaré hier à cet effet l’avocat Abdelghani Badi.

En effet, si durant le samedi 22 février, jour du premier anniversaire du hirak, les manifestants ont improvisé (des appels dans ce sens ont été lancés durant la semaine sur les réseaux sociaux) de grandes marches dans plusieurs wilayas du pays pour marquer l’événement, hier, beaucoup d’entre eux ont tenté de refaire la même chose, dans l’objectif d’«occuper» un troisième jour de la semaine, après les mardis et vendredis.

C’est pour cela, peut-être, que les services de sécurité ont réprimé hier, les autorités ne voulant certainement pas que le hirak s’installe dans un troisième jour de la semaine.

En tout cas, aujourd’hui, il est clair que tant que les manifestants jugeront que leurs revendications ne sont pas satisfaites, ils continueront à battre le pavé.

Le hirak, qui a résisté à tant d’épreuves, à de «réelles» ou «fausses» polémiques, à la répression (interpellation de quelques centaines d’activistes, militants et manifestants dont beaucoup sont toujours en prison), ne montre aujourd’hui aucun signe d’essoufflement.

Il est clair que la contestation, qui s’est installée dans la durée, n’est pas près de disparaître.

Comme il est certain que de temps à autre, il y aura des tentatives d’«escalade». A moins que le pouvoir en place ne se résigne, enfin, à répondre favorablement aux revendications exprimées, même si la poursuite des interpellations et des interdictions d’activités politiques laisse certains, parmi la classe et les personnalités politiques, sceptiques.

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