Cas d’asphyxie aux gaz brûlés : Une hausse de 150% par rapport à l’année dernière ! | El Watan
toggle menu
mardi, 20 août, 2019
  • thumbnail of elwatan20190820



  • Pub Alliance Assurance


Cas d’asphyxie aux gaz brûlés : Une hausse de 150% par rapport à l’année dernière !

10 février 2019 à 10 h 42 min

Neuf personnes sont décédées à Alger et Skikda, ces derniers jours, par asphyxie au monoxyde de carbone (CO) émanant d’appareils de chauffage et chauffe-bains, a indiqué, hier dans un communiqué, la direction générale de la Protection civile (DGPC).

«Les secours de la Protection civile sont intervenus pour prodiguer des soins de première urgence à 23 personnes incommodées par le CO émanant des appareils de chauffage et chauffe-bains, à Blida, Alger, Skikda, Constantine, Jijel, Aïn Defla, Djelfa, Tlemcen, Béchar, Saïda, M’sila et Annaba», précise la même source. «Les victimes ont été prises en charge sur les lieux, puis évacuées vers les structures de santé par les secours de la Protection civile. Par contre, 9 personnes sont décédées intoxiquées au monoxyde de carbone CO émanant de chauffe-bains, dont 6 à Alger et 3 autres à Skikda», est-il détaillé.

Le bilan de la Protection civile (DGPC) de ces derniers jours fait état de la mort de 57 personnes durant le seul mois de janvier. «Il y a eu 57 morts et 631 personnes incommodées sauvées durant le mois de janvier. Le bilan est plus lourd que celui de l’année dernière pour la même période. En effet, pour le mois de janvier de l’année 2018, nous avons déploré le décès de 21 personnes, soit une hausse de 150% par rapport au même bilan de l’année en cours», s’alarme le directeur des statistiques et de l’information à la direction générale de la Protection civile, le colonel Farouk Achour, contacté, hier, par El Watan.

Même tendance haussière pour le mois de février en cours, où le bilan de la DGPC fait état de 12 cas d’asphyxie mortelle et 119 personnes secourues. Les cas d’asphyxie au CO sont signalés particulièrement dans les Hauts-Plateaux. «Les wilayas les plus touchées sont Sétif, Constantine, Médéa et Alger. Les Hauts-Plateaux sont touchés, parce que ce sont des régions où le froid persiste durant une longue période», constate l’officier. Quelles sont les raisons de ces incidents ? Le colonel Achour met en cause l’absence de ventilation dans la plupart des cas recensés par ses services.
création d’une Association de plombiers

«Dans la plupart des cas, il y a eu un manque de ventilation. Il n’y a pas de trou d’aération et donc, la combustion n’est pas complète et il n’y a pas dégagement du monoxyde de carbone», précise-t-il. La Protection civile était sur tous les fronts pour sensibiliser aux dangers de la mauvaise utilisation du gaz. Depuis le lancement de la campagne, le 15 novembre 2018, plus de 341 actions de sensibilisation avaient été lancées à travers les écoles (trois paliers), les campus et cités universitaires, dans les CFPA et les espaces publics. La campagne s’est déroulée sur les réseaux sociaux et via des sms adressés aux abonnés des opérateurs de téléphonie mobile.

«Nous avons également un spot qui tourne en boucle sur les radios locales. Le ministère des Affaires religieuses a aussi été mis à contribution. Hier, les imams ont été instruits pour sensibiliser sur ce phénomène», précise l’officier. Le chargé de la communication réitère l’appel de la DGPC sur les mesures indispensables à prendre pour l’utilisation sécurisée des moyens de chauffage. Ces derniers jours, la direction générale de la Protection civile a «encouragé» la création de l’association des plombiers. Ces derniers ont engagé, en coordination avec la DGPC, une opération porte-à-porte dans les endroits où des cas d’asphyxie importants sont signalés, explique l’officier.

Des détecteurs de gaz, la solution ?

L’utilisation des détecteurs de gaz serait-elle la solution face à la hausse des asphyxies au monoxyde de carbone (CO). Des associations de protection des consommateurs plaident pour l’utilisation de ces équipements. «L’association El Aman en parle depuis des années. On a été plus loin que la sensibilisation ; on a carrément créé une commission pour élaborer des textes et obliger les Algériens à installer un détecteur de CO», relève le président de l’association, Hacène Menouar.

Malheureusement, la proposition de ce texte juridique déposée au niveau du Parlement, avec ses deux Chambres, n’a pas eu de suite à ce jour. Menouar continue à sensibiliser les consommateurs à se munir d’un détecteur, même s’ils doivent l’acheter à l’étranger. «Les appareils de chauffage commercialisés en Algérie ne subissent aucun contrôle de la part du laboratoire du contrôle industriel, relève le président d’El Aman. Même la tuyauterie n’est pas toujours conforme.

Pire, parfois, on n’a pas cette bonne culture pour prévoir une bonne aération à la maison. Toutes les maisons doivent avoir une grille d’amenée d’air neuf, et une grille de sortie d’air sale. Ces grilles sont bouchées, parce qu’on a fait des réaménagements à la maison… Il faut qu’on fasse très vite pour l’élaboration d’un texte qui obligerait les promoteurs privés et publics à installer un détecteur de monoxyde de carbone à la maison.» Et à Sonelgaz de faire des vérifications et de ne pas donner de conformité ou même couper l’énergie à des clients qui n’ont pas de détecteurs de gaz. Le président de l’association fait appel aux importateurs, segment électroménagers, pour «créer le marché». «Le détecteur de gaz ne coûte pas cher. A l’étranger, il fait 30 euros la pièce. En Algérie, si on fait le montage ici, avec nos calculs, il ne devrait pas dépasser 3000 DA, avec une durée de vie de 5 ans», détaille le président de l’association El Aman.


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!