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Dossier

Capacités de production gazière de l’Algérie : Quelles perspectives ?

15 janvier 2019 à 11 h 05 min

Les capacités de production de gaz de l’Algérie et ses potentialités d’exportation sont à nouveau sujet à polémique, dans un contexte marqué par une baisse de revenus du pays en termes de recettes d’hydrocarbures et un recul de l’effort d’exploration et de production. Un contexte qui suscite de nombreuses inquiétudes, à l’orée d’un nouveau quinquennat très incertain au plan économique et politique.

Ainsi, alors que l’horizon est plutôt voilé, le pays comptant encore et toujours sur ses ressources en gaz et pétrole, loin de tous les scénarios de diversification économique prônée depuis des années et malgré une projection économique sur trois ans tracée depuis 2018 par le département des Finances, le premier responsable du secteur de l’Energie a ajouté à la confusion en jetant un pavé dans la mare, avant de tenter de tranquilliser l’opinion publique.

Mustapha Guitouni a d’abord alerté, vers la mi-décembre 2018, sur la nécessité de trouver d’autres solutions pour couvrir la demande nationale grandissante en gaz naturel et éviter que le pays ne se trouve, dans trois ans, dans une situation d’incapacité d’exportation, avant de se rétracter quelques jours plus tard, montrant plus d’optimisme et soulignant que le pays a «des réserves extraordinaires et inestimables qui peuvent durer plusieurs autres générations».

Il a ajouté que «l’Algérie sera toujours un fournisseur de gaz», qu’elle n’a «jamais failli à ses obligations» et qu’elle «continuera à fournir du gaz» à l’Europe, à la Turquie, à l’Espagne et au Japon.

Questionnés sur cette vision contradictoire développée par les gestionnaires du secteur, les experts avancent chacun une piste de réflexion. Pour l’ancien PDG de Sonatrach, Nazim Zouiouèche, il y a certes matière à s’inquiéter de nos capacités de gaz à l’export : «La production de gaz n’a pas cessé de se réduire ces dernières années, bien qu’on s’attende à une légère amélioration avec en particulier la mise en production, qui a trop tardé, des gisements en partenariat du Sud-Ouest.» L’expert pétrolier souligne cependant que «l’inquiétude concerne surtout la consommation de gaz en Algérie, qui ne cesse d’augmenter à un rythme soutenu». Une hausse de la consommation tirée, selon lui, par la production d’électricité – quasiment 100% de l’électricité est produite avec du gaz.

Pour M. Zouiouèche, «ce n’est pas la première fois que le risque de ne plus avoir de gaz disponible pour l’exportation dans un avenir proche est évoqué. Beaucoup d’intervenants ont rappelé à plusieurs reprises qu’une croissance de la demande électrique pouvait mettre en péril notre capacité d’export de gaz. Ce risque est aussi dû à des déperditions, en particulier le torchage du gaz sur les gisements d’huile et les unités énergétivores comme les anciennes usines de liquéfaction». Il souligne que la réponse réside dans «l’adoption de plusieurs mesures, comme la lutte contre le gaspillage et la recherche de nouveaux gisements de gaz par la relance de l’exploration».

A son sens, «le plus important reste la production de l’électricité à partir d’autres sources comme les énergies renouvelables, solaire en particulier, disponibles en réserves infinies dans notre pays.» Il ajoute que «la production d’électricité verte pourra aussi devenir un produit d’exportation».

L’expert rappelle que l’Algérie dispose aussi de ressources en gaz de schiste dont la disponibilité ne peut être envisagée dans un proche avenir. «Mais il faut au préalable déterminer ce que nous pouvons techniquement produire et surtout ce que nous pouvons économiquement produire», précise t-il. M. Zouiouèche note que «tout cela posé, on constate qu’il devient urgent de développer au maximum le recours aux énergies renouvelables. Il est certain que le souhait d’accompagner ce développement par la fabrication en Algérie des moyens nécessaires est louable ; aussi faut-il créer les conditions adéquates pour y faire face. L’urgence impose des solutions idoines».

Interrogé sur la sortie de Mustapha Guitouni, l’analyste et spécialiste en énergie Ali Kefaifi estime que «l’Algérie dispose de ressources énormes en gaz naturel conventionnel – l’équivalent de 60 ans de production – voire plusieurs siècles en gaz de schiste (700 000 milliards de mètres cubes) et produit l’équivalent de 180 milliards de mètres cubes bruts, le quart de la production américaine, et non 91,2 milliards de mètres cubes, car les statistiques de Sonatrach ne parlent pas des 90 milliards de mètres cubes de gaz associés malheureusement réinjectés».

M. Kefaifi avance encore quelques chiffres, soulignant que pour le gaz naturel conventionnel, l’Algérie a produit 91,2 milliards de mètres cubes en 2017, en augmentation de 1,2% par an depuis 2007. Il ajoute que la consommation domestique était de 39,9 milliards de mètres cubes en 2017, contre 23,4 milliards en 2007, soit une hausse de 5,4% par an entre 2007 et 2017, ce qui constitue selon lui «un taux de croissance énorme, même si l’on exportait 53 milliards de mètres cubes en 2017».

Dans ce contexte, l’expert affirme que «le défi n’est pas la mauvaise gestion du réservoir gazier de Hassi Rme, mais l’incompétence de l’Etat-nation redistributeur, au nom du principe moyen-oriental ‘no tax, no vote’». L’expert martèle que les déclarations récurrentes sur le potentiel gazier algérien, qu’il qualifie de fake news, a pour cause «l’extrême incompétence érigée en système depuis 1979, l’absence de planification, de contrôle, de bases de données statistiques, de comptabilité analytique, de calcul économique, voire de tout ce qui fait un Etat non moyenâgeux à l’orientale».

Pour M. Kefaifi, «le pétrole cessera bientôt (une question d’années) alors que le gaz sera quasi éternel, ainsi que les minéraux de base de la transition énergétique et environnementale» qui seront le potentiel des générations futures.

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