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Cafés et restaurants : Une réouverture sous le signe de la prudence à Oran

16 août 2020 à 10 h 09 min

Alors que la réouverture des cafés était attendue impatiemment par les adeptes du petit noir, l’ambiance hier dans la plupart des estaminets n’était pas celle des grands jours, coronavirus oblige.

Les cafétérias ont rouvert leurs portes hier à Oran, après une fermeture qui a duré de longues semaines. Hier, dès les premières heures de la matinée, les promeneurs ont ainsi eu l’agréable surprise de voir ce genre d’établissements de nouveau accessibles au public, avec des terrasses toutes clinquantes, n’attendant que les clients.

Mais il n’y a pas là matière à s’y méprendre ! Dès lors qu’on pénètre un quelconque estaminet, on constate de facto qu’on est bien loin d’une reprise d’une vie normale, et qu’un protocole sanitaire est scrupuleusement mis en place pour faire respecter la distanciation physique, et par là même, empêcher la chaîne de contamination de se propager davantage.

Au quartier de Miramar, dans un petit café doté d’une terrasse qui donne sur une impasse, on se rend aisément compte que l’établissement est on ne peut plus aéré qu’autrefois du fait que le nombre de tables a été revu à la baisse. Sur la baie vitrée, des affichettes sont placardées : «Restriction Covid-19.

Merci de respecter la distance minimale d’un mètre entre chaque personne», «merci de porter vos masques», «SVP, deux personnes par table !» Plus question non plus de savourer son petit noir dans une tasse en porcelaine. Seuls les gobelets en carton ont droit de cité.

Dans le même quartier, un autre café, très prisé par la jeunesse oranaise, a préféré prendre les devants pour éviter une grande affluence. Ainsi, en ce premier jour, le gérant a préféré n’ouvrir que sa terrasse extérieure, qui n’est dotée que de cinq tables.

Le café rouvrira complètement dans les prochains jours. Partout ailleurs au centre-ville, si les cafés ont bel et bien rouvert, un manque d’engouement des habituels clients a été constaté.

On peut imputer cela au fait que les cafés ont rouvert un jour non ouvrable, mais aussi – et surtout –, beaucoup ont préféré éviter la fréquentation de ce genre d’établissements tant que le virus continue à faucher des vies. «J’ai l’impression de culpabiliser en m’attablant dans un café, explique un client. Intérieurement, je ne cesse de me mettre en garde, me disant qu’il ne faut pas que je me laisse aller et croire que le mal est derrière nous. La véritable fête aura lieu seulement le jour où la pandémie sera maîtrisée.»

Chez les cafetiers et autres serveurs ou plongeurs, là non plus, le moral n’était pas au beau-fixe. Ces derniers, en effet, se disent «laminés» financièrement par plus de cinq mois d’inactivités. «Notre établissement est resté fermé depuis le jeudi 19 mars dernier, relate le gérant d’un café populaire à Miramar.

Rendez-vous compte des pertes inexorables que ces longs mois de chômage technique nous ont infligés.» Pour ce gérant, l’activité a beau reprendre, son établissement continuera à travailler à perte pendant encore plusieurs mois. «Nous ne sommes pas propriétaires de cet établissement, nous ne sommes que des locataires. Nous louons l’établissement à un particulier et la terrasse attenante à la mairie.

Rien que la terrasse louée à l’APC nous a coûté la bagatelle de 18 millions de centimes pour l’année 2020, que nous avons, évidemment, payée rubis sur l’ongle en janvier. Les cinq mois d’inactivité font que près de 8 millions de centimes ont été gaspillés pour rien.

A cela, les restrictions sanitaires font qu’on est obligés de travailler avec beaucoup moins de tables qu’auparavant, ce qui veut dire moins de clients, sans oublier les charges liées à ces restrictions : des flacons grand format de gel hydroalcoolique qu’on doit se munir tous les 3 jours à hauteur de 1100 DA le flacon, l’obligation de servir le café seulement dans des gobelets en carton, l’obligation de ne tolérer que deux clients par table, etc.

Ce sont des charges supplémentaires qu’on n’aurait pas eu en temps normal. Comment faire pour tout rentabiliser, payer les employés, les impôts et faire des bénéfices ? Non, il faut se rendre à l’évidence, 2020 est une année perdue», déplore-t-il.

Il n’y a pas que les gérants de café qui galèrent en ce moment, une autre catégorie de personnes est fortement touchée par la crise sanitaire : les restaurateurs et propriétaires de bars-restaurants et de magasins de vins et liqueurs. Beaucoup de ces commerces n’ont pas osé ouvrir leurs portes hier, car ils n’ont pas reçu d’autorisation de la wilaya leur permettant de le faire officiellement.

Un propriétaire de trois bars-restaurants au centre-ville d’Oran, employant plus de 34 personnes, nous explique la mésaventure que traverse le secteur de la restauration. Selon lui, beaucoup de serveurs et autres plongeurs ont dû se rabattre sur d’autres métiers ces derniers mois pour subvenir à leurs besoins, alors qu’ils n’y étaient pas initiés.

«Certains ont travaillé en qualité de manœuvres dans des chantiers, d’autres ont été longtemps au chômage et on les a aidés comme on a pu. La crise a été difficile pour eux, et le plus révoltant est que les pouvoirs publics ne nous calculent même pas. Pas un mot pour nous rassurer, le black-out total.

On a été complètement ignorés.» Un autre, gérant d’un bar-hôtel à Aïn Témouchent, nous a montré la facture de Sonelgaz que son établissement venait de recevoir et qui s’élevait à 38 millions de centimes. «38 millions de centimes alors que notre établissement n’a aucune rentrée d’argent. S’il n’y a pas une reprise d’activité, comment allons-nous payer cette facture ?»

Si hier, certains bars ont commencé à ouvrir – témérairement – durant l’après-midi, aucune note wilayale ou ministérielle ne les encouragés dans ce sens.

A ce propos, des sources nous ont appris que deux fourgons chargés de boissons alcoolisées en vue d’approvisionner les bars et les restaurants de la commune balnéaire de Aïn El Turck ont été appréhendés, hier matin, par la police, avant de voir leurs marchandises saisies, et cela pour la raison qu’aucune directive émanant des autorités compétentes n’a encore permis la reprise de cette activité.

«Tant que le flou persiste, il faut savoir que c’est du pain béni pour les revendeurs au noir. Ces derniers mois, ces revendeurs avaient pignon sur rue partout à Oran, l’alcool se vendait comme des petits pains, dans tous les quartiers, que ce soit à Gambetta, Saint-Pierre, Sidi El Houari, bd Charlemagne, rue Schneir etc.

Et le plus malheureux et rageant, on voyait des mineurs en train de s’adonner à cette activités. D’ailleurs, il faut savoir que les premiers à tout faire pour empêcher la réouverture légale des établissements où on vend de l’alcool ne sont pas les islamistes, mais ce sont les commerçants informels», nous dira un citoyen en guise de conclusion.


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