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Bouteflika, la fin d’un président qui voulait mourir au pouvoir

31 décembre 2019 à 10 h 09 min

Vêtu d’une gandoura beige, assis sur un fauteuil roulant près d’une table d’appoint aux couleurs bois, le président Bouteflika, interloqué, jette un coup d’œil à sa lettre de démission, soigneusement couverte d’une chemise aux armes de la Présidence, avant de la remettre, d’un geste lent et difficile, au président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaïz. Ce dernier, un peu embarrassé, se lève brusquement pour l’accueillir.

Cette séquence d’une minute et 10 secondes, diffusée par la chaîne de Télévision publique, résume la fin pitoyable, voire même tragique du long règne de celui qu’on a fini par assimiler à un monarque. Cloîtré dans sa résidence médicalisée sur la côte ouest d’Alger, Abdelaziz Bouteflika s’est engagé pour un 5e mandat. Mais, hasard de l’histoire, il n’a finalement pas terminé le quatrième, durant lequel ses apparitions publiques étaient rares.

Ramené en 1999 en «sauveur», ce sémillant ministre des Affaires étrangères durant les années 1970, qui criait haut et fort son refus d’être «un trois quarts de Président», est sorti par le trou de la serrure.

En effet, décrié et dénoncé par des millions d’Algériens qui manifestaient pacifiquement à travers le pays des semaines durant, il a été poussé non seulement à renoncer à sa candidature le 11 mars, mais aussi à démissionner de son poste de président de la République le 2 avril.

L’homme, dont on dit qu’il voulait mourir Président, a donc été contraint de se plier à la volonté d’un mouvement populaire, qui a ébloui le monde entier, et a cédé le pouvoir avant le 28 avril, date de la fin effective de son dernier mandat présidentiel.

Personne n’aurait imaginé que le désormais ex-président de la République finisse de la sorte. La retraite politique de Abdelaziz Bouteflika n’a certainement pas été pas comme il la souhaitait, lui qui a réussi en deux décennies à jeter partout les tentacules de son pouvoir.

Sa démission avait été précédée, faut-il le rappeler, par un ultimatum de l’armée. Dans un communiqué au ton martial, le haut commandement de l’armée avait réclamé, quelques heures avant la démission de Bouteflika devant les caméras de la télévision, la mise en œuvre «immédiate» des dispositions de l’article 102 de la Constitution.

Le haut commandement militaire dénonçait dans son communiqué «l’entêtement, la tergiversation et la sournoiserie de certains individus qui œuvrent à faire perdurer la crise et la rendre plus complexe».

Son 4e mandat a été pénible pour lui et nuisible pour le pays. Abdelaziz Bouteflika ne s’est jamais remis de son AVC de 2013. Lorsqu’il faisait des apparitions publiques, dictées par son très limité agenda présidentiel, les signes de sa maladie apparaissaient clairement sur son visage, dans sa voix et ses gestes. Beaucoup d’observateurs estimaient qu’il n’était pas en mesure de poursuivre son 4e mandat.

Certains politiciens ont même appelé à l’application de l’article 102, anciennement 88. Mais ni Bouteflika, ni son entourage, ni ses alliés ne voulaient entendre parler de l’application des dispositions constitutionnelles concernant le cas d’empêchement pour des raisons de santé.

Pire, il est allé vers un nouveau mandat. Un acte qui a été considéré par les Algériens comme une nouvelle provocation et une honte. Une provocation à laquelle le peuple a répondu en se soulevant le 22 février contre le régime en place et pour le changement démocratique.


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